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Energies renouvelables : TotalEnergies envisagerait la cession de certains actifs

latribune.fr

Publié le 03 février 2024 à 09:35 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:59

La valeur du portefeuille en passe d'être cédé est évaluée à 2,5 milliards de dollars au total (Photo d'illustration).

La valeur du portefeuille en passe d'être cédé est évaluée à 2,5 milliards de dollars au total (Photo d'illustration).

GONZALO FUENTES

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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TotalEnergies étudie la possibilité de vendre une participation de 50% dans un portefeuille de projets d'énergies renouvelables en Europe et aux États-Unis, selon deux personnes au fait du dossier, sollicitées par Reuters. Par cette opération, la major vise à dégager une meilleure rentabilité pour investir dans d'autres projets.

Mise à jour : article initialement publié le 03/02 à 10h35, mis à jour le 05/02 à 11h22.

TotalEnergies poursuit sa stratégie dans les énergies renouvelables. Le groupe énergéticien évalue, en effet, la possibilité de vendre une participation dans un portefeuille de projets d'énergies renouvelables en Europe et aux États-Unis, croit savoir l'agence de presse Reuters.

Selon deux personnes au fait du dossier, TotalEnergies sollicite en ce sens des conseillers pour la vente d'une participation dans des actifs éoliens et solaires aux États-Unis, en Espagne, au Portugal, en France et en Grèce. L'une des sources a précisé que le portefeuille valait environ 2,5 milliards de dollars au total. Dans les faits, le plan devrait déboucher sur plusieurs transactions, qui pourraient être conclues avec plusieurs acheteurs, a déclaré l'une des personnes. De son côté, TotalEnergies s'est refusé à tout commentaire.

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Toutefois, cette opération s'inscrit dans le modèle économique déployé par le groupe dans les énergies renouvelables depuis plusieurs années, lequel consiste à développer des parcs éoliens et solaires, puis à céder une partie de ces actifs, une fois qu'ils ont été mis en service, afin de dégager une plus value pour réinvestir dans d'autres projets. En décembre dernier, le groupe avait ainsi réalisé une opération similaire, en cédant une participation de 22,5% dans un parc éolien en mer à la société thaïlandaise PTT Exploration and Production (PTTEP) pour 522 millions de livres (611,44 millions d'euros).

« Notre politique est claire : nous cédons 50% de tous nos actifs renouvelables notamment pour une meilleure gestion du risque de notre portefeuille. Nous préférons avoir deux fois 50%, plutôt qu'une fois 100% », précise à La Tribune, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies.

Céder pour gagner en rentabilité

Cette approche, dite de « farm down », également pratiquée par d'autres énergéticiens comme Engie, vise également à augmenter la rentabilité des investissements. Sur ce point, TotalEnergies semblent tirer son épingle du jeu face à ses concurrents. Au troisième trimestre de l'exercice 2023, la major pétro-gazière tricolore a, en effet, 

relevé de 10 à 12% l'objectif de rentabilité des capitaux investis (ROCE) de sa branche «

 Integrated Power

 », qui englobe, en autres, la production d'énergies renouvelables. A titre de comparaison, chez BP ou Shell, ce même ratio oscille plutôt entre 8 et 10%.

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Plus généralement, le groupe français, bien qu'il n'ait absolument pas renoncé à poursuivre ses investissements dans les énergies fossiles néfastes pour le climat (il va même augmenter sa production d'hydrocarbures de 2 à 3% par an sur les cinq prochaines années), affiche un train d'avance dans le développement des énergies renouvelables par rapport à ses rivaux. Il 

revendiquait 16 gigawatts (GW) de capacités installées fin 2022, et les capacités à fin 2023 seront révélées mercredi à l'occasion de la publication de ses résultats annuels. Sur cet exercice, TotalEnergies visait 22 GW. La major a, par ailleurs, récemment 

pris le contrôle total de la société d'énergies renouvelables Eren, valorisée 3,8 milliards d'euros.

Cap sur le GNL

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Reste que dans les années à venir, TotalEnergies mise surtout sur le gaz et notamment sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Interrogé le 19 janvier dernier au micro de BFM Business, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, avait donné un aperçu de sa vision pour l'entreprise. Il avait ainsi assuré que l'Europe n'était pas en surcapacité de terminaux méthaniers et qu'il en valait « mieux trop que pas assez » pour continuer d'importer du gaz par la mer sur le Vieux continent, en remplacement de celui que la Russie n'envoie plus dans ses gazoducs depuis son invasion de l'Ukraine en février 2022.

« Non, je pense qu'on n'en a pas trop fait », a-t-il déclaré depuis le forum économique mondial de Davos, alors qu'il était sollicité sur les investissements massifs réalisés en Europe pour installer dans des ports des terminaux d'importation de gaz à l'état liquide (GNL).

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Dans un contexte de baisse de la consommation de gaz en Europe, des ONG comme Greenpeace ont fait valoir ces derniers mois que ces installations devenaient inutiles. Entre janvier et septembre 2023, le taux d'utilisation moyen des terminaux d'importation de GNL de l'UE était de 58%, a avancé en octobre le groupe de réflexion IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis).

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«On est quand même durablement lié à l'importation de gaz naturel liquéfié en Europe», venu principalement des Etats-Unis, mais aussi de Russie, via TotalEnergies qui détient 20% dans le champ gazier de Yamal LNG en Sibérie.

« Donc il vaut mieux avoir trop que pas assez (d'infrastructures), parce que sinon, on a bien vu, les clients ne vont pas accepter de ne pas assez avoir de gaz, donc je pense que c'est mieux pour le continent d'avoir un peu plus d'infrastructures que pas assez », a appuyé le dirigeant, qui se présente comme le 3e acteur mondial dans le GNL et qui a aussi beaucoup investi aux Etats-Unis.

«On n'avait pas assez (d'infrastructures) pour faire face à la fin dugaz russe. Je pense que durablement, l'Europe se passera de Russie. Oui, on risque de surinvestir dans l'infrastructure, mais bon, c'est nécessaire puisqu'on va importer», a-t-il ajouté, en soulignant que l'Europe est «fondamentalement déficitaire» en gaz.

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« A long terme, on peut peut-être se passer du gaz, mais enfin, quand on veut faire de l'électricité et sortir du charbon, ne faire que d'électricité renouvelable sans avoir un moyen flexible de production électrique qui (complète) l'intermittence des énergies renouvelables, c'est quand même très compliqué », avait-il taclé.

(Avec agences)

latribune.fr

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