Les notes de la France, de l'Allemagne et de 13 pays européens placées sous "surveillance négative"

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L'agence de notation Standard & Poor's a placé lundi soir 15 pays de la zone euro sous surveillance négative, comme l'annonçait "La Tribune" au sujet de la France il y a moins d'une semaine. Cette dernière risque une dégradation de deux crans de sa précieuse note AAA.

Stupeur. L'agence de notation Standard & Poor's a placé ce lundi soir 15 des 17 pays de la zone euro en surveillance négative, menaçant de dégrader la note de leur dette souveraine au cours des 90 premiers jours. Chypre était déjà sous surveillance négative. Seule la Grèce, dont la notation n'a cessé d'être abaissée ces derniers mois, n'est pas concernée par cet avertissement.

La France pourrait voire sa note dégradée de deux crans, explique S&P. Au contraire de l'Allemagne et des quatre autres pays de la zone euro notés triple A (Autriche, Pays-Bas, Finlande, Luxembourg), sous la menace un abaissement d'un échelon. Les neuf autres pays risquent également une dégradation de deux crans de leur note.

Pour justifier cette décision, l'agence de notation indique que ces "mises sous surveillance sont motivées par notre conviction selon laquelle les tensions systémiques dans la zone euro ont augmenté ces dernières semaines jusqu'au point de faire pression à la baisse sur le degré de solvabilité de la zone euro dans son ensemble".

Dans le détail, elle invoque le resserrement des conditions de crédit dans la zone euro et les primes de risques élevées réclamées par les marchés, y compris pour les pays notés triple A. S&P avance également les désaccords entre les hommes politiques européens pour enrayer à court terme la perte de confiance des marchés, mais aussi à plus long terme pour s'entendre sur une convergence économique, financière et fiscale. Enfin, l'agence s'inquiète de l'endettement élevé des ménages et des risques croissants - qu'elle chiffre à 40% - d'une récession économique en zone euro en 2012.

S&P a précisé qu'elle avait l'intention de conclure sa revue le plus vite possible, dans la foulée du sommet européen de vendredi. Considéré par certains comme celui de la dernière chance pour sortir de la crise de la dette, ce sommet est censé conclure une semaine faite de rendez-vous importants, dont le premier en date a été la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

A l'issue de cette dernière, les deux dirigeants ont annoncé un accord franco-allemand "complet" sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars. Le président français et la chancelière allemande sont parvenus à un accord à l'issue de semaines de négociations laborieuses pour tenter de remédier à la crise de la zone euro provoquée par l'endettement de nombreux pays.

L'idée d'une éventuelle dégradation de la note de la France avait quelque peu fait son chemin ces dernières semaines, le sujet ayant agité notamment la primaire du parti socialiste et retrouvé un certain écho après l'envoi par erreur de S&P à une partie seulement de ses abonnés d'un message laissant à penser que cette note avait déjà été abaissée à la veille du week-end du 11 novembre.

La Tribune avait révélé, dans son édition du 29 novembre, que S&P allait placer l'Hexagone sous perspective négative "d'ici dix jours". François Fillon avait alors répondu : "La Tribune dit n'importe quoi". Finalement, six jours seulement auront suffi...

"La France et l'Allemagne prennent note de la perspective de réexamen par Standard and Poor's de la notation de plusieurs Etats membres de la zone euro", a immédiatement réagi l'Elysée dans un communiqué. Les deux pays se disent "pleinement solidaires" et "confirment leur volonté de prendre toutes les décisions mécessaires" pour "assurer la stabilité de la zone euro".


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