Cinéma : Kore-eda ou l'art de l'enfance
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Hinata Hiiragi (Yori) et Soya Kurokawa (Minato).
© SUENAGA MAKOTO
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Accepter de s'être fait berner. Se confronter à ses propres préjugés. Se méfier des évidences trompeuses. Voilà par quels sentiments va passer le public du nouveau film du réalisateur nippon Hirokazu Kore-eda. L'Innocence est une démonstration par l'expérience, celle du spectateur, qui va successivement voir une même histoire selon trois points de vue différents, adhérer à l'un puis nuancer son avis pour adopter celui d'un autre, avant de reconstituer enfin le puzzle de l'histoire et découvrir la vérité. Cette structure en triptyque, qui rappelle celle de Rashomon d'Akira Kurosawa (1950) et qui marque le retour du réalisateur au Japon après deux films à l'étranger (La Vérité, en France, et Les Bonnes Étoiles, en Corée), débute comme un thriller, avec une énigme : le comportement de Minato, un adolescent taciturne et étrange, inquiète sa mère, une jeune veuve surprotectrice qui lui consacre sa vie. Mais Minato s'enferme dans le silence, laissant les adultes se perdre en suggestions, hypothèses et accusations sur les raisons de son comportement bizarre.
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