Nos critiques cinéma de la semaine
Charlotte Langrand et Aurélien Cabrol
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Chroniques de Téhéran.
JHR FILMS
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Chroniques de Téhéran.
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Petits délinquants, Angel et son jeune frère Franco purgent leur peine dans un centre de détention au Chili. Entre l'administration régulière et obligatoire de médicaments qui les abrutissent, une mère qui les a oubliés et des conditions d'enfermement précaires, ils se sont constitué un cercle d'amis solide pour tenir le coup. L'arrivée de Jaime, jeune multirécidiviste, va les décider à tenter une évasion à très haut risque que même leur enseignante (Paulina Garcia), seule à s'inquiéter de leur sort, ne pourra empêcher.
Cette histoire terrible, qui dit les lacunes béantes de la politique gouvernementale envers les droits de l'enfant au Chili, est inspirée d'un fait divers tragique impliquant la mort de dix jeunes prisonniers, survenu en 2007 dans l'un de ces centres. Elle est nourrie de vrais témoignages d'enfants reclus, recueillis par la réalisatrice de Mala junta, Claudia Huaiquimilla, dont c'est le deuxième film. Perdus au milieu des montagnes, sans perspective de réinsertion, les adolescents semblent oubliés dans ces établissements sordides, qui étaient des prisons pour adultes voire des centres de torture du temps de Pinochet... Ce fi lm implacable réussit à éviter les clichés sur les petits caïds de prison forcément impitoyables, pour montrer aussi leur fraternité, leur volonté de résilience, leurs espoirs d'amour et même leur humour à toute épreuve.
Mis hermanos, de Claudia Huaiquimilla, avec Iván Cáceres, César Herrera, Paulina García. 1 h 25. Sortie mercredi.
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Il ne fait pas bon être un cinéaste iranien ces dernières années. Certains d'entre eux sont même en exil ou en prison. C'est dire le courage d'Alireza Khatami et Ali Asgari, les deux réalisateurs de Chroniques de Téhéran, qui avec ce film ont décidé de dépeindre l'absurde de la vie quotidienne au pays des mollahs. Neuf sketchs filmés face caméra et en plans-séquences, pour neuf personnages, hommes, femmes et enfant, qui s'adressent à tour de rôle à un agent de l'administration iranienne, hors champ, dont on entend seulement la voix. Procédé implacable pour raconter l'extrême violence d'une bureaucratie. La volonté permanente de rabaisser et d'humilier ces citoyens éclate à chaque instant. On ne dira rien de la fin de ce film impressionnant, expression de la puissance manifeste du cinéma, que craint tant la dictature de Téhéran.
Charlotte Langrand et Aurélien Cabrol
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