Nos critiques littéraires de la semaine
Critiques écrites respectivement par Olivier Mony, Philippe Ridet et Anne-Laure Walter
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Claire Deya.
© LTD / Franck Ferville
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Claire Deya.
© LTD / Franck Ferville
Après guerre, c'est toujours la même histoire. Celle des morts et celle des morts-vivants. Honorer les uns et réparer les autres. Veiller à ce que les crépuscules puissent devenir des aubes. Résister encore, même si différemment. C'est à ce travail, de deuil autant que de mémoire, que s'attelle Claire Deya, scénariste de formation, pour un premier roman éblouissant de maîtrise narrative. L'Histoire y fait des petits, des hommes et des femmes qui furent en quelque sorte les soutiers d'une gloire endeuillée.
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Hyères, printemps 1945. Sur les plages de la Riviera, il flotte comme un air d'insouciance encore inquiète. Les Allemands sont partis mais ont laissé derrière eux, partout dans le pays, sur ses côtes d'abord, de funestes « cadeaux ». En tout, 13 millions de mines et d'engins explosifs, de quoi prolonger ad nauseam le désastre. Il s'agit de les repérer et de les mettre hors d'état de nuire ; tâche que le gouvernement provisoire du général de Gaulle n'entend pas déléguer au secteur privé, mais à l'État, histoire de contribuer à la restauration de son autorité. D'étranges personnages entre chiens et loups vont s'en charger : résistants venus de tous les bords et poursuivre la lutte, d'autres qui se reprochent d'avoir jusqu'ici mal ou rien fait, des desperados en quête d'une bonne solde, mais aussi des prisonniers de guerre allemands à qui on ne laisse pas d'autre choix que le rachat... Et parmi cet étrange équipage, sur les bords de la Méditerranée donc, Vincent qui cherche Ariane, la femme qu'il aimait en secret avant guerre ; Fabien, le chef du groupe, qui a, lui, perdu pour toujours son épouse et prend ses ordres de Raymond Aubrac ; Lukas, qui voudrait ne plus jamais porter l'uniforme vert-de-gris de sa honte. Tant d'autres, entre deux mondes, deux destins. Jusqu'à Saskia, qui a tout perdu dans les camps, sa famille, son enfance, et qui découvre de retour chez elle que sa maison, les quelques biens qu'elle y avait laissés, lui ont été aussi ôtés.
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