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La France suspend jusqu'à nouvel ordre ses vols avec le Brésil

reuters.com  |   |  560  mots
Suspension des vols entre le bresil et la france[reuters.com]
(Crédits : Navesh Chitrakar)

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a suspendu jusqu'à nouvel ordre les liaisons aériennes entre le Brésil et la France, face aux risques de propagation du variant dit brésilien du coronavirus, a annoncé mardi le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée nationale.

"Nous constatons que la situation s'aggrave et nous avons décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre tous les vols entre le Brésil et la France", a-t-il dit lors de la séance des questions au gouvernement.

La situation sanitaire s'est fortement détériorée au Brésil depuis l'apparition en décembre à Manaus, en Amazonie, d'un nouveau variant dit P.1 du coronavirus SARS-CoV-2, plus transmissible et résistant.

L'épidémie dans le pays a fait plus de 354.000 morts pour plus de 13,5 millions de cas de contamination, selon les dernières données publiées lundi par les autorités.

D'après une étude de l'Association brésilienne de soins intensifs (Amib), les moins de quarante ans contaminés par le coronavirus en soins intensifs sont devenus majoritaires dans le pays au mois de mars, pendant lequel plus de 66.000 décès ont en outre été dénombrés, soit près d'un cinquième du total des décès dans le pays. Le variant P.1 a également été identifié dans d'autres pays d'Amérique latine ainsi qu'ailleurs dans le monde.

En France, le variant P.1 reste très minoritaire, son taux de prévalence nationale était de 0,5% selon une enquête flash réalisée le mois dernier, mais plusieurs scientifiques ont tiré la sonnette d'alarme ces derniers jours.

DANGEROSITÉ

"Ce variant porte la mutation E484K, comme le variant sud-africain, et cette mutation rend la souche qui le porte plus résistante aux vaccins, c'est le premier problème", a expliqué mardi le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), au micro de France Inter.

"Deuxième problème : ce variant brésilien est manifestement nettement plus transmissible que la souche historique, mais également probablement que la souche britannique. S'il arrive sur le sol européen et français, il pourra connaître une croissance rapide", a-t-il prévenu, en préconisant la mise en quarantaine des passagers venant du Brésil.

"La gravité de la situation au Brésil, (...) qui subit une situation absolument dramatique, et la dangerosité du variant du même nom (...) posent des difficultés réelles", a reconnu Jean Castex devant les députés lors de la séance des questions au gouvernement.

Jusqu'ici et depuis le 29 janvier dernier, a rappelé le chef du gouvernement, toute personne voulant se rendre en France à partir du Brésil ne pouvait le faire que pour des motifs impérieux en présentant un test négatif à l'embarquement et à l'arrivée mais le Conseil d'Etat a estimé que les ressortissants français devaient pouvoir continuer à regagner le territoire français, au nom de la liberté de circulation.

"Il est donc parfaitement inexact de dire que nous serions restés sans agir", a déclaré Jean Castex face aux critiques de l'opposition.

Selon le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, les arrivées en provenance du Brésil étaient de l'ordre d'une cinquantaine par jour.

(Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse, édité par Elizabeth Pineau)