"Gilets jaunes" : le commerce traverse une mauvaise passe

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Les commerces ont été fortement impactés par le mouvement des Gilets jaunes.
Les commerces ont été fortement impactés par le mouvement des "Gilets jaunes". (Crédits : Reuters/Piroschka Van De Wouw)
A l'issue d'une réunion avec les représentants des commerçants et des artisans ce mercredi soir, la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher a signalé que 3.200 dossiers avaient été déposés par les entreprises pour faire une demande de report de cotisations sociales et fiscales. Elle a précisé que le gouvernement fera un nouveau point dans 15 jours avant d'entamer un déplacement à Toulouse ce jeudi pour faire le point avec les commerces de la ville.

Les élus des grandes villes et métropoles et les fédérations professionnelles et associations de commerçants ont été reçus au ministère de l'Economie ce mercredi 13 février. Objectif : faire un état des lieux de l'impact économique du mouvement des "Gilets jaunes" et l'effet des mesures proposées en réponse par le gouvernement. Plus de deux mois après le début des mobilisations sur l'ensemble du territoire, les collectivités locales et les organisations professionnelles avaient réclamé cette réunion d'urgence à l'exécutif.

Face aux multiples attentes exprimées, la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher a invité "les commerçants à saisir leur chambre de commerce et d'industrie, les collectifs de commerçants ou directement les services de l'Etat pour les aider à passer ces caps de trésorerie. Il y a une vraie inquiétude collective de voir les Français ne plus venir chez les commerçants. Il faut redire aux Français que s'ils ont un service à rendre aux commerçants, c'est de se rendre dans les commerces pour manifester leur soutien". En déplacement à Toulouse ce jeudi 14 février, la membre du gouvernement doit rencontrer les artisans et les commerçants pour faire un point sur les difficultés rencontrées.

> Lire aussi : "Gilets jaunes" : le gouvernement exhorte les commerçants touchés à se manifester

Une catastrophe selon le patronat

Le secteur du petit commerce serait dans la tourmente. Selon la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), "la situation devient de plus en plus catastrophique pour des milliers de commerçants à travers tout le territoire. Pour éviter les dégradations et pillages, nombre d'entre eux préfèrent baisser le rideau se privant ainsi de ce chiffre d'affaires dont ils ont tant besoin." Sur l'ensemble des 5.000 établissements concernés par le chômage partiel, 93% seraient des PME d'après l'organisation.

Au niveau macroéconomique, les répercussions d'un tel mouvement sur la croissance sont bien plus difficiles à évaluer. En décembre, l'Insee avait expliqué que cette mobilisation pourrait ôter 0,1 point à la croissance du PIB au quatrième trimestre 2018, sans doute à travers les secteurs d'activité principalement touchés. C'est une estimation qui "est néanmoins soumise à beaucoup d'aléas, ne serait-ce que sur la durée du mouvement."

> Lire aussi : Croissance : l'économie française s'essouffle

Le réseau des CCI mobilisé

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI) s'est mobilisé. Des cellules de veille ont ainsi été mises en place. Les chambres "ont été les premières à tirer la sonnette d'alarme en demandant la création d'un fonds d'indemnisation pour les commerçants touchés partout en France", explique son président Pierre Goguet. Le réseau consulaire évoque "la complexité du montage des dossiers et leurs délais de traitement" parmi les difficultés rencontrées par les commerçants. "Si on veut éviter une crise économique grave, il faut aller plus loin, martèle le président Goguet et envisager rapidement une exonération 'ciblée' de charges sociales pour les entreprises impactées."

> Lire aussi l'interview de Pierre Goguet, président de CCI France : "Gilets jaunes" "les conséquences pourraient être catastrophiques" (CCI France)

Des reports de cotisations

D'après des chiffres communiqués par le gouvernement, près de 5.000 entreprises ont fait des demandes de chômage partiel pour environ 72.000 salariés. Ce qui représente environ 38 millions d'euros d'indemnités à verser. L'administration a également reçu 3.200 dossiers relatifs à des demandes de reports de cotisations. Sur ce total,  2.800 reports de charges avec échéances et 450 reports de charges sans échéances ont été recensés par Bercy.

En effet, depuis le mois de janvier, le gouvernement a mis en place un dispositif "qui permet d'étaler les charges sociales et fiscales des commerçants afin de leur donner des facilités de trésorerie en allant jusqu'à l'abandon de créances sociales et fiscales sur 20 ans" a précisé la secrétaire d'Etat lors du point presse. Agnès Pannier Runacher a également ajouté que "les assurances ont traité plusieurs milliers de dossiers avec un montant proche de 100 millions d'euros sur la question des remboursements liés aux dégâts occasionnés chez les commerçants et les artisans".

> Lire aussi l'entretien du délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel : "Gilets jaunes" : "Les pertes sont estimées à 1 milliard d'euros pour le commerce"

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Commentaires
a écrit le 16/02/2019 à 21:15 :
Les clients désertent les commerces plus par peur des flashballs de la police en pleine tête que des gilets jaunes qui manifestent en famille, n’en déplaise à la manipulation médiatique
a écrit le 15/02/2019 à 9:44 :
J'ai assisté à un débat avec un GJ dans ma province à Gaillac. Le gars devant la cinquantaine de personnes présente a pris la parole pendant 15 minutes sans la lâcher et en débitant des propos sans aucun lien avec le sujet de la réunion et en proférant au passage des attaques personnelles contre le modérateur du débat.
Belle conception du vivre ensemble et de la démocratie.
Il est temps que ça s'arrête.
A part ça, le débat qui était plutôt une succession de monologues était consternant.
a écrit le 14/02/2019 à 19:15 :
mais non vous vous tromper pour nos elus il est s ormale de tager les boites aux lettre et de s'en prendre a un elu... Ca de detruire l'emploi de personne ou detruire une maison ou une voiture de particulier c'est rien pour nos meme elus...
Finalement je dois bien avouer que je comprend de moins en moins qu'on laisse au ppuvoir de tel monstres...
a écrit le 14/02/2019 à 18:49 :
La seule chose sur laquelle les français peuvent se mettre d'accord est la fracture entre ceux qui touchent des aides, et les autres.. Nous sommes, je le constate, dans une situation irréelle, où dans un pays où la redistribution est championne du Monde (plus de 30%) du PIB, où les droits sociaux ne sont comparables à ceux d'aucun autre pays, où finalement les seuls cas sociaux les plus graves sont des personnes qui sont délibérément sortis du système, où éducation des enfants, et santé sont quasi gratuits, ce qui dès lors rend possible l'ascenseur social pour ceux qui veulent s'en sortir par le haut, et...ce n'est pas assez.. je crois que ce qui touchent les GJ est la peur du déclassement, et cette peur est légitime, et fondée: nous travaillons moins qu'ailleurs (je parle des employés), avec tout de même une efficacité dans le privé plus importante que dans nombre de pays. Notre faiblesse est notre amortisseur de crise, c'est à dire nos dépenses publiques qui nuisent à notre agilité, et imposent des ponctions (impôts) sur la richesse du Pays trop élevées: un privé ne dépense pas deux fois les mêmes fonds.. C'est tellement évident que je me demande tous les jours pourquoi on ne s'attaque pas à cette question avec des coupes franches sur ce qui n'apporte rien, et n'est pas perçu, par le citoyen. Nos administrations se sont perdues dans des missions dont nous nous moquons comme de l'an 40: ne remplissez pas ces missions en mon nom: Not in my Name! je n'en veux pas, je refuse de payer pour! "Not in my name" les déficits de l'ONF incapable de couvrir ses dépenses avec la vente de nos bois! "Not in my name" pôle emploi qui s'est transformé en machine à distribuer des allocs, et qui est moins efficace que certains sites privés qui ne coûtent rien! Not in my name les rond-point auquel on ne peut même plus accéder! Not in my Name les délires écolos et financement de personnel pour mettre des cameras dans le nids des cigognes noires qui n'ont rien demandé à personne, ou les comptage de flore dans les alpages! Not in my name les spectacles vivants, classés dans la "culture", et financés avec nos impôts! Not in my name le cinéma français dont 90% des films sont des navets! Not in my name les CCI dont aucune entreprise privée n'accepterait d'acheter les services!.. la liste est trop longue! Heureusement, Carlos Ghosn est libre de tout engagement, et pourra quand il reviendra faire valoir ses qualités de costs killer!
a écrit le 14/02/2019 à 18:41 :
gilets jaunes et baisse du shopping sont des symptômes de l'appauvrissement général du à des décennies de mauvaise gestion (désindustrialisation, surtaxation à 55%, déficit commercial abyssal, surendettement).
Taxer toujours plus (même sous couvert d'écologie) accélère cet appauvrissement (nous allons tous devenir des gilets jaunes) et révèle l'incompétence des gouvernants français, tous formés au moule ENA et qui s'attribuent des indemnités de nababs.
a écrit le 14/02/2019 à 17:00 :
La fin des commerces de centre ville n'est pas due aux GJ. C'est plutôt du côté des maires qui sont allés pleurer à Bercy, qu'il faut aller chercher la raison: interdire le stationnement et la circulation des automobiles dans les centres villes les ont vidés de tout intérêt pour les habitants qui en plus ont déserté en raison des TF et TH élevées en plus du prix de l'immobilier. Les citadins des villes moyennes ont également préféré quitter les centres à l'habitat souvent en mauvais état afin d'habiter dans des espaces modernes.
a écrit le 14/02/2019 à 13:22 :
Il faut arrêter d'accuser les Gilets Jaunes.
Le seul responsable est Macron, il est soumis a la Finance, aux traités de libre échanges néfaste pour notre économie.
Il laisse les gens dans la misère et les services publics disparaissent.
Les Burns-Outs sont en Hausse
On ne donne pas des miettes a son peuple, ils ne sont pas des pigeons.
Laissez les gens sous le seuil de pauvreté est un choix politique et c'est mauvais pour notre économie.
a écrit le 14/02/2019 à 12:27 :
La liste des méfaits des GJ est infinie.

A entendre la majorité, ils sont responsables de la récession mondiale (dont l'Allemagne qui en est à deux doigts), de l'explosion des actes antisémites, islamophobes, racistes, sexistes, antichrétiens sur tout le continent européen.

Ils salissent la République, la Démocratie et les bonnes mœurs (Benalla, gilet jaune?), et en parcourant les villes en groupes le samedi, ils propagent à l'évidence le virus de la grippe !

Je pense que les français sont capables de faire le tri eux-même entre les responsabilités respectives du pouvoir (qui laisse intentionnellement pourrir et s'étonne de l'odeur) et des Gilets jaunes (qui finissent par désespérer, le désespoir étant, comme la colère un mauvais conseiller).
a écrit le 14/02/2019 à 11:33 :
visiblement les commerçants sont focalise sur la baisse de leur chiffre d'affaires en baisse a cause des gilets jaune mais ont ils pris en compte
la baisse des revenues des Français car toujours plus de taxes dit moins d'achats plaisir
il faut commencer par rendre a cesar ce qui lui revient a savoir
rendre responsable les gouvernement précédents
et leur laxisme vision vge ou reduire au maximum les usines en France

et vaforiser le tourisme et la thecnocratie
a écrit le 14/02/2019 à 10:29 :
Vous pourriez vous référer un minimum à vos propres articles !

"Croissance : l'économie française s'essouffle" https://www.latribune.fr/economie/france/croissance-l-economie-francaise-s-essouffle-801506.html

"Pourquoi la croissance européenne inquiète" https://www.capital.fr/economie-politique/alerte-sur-la-croissance-europeenne-les-causes-1317427

"En 2019, l'érosion périlleuse de la croissance mondiale " https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0600423370455-en-2019-lerosion-perilleuse-de-la-croissance-mondiale-2234223.php

"Le « boom » de la croissance américaine" ttps://www.la-croix.com/Economie/Monde/Le-boom-croissance-americaine-2018-07-29-1200958482 (spéciale dédicace à nos prêtres européistes néolibéraux)
a écrit le 14/02/2019 à 10:01 :
L'image d'illustration est intéressante, la vitrine de Starbucks est vandalisée, un petit tag somme Starbucks de payer ses impôts. Il y a le gilet jaune qui voit les services publics se déliter en province et la multinationale qui refuse de les financer en fraudant . Pas sûr que le plus grand méchant de l'histoire soit le gilet jaune .
a écrit le 14/02/2019 à 9:49 :
Ils remettent le couvert pour l'acte 14. Des dégradations, du vandalisme, du gangstérisme à attendre pour cette fièvre du samedi. La success story qui fait les délices de certains médias enchaîne ses épisodes sous le regard blasé de nos concitoyens qui n'en peuvent mais!
a écrit le 14/02/2019 à 9:16 :
"D'après des chiffres communiqués par le gouvernement, près de 5.000 entreprises ont fait des demandes de chômage partiel pour environ 72.000 salariés."

LOOOL la désinformation. Comme si les GJ avaient bloqués 5 000 entreprises et nuient à plus de salariés que le gouvernement dénombre de GJ. C'en est grossier comme fake news.

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