Mauvaise nouvelle, l'inflation définitive de novembre a été revue à la hausse
latribune.fr

Les prix alimentaires ralentissent « dans une moindre mesure », note l'institut.
Reuters
latribune.fr

Les prix alimentaires ralentissent « dans une moindre mesure », note l'institut.
Reuters
‑0,2% en novembre, contre +0,1 % en octobre.
Dans le détail, plusieurs prix de l'énergie se replient, notamment ceux des produits pétroliers (-1,4% après, +1,8% en octobre) et du gazole (-2,5% après +1,6%). Dans le même temps, la hausse des prix ralentit pour l'essence (+7,5% contre 13,5%) et l'électricité (+16,1% après +18,5%).
Dans les services, ce sont les prix des transports, en repli marqué (-1,4% contre +5,4%), qui expliquent le ralentissement. « Les prix des "autres services" augmentent à un rythme proche de celui du mois précédent (+4,3% après +4,4%) », notamment ceux de la protection sociale, de la restauration, de l'entretien et réparation du logement et des véhicules particuliers, précise l'Insee. Sur un an, les prix des produits manufacturés augmentent de 1,9% en novembre, après +2,2% en octobre.
Quid des prix alimentaires, un des principaux moteurs de la flambée des prix, à quelques semaines des fêtes de fin d'année ? Ils ralentissent « dans une moindre mesure », note l'institut.
L'inflation sous-jacente, qui contrairement à l'inflation totale exclut les éléments les plus fluctuants comme l'énergie et certains produits alimentaires, et permet ainsi de dégager une tendance de fond sur l'évolution des prix, s'est inscrite en nette baisse, à +3,6% sur un an en novembre, contre +4,2% sur un an en octobre. L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour des comparaisons à l'échelle européenne, « se replie sur un mois (-0,2% après +0,2% en octobre) » et ralentit sur un an, augmentant de 3,9% en novembre après +4,5% en octobre.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour connaître l'évolution des prix à la consommation pour le mois de décembre, il faudra encore faire preuve de patience. La première évaluation est rarement publiée avant la toute fin du mois. Quant à la tendance pour la nouvelle année, on peut s'attendre à la poursuite de la décrue, selon toute vraisemblance. De fait, la Banque centrale européenne a acté non pas un desserrement de sa politique monétaire restrictive, mais, a minima, l'arrêt de la hausse des taux successives, et ce, depuis septembre dernier.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lui, s'est montré confiant ce vendredi sur le « dernier kilomètre » de la lutte contre l'inflation, qui consistera à ramener la hausse des prix durablement autour de l'objectif européen de 2%.
« Je ne crois pas à cette spécificité du dernier kilomètre », a-t-il d'emblée tranché, au lendemain d'une actualisation des prévisions d'inflation de la Banque centrale européenne, qui s'attend désormais à des prix en hausse de 2,7% en 2024, 2,1% en 2025 et 1,9% en 2026 dans la zone euro.
« Nous voyons aujourd'hui un mouvement de désinflation (ralentissement de l'inflation, NDLR) général, y compris sur l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors énergie et alimentation », s'est-il réjoui. « Le prix des services recule aussi relativement rapidement », a-t-il ajouté. S'il n'exclut pas un rebond « technique » de l'inflation dans les prochains mois, « de l'ordre de quelques dixièmes de points », le patron de la Banque de France l'assure : ce ressaut ne suffira pas à « casser cette tendance de fond à la désinflation ».
Jeudi, la présidente de la BCE Christine Lagarde a appelé à ne « pas baisser la garde » malgré le ralentissement de la hausse des prix en zone euro.
À lire également
L'activité du secteur privé en France s'est contractée en décembre à un rythme inédit depuis plus de trois ans, reflétant l'« atonie générale de l'économie », ont indiqué ce vendredi le cabinet S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB). L'indice PMI Flash s'est établi à 43,7, contre 44,6 en novembre, et prolonge ainsi la période de « repli » de l'activité amorcée en juin, selon le communiqué commun. Un indice inférieur à 50 témoigne d'une contraction de l'activité tandis qu'un indice supérieur à ce seuil traduit une expansion de l'activité.
Dans l'industrie comme dans les services, les deux secteurs couverts par le PMI Flash, « les répondants ont signalé une baisse des ventes ». Les 750 entreprises sondées l'attribuent « à l'inflation, aux pressions concurrentielles, à la frilosité des clients, au ralentissement général de l'activité sur certains marchés, mais aussi parfois aux intempéries et inondations qui touchent le pays depuis le début du mois de novembre », ont énuméré S&P Global et la HCOB.
« La diminution des carnets de commandes a conduit les fabricants (industriels, NDLR) à de nouveau réduire leurs effectifs, tendance ayant largement compensé la hausse marginale signalée par les prestataires de services », ont-ils constaté.
Par conséquent, pour le deuxième mois consécutif, le secteur privé a diminué ses effectifs. Autre signe inquiétant, qui traduit le pessimisme des entrepreneurs, « les perspectives d'activité à douze mois des entreprises se sont repliées à leur plus faible niveau depuis octobre 2020 ».
Le PMI Flash est publié alors que la Banque de France ne s'attend qu'à une faible croissance de 0,1% au quatrième trimestre 2023. L'Insee a également revu à la baisse sa prévision de croissance pour les trois derniers mois de l'année et s'attend désormais à une stagnation du produit intérieur brut (PIB),contre une hausse de 0,2% initialement anticipée).
« Notre modèle de prévision immédiate signale, pour le dernier trimestre de l'année, une contraction du PIB français de 0,2% », a commenté l'économiste de HCOB Tariq Kamal Chaudhry, cité dans le communiqué publié vendredi.
(Avec AFP)
latribune.fr