Mélenchon : quatre moments forts qui ont dynamisé sa campagne

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Depuis mi-mars, le candidat de la France insoumise a enregistré la plus forte progression dans les sondages. Il culmine désormais à 15% des intentions de votes, derrière François Fillon et devant Benoît Hamon.
Depuis mi-mars, le candidat de la France insoumise a enregistré la plus forte progression dans les sondages. Il culmine désormais à 15% des intentions de votes, derrière François Fillon et devant Benoît Hamon. (Crédits : Reuters/Stéphane Mahe)
Désormais installé à la quatrième place dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de progresser dans les intentions de vote depuis mi-mars. Le précédent débat entre les candidats avait tourné en partie à son avantage. Le candidat de la France insoumise doit transformer l'essai ce mardi soir face à ses 10 concurrents sur BFMTV et CNews s'il veut poursuivre son ascension.

A quelques heures du débat entre les 11 candidats de la présidentielle sur BFMTV et CNews, un challenger a le vent en poupe en ce moment : il s'agit de Jean-Luc Mélenchon. Fort de sa quatrième place remarquée à la présidentielle cinq ans plus tôt, le candidat de la France insoumise a visiblement su tirer des enseignements de sa première participation.

Ces dernières jours, il est le candidat qui enregistre la plus forte progression dans les enquêtes d'opinion. Derrière Benoît Hamon depuis la victoire de ce dernier à la primaire socialiste fin janvier, le sexagénaire lui a chipé 1,5 point en une semaine et s'est installé à sa place dans les sondages où il est crédité de 15% des intentions de votes (+3,5), selon la dernière enquête Elabe pour BFMTV et L'Express du 29 mars. Désormais, il se rapproche même du podium en talonnant François Fillon (LR) crédité de 18% (+1). Pour comprendre cette dynamique, retour sur quatre moments clés de cette campagne.

■ 5 février : le meeting hologramme

Le candidat de la France insoumise a démarré fort l'année 2017 avec un coup de communication remarqué. Début février, il a réalisé un double meeting en simultané à Lyon, en chair et en os, et à Paris... en hologramme, une première dans l'histoire de la politique française. L'artifice a fait son effet puisque 12.000 spectateurs étaient présents dans le Rhône et 6.000 curieux sont venus voir sa version virtuelle à la capitale.

Via ce meeting très médiatisé, le Jean-Luc Mélenchon version 2017 a fait sa première grande apparition. Parti dans l'aventure sans les communistes et leur carcan symbolique, il se dévoile sous un visage moins énervé. Les grandes affiches rouges ont laissé la place au "phi" accompagné d'affiches ornées d'un bleu et d'un gris clairs. "En 2012, il s'agissait d'une coalition de partis, cette fois-ci on a voulu ouvrir la campagne, fédérer le peuple et ne pas se laisser enfermer dans une sorte de marginalité politique à la gauche du PS", explique Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

meeting hologramme de Jean-Luc Mélenchon

(Affiche du meeting hologramme du 5 février 2017)

Jean-Luc Mélenchon à la campagne présidentielle de 2012

(Affiche de campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle de 2012)

Résultat : "on observe un évolution significative de son image par rapport à quelques années en arrière", confirme Vincent Thibault, chargé d'études senior chez Elabe. Aujourd'hui, par rapport aux quatre autres principaux candidats, Jean-Luc Mélenchon est celui qui est perçu comme le plus honnête (37%), celui qui comprend le mieux le quotidien des Français (44%) et le moins inquiétant (6%) selon un sondage Ifop pour Paris Match et Sud Radio publié ce mardi.

Stratégiquement, ce meeting était aussi "le moyen de continuer à exister dans la campagne", confie Manuel Bompard. A cette époque, les projecteurs étaient tournés vers Benoît Hamon, sorti vainqueur de la primaire de socialiste une semaine plus tôt.

    | Lire Comment Jean-Luc Mélenchon a "ubérisé" la politique française

■ 26 février : le refus de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon de s'allier

Passé l'euphorie de la primaire, au lendemain de laquelle il était crédité de près de 18% des voix, le candidat socialiste chute progressivement dans les sondages. Frondeur et opposé à la politique économique menée par le gouvernement, l'ex-ministre de l'Education et Jean-Luc Mélenchon se rencontrent pour discuter d'une possible candidature commune. Le dimanche 26 février sur le plateau de TF1, Benoît Hamon annonce qu'il n'y a pas d'accord avec le candidat de la France insoumise.

Dans les intentions de vote Benoît Hamon poursuit sa descente et, si la défection de l'aile droite du Parti socialiste était sans doute déjà entamée, Manuel Valls confirme la fracture ouverte. Le 13 mars, l'ancien Premier ministre annonce dans Paris Match son refus de parrainer le vainqueur de la primaire et, deux semaines plus tard, son soutien à la candidature d'Emmanuel Macron. Lâché par une partie de l'appareil politique, Benoît Hamon voit le doute s'accentuer autour de sa candidature. Les électeurs continuent, eux-aussi, de quitter le navire, dont certains pour rejoindre le candidat de la France insoumise.

Selon la dernière enquête d'Elabe, les électeurs qui ont voté pour François Hollande en 2012 ne sont que 21% à se tourner vers Benoît Hamon, pourtant son successeur en tant que candidat du PS. Jean-Luc Mélenchon capte un part équivalente (19%) de cet électorat, quand Emmanuel Macron en rafle quasiment la majorité (46%).

    | Lire aussi : le Parti socialiste en route vers l'implosion

■ 18 mars : la "démonstration de force" de la marche pour la VIe République

Le tournant de la campagne s'opère lors de la marche entre la place de la Bastille et celle de la République à Paris, où Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de 130.000 personnes pour défendre sa proposition de VIe République. Une démonstration de force, alors que 20.000 personnes se sont déplacées à Bercy pour le meeting de Benoît Hamon le même week-end.

"Cette dissonance trouve un écho dans les intentions de vote, car c'est à ce moment-là que s'opère le croisement des courbes et que Jean-Luc Mélenchon passe devant", analyse Vincent Thibault du cabinet Elabe. Depuis le 17 mars, il a toujours gagné des points dans les intentions de vote."

Par cette marche, organisée à un mois du premier tour et au lendemain du dépôt des parrainages, "on a voulu montrer qu'on était prêt à affronter la dernière ligne droite", souligne Manuel Bompard.

■ 20 mars : le débat présidentiel

La prochaine étape à franchir est celle du débat organisé sur TF1 le 20 mars. Retenu dans ses échanges, même avec Marine Le Pen, pédagogue dans ses explications parfois ponctuées d'un trait d'humour, Jean-Luc Mélenchon a réussi l'exercice. Un téléspectateur sur cinq l'a trouvé convaincant, ce qui le classe second, derrière Emmanuel Macron (29%), selon Elabe.

"Par rapport aux intentions de votes qui le donnaient entre 11% et 12% une semaine avant, c'est un score élevé, cela signifie qu'il a atteint des personnes supplémentaires", décrypte Vincent Thibault.

Couplé à la réussite de la marche du 18 mars, le succès du débat a appuyé cette nouvelle dynamique de campagne qui se confirme sur le terrain. "Au-delà des sondages, on a de très bons retours sur tous les indicateurs", indique son directeur de campagne. Depuis mi-mars, la plateforme jlm2017 a accueilli entre 30.000 et 35.000 inscrits supplémentaires, pour un total de 360.000 personnes. "En février on était à un rythme de 8.000 à 10.000 nouveaux inscrits", note Manuel Bompard. Pour confirmer cette tendance, reste à Jean-Luc Mélenchon de transformer l'essai ce mardi lors de ce nouveau débat.

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Commentaires
a écrit le 11/04/2017 à 18:35 :
Je suis une inssoumise!!
Vive la France....Vive Mélenchon ! ! ❤😊👍
a écrit le 06/04/2017 à 0:15 :
Mélenchon juste licencié en philo est un franc-maçon inspiré par Hugo Chavez au Vénézuela ou Fidel Castro à Cuba qui veut la sortie de l'Otan face à la forte militarisation russe de Poutine dont il est aussi l'admirateur et trouve normal l'annexion de la Crimée dont il oublie qu'elle avait été donnée à l'Ukraine en échange d'un territoire ukrainien jamais rendu. Quelle crédibilité aurions nous alors que nous ne pouvons même pas faire face au conflits actuels. C'est de plus un dangereux narcissique qui ne se contrôle pas toujours. Il veut encore plus endetter la France alors que l'on est à 2200 milliards d'euros. Il est délirant. Heureusement que l'on a des candidats plus équilibrés, mieux formés et brillant comme Macron qui a fait un parcours quasiment jamais vu en France en un temps record vers la présidentielle en partant de rien ou presque.
Réponse de le 06/04/2017 à 13:50 :
"Heureusement que l'on a des candidats plus équilibrés, mieux formés et brillant comme Macron qui a fait un parcours quasiment jamais vu en France en un temps record vers la présidentielle en partant de rien ou presque. "

Vous voulez surement dire "en PARLANT de rien ou presque."
a écrit le 05/04/2017 à 11:28 :
"l'ex-ministre de l'Education" n'est ce pas un peu exagéré ? il a été que ministre délégué à l'Enseignement professionnel et que de 200 à 2002. En tout cas son coté "communiste" (j'entends pas par là coco à l'ancienne) et gueulard se sont bien effacés au profit du populisme qui plait tant dans le monde en ce moment.
Réponse de le 05/04/2017 à 11:42 :
Puisque vous aimez être précise, alors je vous fais gentiment remarquer que Mélenchon n'a jamais été communiste et donc surtout pas "coco à l'ancienne". Mais vous savez quand il y avait des "cocos à l"ancienne" comme vous dites, il y avait aussi des anticommunistes primaires... en feriez vous encore parti ?
a écrit le 05/04/2017 à 11:15 :
VIe République encore une idée avancée de nos jours? c'est incroyable! pour faire quoi? qu'elle encore moins de légitimité? faire semblant d'avoir fait un changement? dire que c'est la gauche qui l'a créée? La Ve est bien conçue et possède une légitimité historique indispensable. Le PS un temps partisan aussi a abandonnée l'idée vu le ridicule de cette proposition.
a écrit le 05/04/2017 à 9:38 :
ben faut dire que face à macron-fillon-lepen, même une planche susciterait plus d'intérêt, plus de vie...

Les trois candidats de l'oligarchie laissent quand même un arrière goût de plâtre.
a écrit le 04/04/2017 à 20:49 :
On observe que ces temps forts sont tous des opérations de "contournements" des médias, à l'exception du débat qui est également un exercice "sans filtre" qui permet de retranscrire relativement fidèlement son projet.

un projet qui n'a pas changé et est connu depuis octobre, et très proche de celui de 2012 par ailleurs.

Autrement dit, si les médias avait fait leur travail, en particulier les journalistes de radio et de télévision, nous aurions une toute autre élection.
Réponse de le 05/04/2017 à 11:46 :
Vous avez 1000 fois raison, si les médias faisaient leur boulot d'information ils ne découvrirait aps après des milliers de français le programme de m"lenchon, car la force de la France Insoumise et ce qui en fait une vague montante, c'est tout de mêmeau départ son programme : Mélenchon le dit : " le candidat de la france insoumsie à la présidentielle, en réalité c'est l'avenir en commun, le programme que lui, Mélenchon, présente.

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