ENTRETIEN - Budget 2023, article 49-3, taxe sur les superprofits, impôts de production, inflation... le rapporteur général du PLF 2023 et député du Gers (Renaissance) Jean-René Cazeneuve revient en détail sur les mesures de lutte contre la hausse des prix de l'énergie. Il justifie un bouclier tarifaire moins généreux en 2023 par « une nécessaire maîtrise des finances publiques».LA TRIBUNE - Le Sénat à majorité de droite a adopté en fin de semaine dernière en première lecture le volet « recettes » du projet de budget pour 2023. Les sénateurs doivent s'attaquer dorénavant au volet « dépenses » avant un vote prévu le 6 décembre. Certains élus ont continué à débattre alors que l'article 49-3 risque une nouvelle fois d'être brandi dans l'hémicycle en décembre. Pensez-vous qu'il est possible de trouver des compromis avec des élus de l'opposition sur les textes budgétaires ?
JEAN-RENE CAZENEUVE - Notre méthode est de chercher systématiquement des compromis sur tous les textes. Sur les textes budgétaires, la tâche est plus compliquée. Les oppositions font barrage par principe. C'est leur droit. Mais sur le projet de loi de finances rectificative de cet été ou celui voté récemment, nous avons réussi à trouver des compromis.
Quels ont été les principaux amendements des oppositions adoptés au parlement sur le dernier Projet de loi de finances rectificative 2022 ?
Plusieurs amendements ont été adoptés pour améliorer le projet de loi. 230 millions d'euros ont été inscrits pour aider les ménages qui se chauffent au bois. Des crédits supplémentaires ont également été votés à l'Assemblée nationale pour l'aide alimentaire (40 millions d'euros), MaPrimerénov (29 millions d'euros), ou de l'équipement militaire supplémentaire pour l'Ukraine. On a voté une nouvelle répartition des produits de l'IFER photovoltaïque favorable aux communes (Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux).
Au Sénat, une aide pour l'insonorisation des riverains vivant près des aéroports a été votée. 100 millions d'euros ont été ajoutés pour les ponts et le réseau routier. Enfin, les agences de l'eau doivent bénéficier d'une rallonge de 50 millions d'euros.