Le pouvoir d'achat des ménages a légèrement accéléré (+ 0,6%) en 2020, selon l'Insee. Dans le même temps, l'épargne a atteint des sommets (21,6%). Cette montagne d'épargne qui devient un enjeu de la reprise a ravivé les débats sur la nécessité d'une fiscalité ciblée.La pandémie bouscule tous les repères des comptables nationaux. Selon la dernière livraison de l'Insee dévoilée ce vendredi 26 février, le pouvoir d'achat des ménages (revenu disponible brut) en 2020 a accéléré de 0,6% après 2,1% en 2019. Dans le détail, le revenu disponible par unité de consommation (une unité de consommation correspond à un adulte dans une ménage) a stagné. Surtout, cette moyenne masque des disparités en fonction de la composition des ménages et des catégories sociales. Sur ce point, l'Insee ne fournit pas de chiffres précis mais une récente enquête du conseil d'analyse économique montrait que le revenu des jeunes s'était particulièrement dégradé l'an passé (entre -5% et -10%).
Si la plupart des dispositifs mis en oeuvre ont permis de préserver la grande majorité des revenus des Français, beaucoup de ménages ont basculé dans la pauvreté et les minimas sociaux comme en témoignent les longues files d'attente auprès des banques alimentaires et la hausse du nombre d'allocataires du RSA.
Une accélération au second semestre
L'examen plus précis des tableaux de l'institut montre que le revenu des ménages a enregistré une hausse sur la seconde partie de l'année. Entre janvier et juin, le porte-monnaie des Français a fondu au plus fort de la crise. Le revenu disponible par unité de consommation a ainsi reculé de 0,8% au premier trimestre et 0,7% au second trimestre. La mise sous cloche soudaine et brutale de l'économie française avait provoqué la sidération d'une grande partie de la population française. Avec la baisse progressive des contaminations à la fin du printemps et la levée progressive des mesures, le PIB a bondi au troisième trimestre d'environ 18% tandis que le revenu des ménages par unité de consommation a décollé de 2,5%. Avec la flambée de l'épidémie au cours du dernier trimestre et le second confinement, le revenu (UC) a de nouveau ralenti à 1,3%.