Après le vote à l'Assemblée nationale du projet de loi sur la valeur ajoutée le 29 juin dernier, l'exécutif s'est félicité de l'adoption de ce texte par 112 voix contre 27, avec le soutien du camp présidentiel, de LR, du RN, du PS et du groupe indépendant Liot. Il doit désormais être examiné par le Sénat, à une date encore indéterminée. Les députés LFI et communistes ont voté contre. Les Verts se sont abstenus par « respect » pour « la démocratie sociale », malgré un accord « a minima », selon Eva Sas (EELV). Le texte vise à retranscrire dans la loi l'accord national interprofessionnel (ANI) signé par quatre syndicats sur cinq (la CGT ne l'a pas approuvé).
L'accord vise à étendre des dispositifs tels que l'intéressement, la participation ou les primes de partage de la valeur (anciennement « prime Macron ») à toutes les entreprises de plus de 11 employés. Il s'agit aussi de développer l'actionnariat salarié. Mais le gouvernement pourrait grincer des dents. Dans une note dévoilée ce mardi 18 juillet, le Conseil d'analyse économique (CAE) a passé au scalpel les différents outils de partage de richesse dans les entreprises.
Résultat, « les mécanismes de partage des profits en France ne servent pas à grand chose dans la répartition de la valeur ajoutée », a taclé le président et économiste du CAE, Camille Landais, lors d'un point presse. Alors que l'inflation des prix alimentaires continue de flamber, cette note devrait raviver les débats sur les conflits de répartition de la richesse à l'intérieur des entreprises. Plus globalement, « la question du partage de la valeur revient dans les débats des pays développés. La part du travail dans le revenu national a baissé tendanciellement depuis 30 ans. Il y a une hausse concomitante du capital», a précisé l'économiste spécialiste des inégalités et de la fiscalité.