À défaut de comprendre la personnalité de Trump, regardons ses résultats économiques

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Le président des États-Unis peut notamment se targuer d'avoir obtenu, comme promis durant sa campagne de 2016, un accord commercial avec la Chine, signé mi-janvier.
Le président des États-Unis peut notamment se targuer d'avoir obtenu, comme promis durant sa campagne de 2016, un accord commercial avec la Chine, signé mi-janvier. (Crédits : Reuters)
La première économie du monde est entrée dans sa onzième année d'expansion d'affilée, un record. Donald Trump et son administration, bien qu'arrivés à la Maison Blanche une fois l'économie assainie, ont su surfer sur une conjoncture plutôt favorable. Au prix, toutefois, d'un gonflement du déficit.

Débarrassé de la menace d'une destitution, le président américain Donald Trump est entré de plain-pied en campagne électorale avec une carte maîtresse: la bonne santé de l'économie américaine.

Il était certes arrivé à la Maison Blanche une fois l'économie assainie quand son prédécesseur, Barack Obama, avait pris ses fonctions dans un pays plongé dans la récession après la crise financière de 2008.

Mais l'administration Trump a su surfer sur une conjoncture plutôt favorable, une confiance des ménages solide qui continuent à consommer, alimentant ainsi la croissance.

Lire aussi : Procès en destitution: Trump acquitté dans une Amérique divisée

  • Emploi, chômage, salaires

"Les emplois sont en plein essor, les salaires s'envolent!", s'est glorifié le président républicain cette semaine lors de son discours sur l'état de l'Union.

Sous son mandat, le rythme de création des emplois est comparable aux deux dernières années Obama. En moyenne mensuelle, l'économie américaine a créé 183.000 emplois en 2017, 225.000 en 2018 et 175.000 en 2019 contre 195.000 en 2016 et 226.000 en 2015.

Le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau en 50 ans, à 3,5% contre 4,7% en décembre 2016.

Élément notable: le chômage des Hispaniques et des Noirs a fortement diminué depuis que l'ancien homme d'affaires est président, quoique très supérieur à celui des Blancs.

Le taux de chômage des Afro-Américains est ainsi passé de 7,8% en décembre 2016 à 5,9% en décembre. Celui des Hispaniques de 5,9% à 4,2%. Pour les Blancs, il a fondu, à 3,2% en décembre contre 4,3% trois ans plus tôt.

La fille et conseillère du président américain Donald Trump, Ivanka Trump, oeuvre, elle, pour une plus grande intégration des femmes au marché de l'emploi alors que de nombreuses mères sont exclues du marché du travail faute de pouvoir faire garder leurs enfants à un prix abordable.

Les salaires ont certes augmenté (+2,9%) mais ne sont pas "envolés".

  • Croissance

La première économie du monde est entrée dans sa onzième année d'expansion d'affilée, un record.

La hausse du PIB s'élevait à 1,5% en 2016, dernière année de l'ère Obama. Elle a atteint 2,3% en 2017 avant de se hisser à 2,9% en 2018, année où l'économie a profité de la réduction d'impôts et des augmentations budgétaires notamment militaires.

Mais elle a ralenti à 2,3% l'an passé en raison de la guerre commerciale avec la Chine qui a découragé les investissements des entreprises.

Lire aussi : Accord Chine-USA : vous avez aimé la phase 1 ? Vous allez adorer la phase 2

Si ce niveau reste solide comparé aux grands pays développés (+1,2% en zone euro par exemple), il demeure loin des 3% promis par Donald Trump.

La faute à Boeing, principal contributeur des exportations américaines et à son 737 MAX cloué au sol depuis bientôt un an, estime le secrétaire américain au Trésor. Sans cette crise, "je pense que nous aurions atteint 3%", a déclaré Steven Mnuchin sur Fox Business jeudi.

Lire aussi : Trump en veut à Boeing de lui gâcher son bilan économique, la compagnie réaffirme sa confiance dans le MAX

Pour 2020, année électorale, le Fonds monétaire international anticipe un nouveau ralentissement, à 2%, en raison de la fin des effets de la réforme fiscale.

  • Déficit budgétaire

Mesure phare du mandat, la réforme fiscale adoptée fin 2017 - la plus importante depuis 30 ans - a réduit les impôts sur le revenu des plus riches et sabré l'impôt sur les sociétés, de 35% à 21%.

Ces mesures ont certes dynamisé la croissance en 2018 mais elles ont aussi gonflé la dette et le déficit budgétaire, qui devrait atteindre 1.015 milliards de dollars à la fin de l'année fiscale en septembre, selon les services du budget du Congrès.

Lire aussi : Pour financer leurs déficits abyssaux, les États-Unis vont vendre de la dette à 20 ans

Et la dette devrait représenter 81% du PIB cette année.

L'administration caresse l'idée de nouvelles réductions d'impôts destinées aux classes moyennes, une manière de stimuler la croissance.

  • Politique commerciale

Donald Trump l'avait promis avant même d'être élu, il l'a fait: la renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec le Mexique et le Canada, jugé le "pire traité" de l'histoire des États-Unis.

Il a promulgué le 29 janvier le nouvel accord trilatéral dit AEUMC, acronyme pour Accord États-Unis Mexique Canada.

Lire aussi : C'est officiel : le "nouvel Aléna" voulu par Trump a été approuvé aux États-Unis

Il peut aussi se targuer d'avoir obtenu, comme promis durant sa campagne de 2016, un accord commercial avec la Chine, signé mi-janvier.

"Notre stratégie a payé!", a lancé le président.

Mais à quel prix? La guerre commerciale avec Pékin, à coups de tarifs douaniers punitifs réciproques, a plongé le secteur manufacturier dans la récession, et ralenti la croissance américaine et mondiale.

Lire aussi : Guerre commerciale : en signe d'apaisement, la Chine réduit drastiquement ses droits de douane sur certains produits américains

  • Bourse

Le profil de Donald Trump, un milliardaire du monde des affaires, a par ailleurs contribué à la confiance à Wall Street: le Dow Jones a progressé d'environ 55% depuis son élection, le 8 novembre 2016. Un argument non négligeable pour de nombreux Américains dont la retraite dépend des cours de Bourse.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2020 à 2:45 :
Le problème de l'afp est la faiblesse en économie de ses journalistes.
a écrit le 08/02/2020 à 10:24 :
Donald Trump a été élu par "dégagisme" et les américains ont eu cette chance, cela est de bon augure pour nous car les USA ont quatre ans d'avance!
a écrit le 08/02/2020 à 9:37 :
Il faut juger Donald Trump a ses resultats. On n'a pas elu Trump pour sa personnalite. Ce n'est pas un Narcisse politique, qui contemple sa popularite toutes les semaines dans les sondages. C'est un homme d'affaires, obnubile par les resultats.
a écrit le 07/02/2020 à 15:44 :
Je vois deja un blonde utiliser les resultats d Trump a son propre benefice....
Mais (a son age!), elle devrait savoir que les systemes ne sont pas transposables et que les americains ont une certaine idee de leur pays que n'ont pas les francais du leur!
a écrit le 07/02/2020 à 13:38 :
"“Si vous devez cent dollars à la banque, c'est votre problème. Si vous devez cent millions de dollars à la banque, c'est le problème de la banque.”" Jean-Paul Getty

CQFD
a écrit le 07/02/2020 à 13:04 :
regardons aussi la dette et les déficits sous Trump, une politique de relance a crédit ???? !
a écrit le 07/02/2020 à 11:57 :
En somme de la stimulation budgétaire procyclique. On se demande ce qu'il pourra faire en cas de conjoncture basse. Car ce qu'a fait Sarkozy entre 2008 et 2011 (ouvrir en grand le robinet de la dépense publique, du déficit donc de la dette pour éviter une trop forte récession), on ne peut le faire qu'une fois...
Réponse de le 08/02/2020 à 12:26 :
Lol ! Celle la tu aurais pu la garder pour le 1er avril !

Oui c'est vrai que ya que Trump qui a endetté les USA, avant Trump aucun président n'avait fait payer les banques !

Puis alors comparer Trump à Sarkozy...
a écrit le 07/02/2020 à 11:48 :
le déficit public (fédéral/états/local) est autour de 7% PIB (6,6% en 2018, selon l'OCDE).
le déficit fédéral a plus que doublé depuis 2015. la dette publique brute des différentes collectivités est autour de 125% PIB.
la croissance US a aussi été tirée par le lancement de l'exploration du pétrole de schiste en 2008 (activité basée sur une montagne de dettes). mais le boom est en train de ralentir. ce qui est une des explications du freinage de la croissance US...
44% des salariés ont un travail peu payé (Brookings Institution). et la qualité de l'emploi continue de se dégrader ("American jobs are getting worse, new economic index shows", CBS News, 27/11/2019). d'ou des taux de pauvreté qui restent bien plus élevés que dans les autres pays développés (UNICEF ; OCDE). et l'espérance de vie la plus basse des nations à haut revenu.
a écrit le 07/02/2020 à 11:17 :
Mais pourquoi lire les journaux ?

Les journalistes se contentent de reprendre les dépêches de l'organisme d'Etat l'AFPravda.

Il faut critiquer Trump malgré ses excellents résultats économique (Sans doute plus simplement du a sa politique de dérèglementation, qu'a un Obama)

Une approche systématiquement anti-Trump (Avant c'était anti Reagan ou anti Thatcher)

Hallucinant, non ? N'est-ce pas Delphine Touitou ?

Heureusement on peut lire dreuz.info
Réponse de le 07/02/2020 à 12:11 :
Les journaux sont subventionnés pour colporter la Pravda, vous avez raison. Sans ces subventions, ils seraient morts mais les conserver en vie permet à la Pravda de poursuivre à embobiner les français en cultivant sa fake information, ses faux débats, ses faux opposants politiques etc. Macron nous lançait il y a peu que la France n' était pas une dictature mais c' est quoi un pays où tous les moyens sont utilisés par le pouvoir pour raconter sa seule narrative ...?
Réponse de le 09/02/2020 à 2:50 :
C'est amusant car je trouve la journaliste mauvaise car complaisante avec Trump.

Les faits montrent qu'il a fait exploser le déficit budgétaire, pour de maigres résultats.

Trump a plutot des mauvais résultats.
a écrit le 07/02/2020 à 11:14 :
Mais pourquoi lire les journaux ?

Les journalistes se contentent de reprendre les dépêches de l'organisme d'Etat l'AFPravda.

Il faut critiquer Trump malgré ses excellents résultats économique (Sans doute plus simplement du a sa politique de dérèglementation, qu'a un Obama)

Une approche systématiquement anti-Trump (Avant c'était anti Reagan ou anti Thatcher)

Hallucinant, non ? N'est-ce pas Delphine Touitou ?
a écrit le 07/02/2020 à 10:33 :
un type qui fait du deficit public quand ca va, ca rappelle les socialiste francais qui ont passe leur temps a faire de la ' relance' de la consommation en creant de la dette pour les enfants...........
si les etats unis n'avaient pas le dollar, ca tournerait vite en eau de boudin, ' a la francaise'
2% de croissance avec un deficit a 6%, ca laisse reveur... ca s'appelle ' theorie des choix publics' et ' overlapping generations'
les enfants seront contents
a écrit le 07/02/2020 à 10:08 :
A défaut de comprendre la personnalité d'E. Macron, regardons ses résultats économiques.
Qui sont plutôt pas mal : on crée des emplois, on réindustrialise, et il y a nettement plus de taf qu'avant partout.
C'est indéniable.
On comprend que ça énerve les rentiers.
Réponse de le 07/02/2020 à 10:36 :
Le bilan Macron, c' est presque trop facile. On créé massivement des emplois dans la rue, on réindustrialise massivement en Slovénie, on radie massivement les chômeurs.

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