"Le travail au noir ne devrait pas exister" mais "malheureusement c'est un fléau qui est là. Il est clair que nous devons penser à toutes ces personnes qui, pour des raisons différentes, se trouvent dans une situation d'urgence", a expliqué la ministre...
Les travailleurs "au noir" seront assimilés aux travailleurs "précaires" et bénéficieront d'un "revenu d'urgence", a confirmé le gouvernement italien. "C'est une question d'équité", a déclaré le directeur général des Finances publiques.
"Le travail au noir ne devrait pas exister" mais "malheureusement c'est un fléau qui est là. Il est clair que nous devons penser à toutes ces personnes qui, pour des raisons différentes, se trouvent dans une situation d'urgence", a expliqué la ministre du Travail."Ce n'est pas une question fiscale, c'est une question d'équité", a aussi déclaré Ernesto Maria Ruffini.
3 milliards d'euros
Les travailleurs "au noir" seraient notamment assimilés aux "travailleurs précaires" auxquels l'exécutif veut assurer un "revenu d'urgence". Il s'agit notamment des auxiliaires de vie et des personnes dont le dernier CDD n'a pas été renouvelé à cause de la crise, qui se retrouvent exclus des soutiens financiers assurés jusqu'à présent aux salariés et aux indépendants inscrits à des caisses de prévoyance privées.
Dans l'ensemble, le gouvernement estime que 3 millions de personnes bénéficieraient de ce "revenu d'urgence", qui coûtera à l'État 3 milliards d'euros. Son montant, non encore défini, devrait être de plusieurs centaines d'euros. Le revenu des travailleurs au noir pourrait néanmoins être plus bas que celui des autres précaires, rapporte la presse italienne.
La crainte de révoltes
Le gouvernement espère ainsi faire baisser la tension au Sud, où le travail au noir est particulièrement répandu, et où la crise économique est en train d'aggraver sensiblement certaines situations de pauvreté. Le "revenu de citoyenneté", dont 641.000 familles bénéficient déjà au Sud, ne semble en effet plus suffire. Après plusieurs vols individuels et collectifs dans des supermarchés, la crainte de révoltes est montée d'un cran. L'État a déjà promis de verser 400 millions d'euros aux municipalités, afin qu'elles distribuent des chèques déjeuner et des vivres, mais cela ne semble pas non plus avoir calmé la population.
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Les critiques fusent pourtant déjà, face à une mesure qui soustrait des ressources financières au soutien à l'économie légale. On évoque également les enjeux de réputation face aux partenaires européens, notamment l'Allemagne, qui pourraient ne pas comprendre une telle utilisation des fonds de l'UE.