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L'adhésion accélérée de l'Ukraine divise l'UE, Kiev dénonce "l'ambiguïté stratégique" de certains Etats

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Publié le 19 mai 2022 à 13:41 - Mis à jour le 19 mai 2022 à 14:00

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Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a affirmé qu'il n'était pas favorable à l'octroi à l'Ukraine d'un "raccourci" en vue de son adhésion à l'Union européenne, ce à quoi Kiev a répondu en regrettant un "traitement de seconde zone" de la part de "certaines capitales". De son côté, l'UE envisage une solution alternative avec la création d'une "communauté politique européenne".

Le sujet n'en finit pas de diviser au sein de l'Union européenne. Alors que le conflit en Ukraine dure depuis près de trois mois, Kiev multiplie les appels d'adhésion à l'UE. Mais certains pays voient d'un mauvais oeil la possibilité d'une procédure accélérée. C'est le cas notamment de l'Allemagne, dont le chancelier Olaf Scholz qui ne se dit pas favorable à l'octroi à l'Ukraine d'un "raccourci" en vue de son adhésion. Cette dernière n'est, selon lui, "pas une affaire de quelques mois ou quelques années".

"Le fait qu'il n'y ait pas de raccourci sur la voie de l'adhésion à l'UE (de l'Ukraine) est un impératif d'équité envers les six pays des Balkans occidentaux" qui souhaitent de longue date rejoindre le bloc européen, a souligné le chancelier allemand lors d'un discours devant les députés du Bundestag, ce jeudi.

L'Ukraine n'est, en effet, pas le seul pays à avoir demandé le statut de candidat. La Géorgie et la Moldavie se sont récemment positionnés tandis que six pays des Balkans occidentaux -Serbie, Kosovo, Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro et Bosnie- aspirent à intégrer l'UE, mais le processus d'élargissement est bloqué depuis des années. Ces six pays "entreprennent des réformes intensives depuis des années", a jugé le chef du gouvernement allemand. "Le respect de nos engagements envers eux n'est pas seulement une question de crédibilité", a-t-il fait valoir.

La sécurité de l'UE en jeu

Kiev a présenté sa candidature le 28 février, quelques jours après le début de l'invasion russe. Après le lancement le 7 mars dernier de la procédure d'examen de sa demande d'adhésion, Kiev doit maintenant attendre le mois de juin pour connaître l'avis de Bruxelles sur l'obtention par le pays du statut de candidat à l'UE, bénéficiant ainsi d'une procédure accélérée. Cela prend, habituellement plusieurs années.

La validation du statut ouvrira ensuite la voie à un long processus de négociations qui devra être approuvé par les 27 à l'unanimité. Le président français "Emmanuel Macron a raison de souligner que le processus d'adhésion n'est pas une affaire de quelques mois ou de quelques années", a poursuivi Olaf Scholz. "C'est pourquoi nous voulons actuellement nous concentrer sur le soutien rapide et pragmatique à l'Ukraine".

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S'il a reconnu qu'un élargissement était "dans notre intérêt stratégique" face aux aspirations de la Russie qui exerce déjà une grande influence sur certains pays de la région, "il s'agit aussi de notre propre sécurité qui ne peut exister sans des Balkans occidentaux européens et stables", a-t-il pointé.

Un "traitement de seconde zone"

De son côté, la présidente de la Commission européenne a déclaré en février dernier qu'elle était favorable à l'adhésion de l'Ukraine. "À long terme, ils sont avec nous en fait. Ils sont des nôtres et nous les voulons avec nous", a-t-elle affirmé dans une interview à Euronews dimanche, rapporte le service allemand de l'agence Reuters.

Des divergences qui agacent du côté de l'Ukraine. En témoignent les propos du chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba qui a dénoncé ce jeudi un "traitement de seconde zone" de la part de "certaines capitales" au sujet de la candidature de son pays qui "blesse les Ukrainiens". "L'ambiguïté stratégique sur la perspective européenne de l'Ukraine pratiquée par certaines capitales de l'UE au cours des dernières années a échoué et doit cesser", a-t-il affirmé sur Twitter en réaction au propos d'Olaf Scholz.

Une solution intermédiaire

Une solution intermédiaire a cependant été avancée côté français. Le 9 mai, Emmanuel Macron et président en exercice du Conseil de l'Union européenne, a défendu l'idée d'une révision des traités et suggéré la création d'une inédite "Communauté politique européenne". "Si nous accordions déjà (à l'Ukraine) le statut de candidat à l'adhésion à notre Union européenne, nous savons tous parfaitement que le processus prendrait plusieurs années voire des décennies. Sauf si nous décidions de réduire les standards", a lancé le président français.

Il s'agirait donc d'une institution, parallèle à l'Union européenne et au Conseil de l'Europe qui permettrait aux nations européennes de "trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération en matière énergétique, de transports et d'infrastructures, de circulation des personnes et en particulier de la jeunesse". L'adhésion à cette communauté "ne préjugerait pas de l'adhésion future à l'Union européenne" et elle ne serait "pas fermée à ceux qui ont quitté cette dernière", a précisé Emmanuel Macron.

Séduit par cette proposition, le chancelier allemand a confié au président français qu'il la trouvait "très intéressante". Elle a également été défendue par le président du Conseil Européen, Charles Michel qui a indiqué qu'il "proposera la tenue d'une conférence autour de l'été. Elle réunira les dirigeants de l'UE et ceux des pays partenaires concernés, afin de discuter des options concrètes de ce nouveau projet commun".

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Mais là encore, des dissensions apparaissent avec l'Ukraine que cette solution ne satisfait pas. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a ainsi rappelé dans un échange avec des étudiants français mercredi dernier qu'"on ne peut nous garder à distance". "C'est comme une table où toute la famille est réunie, et on t'a invité, mais on ne t'a pas mis de chaise. Je pense que c'est injuste", avait-il lancé. "Il est très important pour nous de réserver cette place (dans l'UE) à l'Ukraine", a renchéri le lendemain Dmytro Kouleba, ce jeudi.

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