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ÉconomieInternational

Etats-Unis : l'emploi américain bondit de manière inattendue en septembre

latribune.fr

Publié le 06 octobre 2023 à 06:11 - Mis à jour le 06 octobre 2023 à 13:55

Les Etats-Unis ont enregistré 207.000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage la semaine dernière, soit moins qu'attendu par les économistes (210.000).

Les Etats-Unis ont enregistré 207.000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage la semaine dernière, soit moins qu'attendu par les économistes (210.000).

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En septembre, 336.000 emplois ont été créés aux Etats-Unis, soit pratiquement le double des attentes. Les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie, de la santé, des services techniques, professionnels et scientifiques, de l'aide sociale, ont principalement embauché.

[Article publié le vendredi 6 octobre 2023 à 8h11 et mis à jour à 15h34]

Surprise pour l'économie américaine. Les créations d'emplois aux Etats-Unis ont rebondi de façon inattendue en septembre, avec 336.000 postes créés, deux fois plus qu'attendu, tandis que le chômage reste stable, à 3,8%, a annoncé ce vendredi le département américain du Travail.

Les chiffres de juillet et août ont par ailleurs été révisés en hausse, respectivement à 236.000 et 227.000 créations d'emplois. Au total sur ces deux mois, ce sont 119.000 emplois de plus qu'initialement annoncé qui ont été créés.

Les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie, de la santé, des services techniques, professionnels et scientifiques, de l'aide sociale, ont principalement embauché, de même que le secteur public - enseignement et administrations locales -, précise le département du Travail.

Ces chiffres « signalent une solide dynamique positive de la croissance de l'emploi », souligne Rubeela Farooqi, économiste pour HFE. Elle nuance cependant, soulignant que « les salaires ont décéléré et le taux de chômage est resté stable à son plus haut niveau depuis février 2022 », ce qui pourrait signaler que la situation continue de se rééquilibrer.

Pénurie de main d'oeuvre

Les Etats-Unis connaissent une importante pénurie de main d'oeuvre depuis deux ans, qui a fait flamber les salaires, contribuant à l'inflation. Mais en août, un afflux de nouveaux travailleurs avait fait grimper le taux de chômage à 3,8%, son plus haut niveau depuis février 2022, ce qui tendait à montrer que la situation pourrait commencer à se rééquilibrer.

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Les analystes, ainsi, s'attendaient à un ralentissement en septembre, et tablaient sur 158.000 créations d'emplois, et une légère baisse du chômage, à 3,7%, selon le consensus de Briefing.com. D'autant plus que les chiffres du seul secteur privé, publiés mercredi, avaient montré des créations d'emplois diminuées de moitié par rapport à août, à 89.000, selon l'enquête mensuelle ADP/Stanford Lab.

Il s'agit du plus faible rythme de croissance observé depuis janvier 2021 et il marque une « accentuation du ralentissement », qui s'accompagne d'un « déclin marqué du rythme de croissance des salaires sur les douze derniers mois », avait commenté la cheffe économiste d'ADP, Nela Richardson.

Le chômage en baisse

En outre, les Etats-Unis ont enregistré 207.000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage la semaine dernière, soit moins qu'attendu par les économistes (210.000). Ces données « indiquent, une fois de plus, que le marché du travail américain reste résilient », note Michael Hewson, analyste de CMC Markets, qui remarque que « malgré le ton plus positif des marchés européens » plus tôt en séance, « les actions américaines ont baissé après publication des demandes hebdomadaires d'allocations chômage ».

Une économie à l'épreuve du resserrement monétaire

Pour rappel, la réserve fédérale américaine n'a eu de cesse, depuis l'été 2022, de relever ses taux directeurs pour tenter de ramener une inflation galopante à 2%. Et le 20 septembre dernier, elle a laissé entendre que ses taux resteraient élevés plus longtemps qu'anticipé par les investisseurs. En effet, après avoir annoncé leur maintien dans la fourchette de 5,25% à 5,5%, à leur plus haut niveau depuis 22 ans, elle a anticipé une hausse supplémentaire de 25 points de base cette année.

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Pour autant, cette politique monétaire, qui pourrait lourdement peser sur la croissance du pays, a plutôt mis en lumière la résilience de l'économie américaine. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) au second trimestre s'est ainsi établie à 2,1% en rythme annualisé. Si elle n'était que de 0,5% plus élevée en comparaison avec le trimestre précédent, elle a néanmoins surpris par sa vigueur, s'accélérant par rapport aux 2,0% du premier trimestre. Les analystes la voyaient, en effet, ralentir ou, au mieux, rester stable.

Des taux obligataires tirés à la hausse

Le discours de la Fed le 20 septembre dernier a, en effet, tiré à la hausse les taux obligataires américains : plus tôt dans la semaine, l

e rendement des emprunts américains à 10 ans a grimpé jusqu'à 4,80%, une première depuis plus de 16 ans. Le taux à 30 ans a aussi chauffé, à son plus haut depuis septembre 2007, de même que le rendement sur l'échéance à 5 ans. 

En Europe aussi, mercredi dernier, le rendement obligataire du Bund allemand, qui fait référence sur le marché de la dette, atteignait 3,02% à 06h55 GMT (08H55 heure de Paris), au plus haut depuis juillet 2011, année marquée par la crise des dettes souveraines. Il valait 3% vers 07H10 GMT (09H10 heure de Paris), contre 2,97% à la clôture de mardi.

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Un phénomène qui s'est, ensuite, légèrement atténué. Jeudi, le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans ressortait à 4,71% vers, contre 4,73% la veille en clôture. En Europe, le taux allemand de même échéance lâchait, lui aussi, un peu de lest et évoluait à 2,87% contre 2,92%, et celui de la France à 3,46% contre 3,48%. Par ailleurs, les cours du pétrole ont enregistré une cinquième séance de baisse en six journées de cotation, rongés par les craintes d'un fléchissement de la demande sous l'effet de politiques monétaires offensives.

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De quoi provoquer un véritable « mouvement de balancier » sur les marchés, pointe Michael Hewson : « taux obligataires en hausse, actions en baisse, taux obligataires en baisse, actions en hausse », décrit-il. Le repli des taux obligataires, mais aussi du dollar a néanmoins permis au marché de se refaire, ajoute Peter Cardillo, de Spartan Capital.

(Avec AFP)

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