Allemagne : la croissance fait mieux qu’attendu au troisième trimestre, portée par des « investissements en équipement »

Destatis, l’institut de statistiques allemand a annoncé ce vendredi que la croissance sur un an au troisième trimestre atteignait 0,4%. Un chiffre meilleur qu’attendu mais qui confirme tout de même le ralentissement de la première économie de la zone euro.
L'Allemagne affiche une croissance de 0,4% au troisième trimestre
L'Allemagne affiche une croissance de 0,4% au troisième trimestre (Crédits : Reuters)

Sursis pour l'Allemagne, la croissance est toujours là au troisième trimestre. L'institut de statistiques allemand Destatis a annoncé ce vendredi, dans sa publication définitive de croissance que le produit intérieur brut (PIB) allemand a progressé de 0,4% sur un an entre juillet et septembre. Une croissance faible mais qui reste meilleure qu'attendu. Fin octobre, Destatis estimait que la croissance au troisième trimestre ne serait que de 0,3%. Un chiffre aujourd'hui revu à la hausse.

Si le troisième trimestre affiche une faible hausse du PIB, l'indicateur de croissance avait stagné à 0,1% sur un an au deuxième trimestre (mars, juillet) quand il affichait une hausse de 0,8% au premier trimestre (janvier mars) d'après les chiffres de Destatis. Au final, sur toute l'année 2022, la croissance de l'économie allemande s'établit à 1,3% en données corrigées de prix et effets de calendrier. Une croissance bel et bien là « malgré des conditions économiques difficiles, avec la pandémie de coronavirus, les chaînes d'approvisionnement perturbées, l'inflation et la guerre en Ukraine, l'activité économique croît », a commenté l'institut Destatis dans un communiqué.

Consommation en baisse à cause de l'inflation

Selon l'institut, la hausse du PIB allemand a été tiré par la « consommation privée », qui a continué de bénéficier de la « levée des limitations liées au coronavirus », et ce, malgré l'inflation, qui s'établit à 11,4% dans le pays en octobre quand elle n'est que de 10,7% dans la zone euro, de 7,3% en Espagne et de 6,2% en France, d'après les instituts de statistiques nationaux. Ce sont aussi les « investissements en équipement » qui ont soutenu la croissance allemande en bénéficiant au secteur industriel qui a affiché un rebond de 0,6% après plusieurs mois de chute.

Malgré ce résultat, les perspectives restent sombres pour le pays à cause de la crise énergétique qui touche particulièrement le pays. « La principale raison de la détérioration des perspectives économiques est la réduction des exportations de gaz de la Russie », insistent les principaux instituts économiques allemands dans leur rapport de septembre. « Même si la situation se détend quelque peu à moyen terme, les prix du gaz devraient rester bien au-dessus des niveaux d'avant la crise. Cela se traduira par une perte durable de prospérité » pour le moteur économique de la zone euro, alertent-ils.

De fait, l'Allemagne, qui s'approvisionnait à 55% en gaz russe avant la guerre, doit désormais se fournir ailleurs, à des prix beaucoup plus élevés. Un chamboulement dans l'approvisionnement du pays qui a même provoqué la chute de Uniper, le géant gazier allemand en charge de 40% de l'approvisionnement en gaz du pays.

Les branches qui souffrent le plus de cette crise sont les industries à forte intensité énergétique comme la chimie, la métallurgie, le papier ou encore le verre. D'après Destatis, ces secteurs ont connu une baisse de leur production de 9,7% sur un an en septembre, soit une baisse de 0,9% par rapport au mois d'août.

Une industrie à la peine qui représente 26,6% de la valeur ajoutée brute allemande, tandis qu'elle ne représente que 12,4% de la VAB française selon les données de la Banque mondiale. Le gouvernement table donc sur un recul du PIB de l'Allemagne dès le trimestre prochain, et anticipe une récession de 0,4% en 2023. La hausse des prix quant à elle, devrait atteindre 8,8% en 2023 en rythme annuel d'après l'institut de statistiques allemand.

Lire aussiAllemagne: le gouvernement s'attend lui aussi à une récession en 2023

Des perspectives de croissance pessimistes au niveau mondial

En dehors de l'Allemagne, les perspectives sont moins négatives, mais elles laissent présager une baisse de la croissance mondiale. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que le PIB des économies du G20 vont aussi voir leur croissance ralentir avec une augmentation de 3,1% en 2022 et de 2,2% en 2023.

« Notre scénario central ne prévoit pas de récession mondiale, mais un net ralentissement de la croissance mondiale en 2023 et une inflation encore élevée, bien qu'en recul, dans de nombreux pays », a déclaré le chef économiste par intérim de l'OCDE, Álvaro Santos Pereira, dans un édito dévoilé ce mardi 22 novembre. Mais l'Allemagne sera l'un des seuls pays à connaître une récession d'après l'organisation internationale prévoit une récession de -0,3% pour la première puissance de la zone euro, l'an prochain, contre une croissance de +1,7% en juin dernier.

Il y a un an, beaucoup d'économistes espéraient une reprise post-pandémie longue et solide, poussée par des plans de relance budgétaires expansionnistes partout sur la planète et une extinction de l'épidémie de Covid. Le déclenchement de la guerre en Ukraine le 23 février et la crise du gaz russe qui s'en est suivi a mis fin à tous ces espoirs.

Pour soulager les ménages et les entreprises, Berlin a débloqué une enveloppe géante de 200 milliards d'euros, financée par l'emprunt et par une taxe sur les superprofits des énergéticiens. Cette somme permettra de soutenir les plus gros industriels, qui verront, dès le 1er janvier, le prix de leur gaz plafonné à 7 centimes par kilowattheure dans la limite de 70% de la consommation, Les PME bénéficieront quant à elles d'un plafonnement à 12 centimes le kilowattheure à partir du 1er mars.

(Avec AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 26/11/2022 à 13:15
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Bonjour, Bien ils est heureux de constater que l'énergie chère ne fait pas arrêté la machine industriel Allemande Dieux merci, ils reste un grand pays industriel dans notre Union... Certe certains individus trouverons toujours à se plaindre de la...

à écrit le 26/11/2022 à 8:53
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Le problème est que la richesse de l'allemagne ne sert strictement à rien à l'UE si ce n'est tenir élevé l'euromark. La malédiction teutonne est réelle et existe depuis la récente création de ce pays, en 1871 et visiblement n'est pas prête de s'arrêt...

à écrit le 25/11/2022 à 14:37
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De nos jours, signaler une "croissance" n'est que transmettre nos condoléances ! ;-)

à écrit le 25/11/2022 à 12:30
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La croissance allemande est portée par les constructeurs et fabricants allemands qui achètent massivement à bas coûts auprès des dictatures chine russie hongrie ... CE QUI SE TRADUIT PAR LE FAIT que l'allemagne finance les guerres des dictatures sang...

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