ZOOM MACRO. Avec un taux de chômage inférieur de 1,5 point à la moyenne nationale, l’un des taux de pauvreté les plus faibles de l’Hexagone et une production agricole de qualité, la Bourgogne-Franche-Comté arbore fièrement son titre de première région rurale de France. Toutefois, l’absence de grande métropole entache son attractivité économique et sa démographie est en perte de vitesse.« Cette région est un peu particulière car elle a un côté tourné vers l'ex-Franche-Comté qui est industrielle, et un côté tourné vers l'ouest de la région avec les départements de l'Yonne, la Nièvre et l'ouest de la Côte-d'Or qui font partie de ce qu'on appelle "la diagonale du vide" avec une zone rurale prononcée et une densité de population très faible », constate Christophe Basso, directeur régional adjoint de l'Insee Bourgogne-Franche-Comté. Malgré la fusion des deux régions en 2015, elle reste l'une des plus petites régions de France. Avec 58 habitants par kilomètre carré, elle est la région la moins dense de France (après la Corse), et aussi la troisième région française la moins peuplée de France. Avec environ 255.000 habitants, Dijon Métropole décroche le titre de « plus petite capitale régionale française » (après Ajaccio).
La Bourgogne-Franche-Comté est soumise à l'influence des puissants bassins économiques alentours, qui exercent une véritable force centrifuge sur les franges de la région. En 2018, 60.000 habitants de la région la quittaient tous les jours pour aller travailler ailleurs. Plus de la moitié de ces « navetteurs », habitant principalement dans le Haut-Jura ou la région de Belfort, sont employés en Suisse « pour alimenter l'industrie horlogère et le secteur de la santé », précise Christophe Basso. Leur nombre était évalué à 37.500 par l'Insee, en 2019. Près de 10.000 habitants de la région sénonaise travaillent en Île-de-France. Et environ 5.500 résidents du secteur de Mâcon travaillent dans la région lyonnaise.
Activités présentielles et non présentielles
En Bourgogne-Franche-Comté, la pauvreté est moins marquée qu'ailleurs. C'est la quatrième région où le taux est le plus faible, juste derrière Auvergne-Rhône-Alpes. « La corrélation, c'est le taux de chômage qui moins élevé, soit 1,5 point inférieur à la moyenne nationale. Ceci est lié à deux éléments : une activité économique dans certains secteurs uniquement, et le manque de travail », explique Christophe Basso. Pour lui, il existe deux types d'emplois : soit en activité présentielle, soit en non présentielle. L'activité présentielle est en lien direct avec la présence d'habitants sur le territoire (coiffeur, boulangerie, service à la personne...). Plus la population baisse, moins cette activité peut être développée.