Le départ de Philippe Camus, symbole du renouvellement des générations chez Lagardère
latribune.fr (avec AFP)
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Un "choix personnel". C'est ainsi que le groupe Lagardère a qualifié la décision de Philippe Camus de quitter fin juin et après trente-deux ans de maison l'entreprise dont il était l'un des piliers historiques. Philippe Camus était notamment l'un des cinq gérants de Lagardère, une fonction particulièrement importante dans la mesure où le groupe de médias est organisé selon le régime, rare mais protecteur, de la commandite par actions. Le dirigeant, âgé de 63 ans, "a souhaité une nouvelle vie" après une trentaine d'années "de bons et loyaux services chez Lagardère", a déclaré à l'AFP le porte-parole du groupe, Ramzi Khiroun. Quant à son éventuel remplacement, "aucune décision n'a été prise pour le moment", selon le groupe. Ce dirigeant historique, proche de Jean-Luc Lagardère, veut désormais se consacrer à ses activités de "business angel" (investisseur dans les jeunes sociétés) aux Etats-Unis", a précisé Ramzi Khiroun sans autre commentaire.
Un départ "assez logique"
Philippe Camus, "qui passait beaucoup de temps aux Etats-Unis, semblait déjà avoir pris du champ avec la montée en puissance de co-gérants comme Dominique d'Hinnin, Pierre Leroy ou Thierry Funck-Bretano", tous recrutés par Arnaud Lagardère", a expliqué un analyse à l'AFP. "Ce départ est assez logique pour quelqu'un qui n'était plus très présent dans le gestion opérationnelle du groupe", selon un autre spécialiste du secteur.
L'annonce du départ de Philippe Camus n'a d'ailleurs pas eu d'impact sur l'évolution du cours du titre à la Bourse de Paris où il suivait la tendance générale d'un marché qui a cloturé en baisse de 2,2%, en affichant un recul quasi équivalent de 2,7% à 19,74 euros.
L'artisan du sauvetage du groupe en 1992
Né le 28 juin 1948, cet agrégé de physiques a fait ses classes à l'Ecole Normale Supérieure avant de débuter sa carrière à la Caisse des dépôts et consignations, dans la gestion financière. En 1982, il rejoint la direction générale de Matra, ancêtre de Lagardère, alors spécialisé dans l'armement. Il en prend les commandes onze ans plus tard, tout en présidant son comité financier.
Co-gérant du groupe depuis 1998, Philippe Camus sera l'artisan du sauvetage du groupe en 1992, en imaginant la fusion des activités de défense de Matra avec les médias du groupe Hachette (presse, édition et audiovisuel). Puis il secondera le fondateur de Largardère dans le montage financier d'EADS, leader européen de l'aéronautique de la défense et de l'espace, né en 2000 de la fusion du français Aerospatiale-Matra, de l'allemand Dasa et de l'espagnol Casa. Il en devient co-président exécutif en 2000 avant de devoir céder son siège à Noël Forgeard en 2005.
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Fort de son expertise financière et internationale, et plus particulièrement d'une connaissance fine des Etats-Unis et des nouvelles technologies, il se voit confier en octobre 2008, la présidence du groupe franco-américain de télécommunications Alcatel-Lucent, où il a succédé à Serge Tchuruk. Philippe Camus était déjà bien ancré aux Etats-Unis où il conseille depuis 2006 Evercore, une banque d'affaires basée à New York.
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