Le limogeage de Steve Jobs d'Apple en 1985 : la version enrichie

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Steve Jobs, le co-créateur d'Apple, a quitté le groupe en 1985 avant d'en redevenir le dirigeant en 1997 / Reuters.
Steve Jobs, le co-créateur d'Apple, a quitté le groupe en 1985 avant d'en redevenir le dirigeant en 1997 / Reuters.
John Sculley, l'ancien dirigeant d'Apple est revenu, lors d'une conférence à Bali, jeudi 5 septembre, sur les raisons du départ de Steve Jobs en 1985. Cette année-là, le co-créateur d'Apple avait été licencié par son conseil d'administration. John Sculley avait alors pris sa place.

Ce sont peut-être l'âge ou la récente sortie du biopic sur Steve Jobs qui lui ont délié la langue. Ou les deux... Jeudi 5 septembre, quelques jours avant la sortie du nouvel iPhone d'Apple, présenté mardi aux États-Unis, John Sculley, l'ancien PDG de la firme à la pomme est revenu pour la première fois dans le détail sur le limogeage de Steve Jobs en 1985.

  >> Lire aussi: Ce qu'il faut savoir sur l'iPhone 5C et 5S...

Le sexagénaire avait été débauché par Steve Jobs, en 1983, alors qu'il dirigeait Pepsi-Cola. Un recrutement dont l'histoire et le cinéma ont retenu cette petite phrase: "Vous comptez vendre de l'eau sucrée toute votre vie ou vous voulez changer le monde avec moi ?", lui avait alors demandé le jeune prodige de l'informatique. Les deux hommes sont ensuite devenus amis, puis ennemis, lorsque John Sculley assiste au limogeage de Steve Jobs par le conseil d'administration d'Apple en 1985. Il prend alors sa place à la tête du groupe, avant d'être remercié à son tour en 1993.

"Si tu fais ça, on risque de faire couler l'entreprise"

Intervenant devant quelques 400 chefs d'entreprises parmi les plus puissants du monde à la "Forbes Global CEO Conference" de Bali en Indonésie, John Sculley a tout simplement répondu à une question posée par une personne de l'assistance, qui l'interrogeait à ce sujet. L'homme d'affaires de 74 ans est d'abord revenu sur le contexte du limogeage, retranscrit par le magazine Forbes. A l'époque, la seconde génération de Mac, le Macintosh Office, fait un flop commercial. Il était "ridicule", "victime d'une trop grande ambition", raconte John Sculley. Pour relancer les ventes, Steve Jobs veut en rabaisser le prix: "Je lui ai dit: "Steve, ça ne va rien changer. La raison pour laquelle il ne se vend pas n'a rien à voir avec son prix ou avec sa promotion. Si tu fais ça, on risque de faire couler l'entreprise". Il n'était pas du tout d'accord avec moi. Je lui ai alors dit: "Bien, je vais en parler au conseil d'administration" et il m'a dit: "Tu n'en es pas capable", je lui ai dit: "Regarde-moi"".

>> (Re)voir la publicité pour le Macintosh Office diffusée en 1985:

"Je crois qu'ils auraient pu trouver une solution pour nous garder ensemble"

Le conseil d'administration lui donnera raison. "Il n'était pas un bon dirigeant à cette époque", note John Sculley, qui revient également sur sa propre incompétence: "Qu'est ce qui se serait passé si ça n'avait pas fini comme cela? Je n'avais pas assez d'expérience à ce moment là pour vraiment comprendre à quel point c'était différent de diriger une entreprise qui lance une industrie que de diriger une entreprise qui n'est qu'un compétiteur dans une industrie, et où vous ne pouvez pas faire d'erreur, parce que si vous perdez, vous êtes fini".

Il a également évoqué son amertume vis-à-vis du conseil d'administration. "J'en veux vraiment au conseil d'administration. Parce que je pense qu'il comprenait le fonctionnement d'Apple avant que je n'arrive, il comprenait Steve. Il savait quelle expérience j'avais et celle que je n'avais pas. Et je crois vraiment qu'ils auraient pu trouver une solution pour nous garder ensemble, parce que nous étions très bons amis".

"Une grave erreur"

Son plus grand regret? N'avoir pas réembauché Steve Jobs lorsqu'il était encore à la tête d'Apple. "Je ne l'ai pas fait, ça a été une grave erreur. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je n'ai pas eu la sagesse de le faire."

>> (Re)voir la bande-annonce du film Jobs, sorti le 21 août 2013:

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Commentaires
a écrit le 17/09/2013 à 9:25 :
Avec une telle technologie ne pouvez vous pas rendre inutilisables les portables lor d'un vol ? À moins que ça vous arrange que la victime se voit de racheter un portable ça éviterai des agressions pour si peu
a écrit le 16/09/2013 à 12:42 :
meme les géants trébuchent un jour , il a pu appliquer ces idées et concepts , d'ailleurs le next était pas si génial que cela vu les ventes .. mais son retour a pu lui donner un réel départ , internet était balbutiant et il a compris très vite qu'apple pouvait avoir des pions d'avance sur son concurrent direct il a su exploiter les failles des windows et donc proposer un produit mieux conçu pour l'internet , la téléphonie idem il a observé les débuts avant de s'engager , en fait il apprenait de ses échecs meme si parfois il était tellement convaincu de ses dogmes qu'il a trébuché , mais a son retour il a su apprendre et s'adapter et cela lui a donné a apple un nouveau souffle .. mais depuis son décès je crains que l'entreprise soit géré que par des gestionnaires ( comme sony et d'autres ) le risque que l'entreprise patine est réel car l'innovation peut surgir a tout moment d'une petite idée qui permet un bond de géant ..
a écrit le 11/09/2013 à 18:36 :
Steve Jobs n'a pas crée Pixar, c'est Geoges Lucas himself le créateur de Pixar, Jobs l'a racheté et lui a donné son envolé !
a écrit le 11/09/2013 à 16:41 :
si Jobs était resté à la tête de l'entreprise. Mais l'homme, qui n'a rien d'un génie, a quand même tiré des leçons de ses échecs comme celui de Next qui sans le rachat par Apple aurait aussi disparu.
Réponse de le 11/09/2013 à 17:53 :
RIen d'un génie non. Pendant ses 10 ans d'absence à la tête d'Apple, il a juste créé les studios d'animation Pixar. Et sa vision vous en faîtes quoi? Je n'étais pas un fan particulier, mais après avoir lu sa biographie, on prend la mesure de la stature du visionnaire fabuleux qu'il était.

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