Un banquier au Trésor : nouvel exemple d’une pratique répandue

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La nomination attendue d'un grand banquier à la tête de la Direction de Trésor n'est qu'un exemple de plus des liens étroits entre ces deux mondes
La nomination attendue d'un grand banquier à la tête de la Direction de Trésor n'est qu'un exemple de plus des liens étroits entre ces deux mondes (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Considéré comme le numéro deux de BNP Paribas, François Villeroy de Galhau est annoncé à la direction du Trésor par Le Monde et Le Canard Enchainé. Un nouvel exemple des liens étroits entre les banques et l’administration.

Pour mener à bien la réforme fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault, le directeur général de BNP Paribas François Villeroy de Galhau va être nommé directeur du Trésor à la place de Ramon Fernandez, selon Le Monde, qui confirme ainsi des informations avancées par le Canard Enchainé.

Un nouvel exemple d'une spécificité bien française où banques, administration et cabinets politiques ont toujours fait bon ménage. Souvent énarques et/ou inspecteurs des finances, ils sont nombreux à effectuer la navette entre ces trois mondes étroitement liées.
Ci-dessous les derniers transferts les plus marquants :

François Villeroy de Galhau, BNP Paribas
Si l'information du Monde et du Canard Enchainé se confirme, le numéro deux de BNP Paribas reviendra en quelque sorte à ses premiers amours : entre 1993 et 1996, il avait en effet exercé diverses responsabilités à la direction du Trésor (1993-96), avant de prendre la direction du cabinet du ministre de l'Economie Dominique Strauss-Kahn entre 1997 et 1999, et de Christian Sautter, qui avait pris sa suite à Bercy.
En 2003, Il rentre dans la banque BNP Paribas en devenant PDG de Cetelem avant de gravir les échelons jusqu'à la direction générale du groupe.

Xavier Musca, Crédit Agricole
Directeur du Trésor à partir de 2004, cet inspecteur des finances quitte son poste début 2009 pour rejoindre Nicolas Sarkozy et devenir secrétaire général adjoint de la présidence de la République française, en charge des Affaires économiques. Le 27 février 2011, il devient ensuite secrétaire général de l'Elysée, en remplacement de Claude Guéant.
Après les élections présidentielles de 2012, il entre au Crédit Agricole et en devient le directeur général délégué, en charge de la Banque de proximité à l'International, de la Gestion d'actifs et des Assurances.

Gilles Briatta, Société Générale
Peu connu du grand public, Gilles Briatta est secrétaire général adjoint à la Société Générale, pour laquelle il joue un rôle de lobbyiste très actif. Avant d'arriver dans la banque, en novembre 2011, cet ancien conseiller technique de Michel Barnier était le conseiller Europe de François Fillon à Matignon.

Marguerite Bérard-Andrieu, BPCE
Ancienne élève de l'ENA et inspectrice des finances, Marguerite Bérard-Andrieu a été de 2007 à 2010, conseiller technique puis conseiller à la présidence de la République, chargée des questions d'emploi et de protection sociale. Elle dirige ensuite, de novembre 2010 à mai 2012, le cabinet du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand. Elle est désormais membre du comité de direction générale de la banque BPCE (Banques-Populaires Caisses d'Epargne).

Nicolas Namias, Matignon.
Nommé conseiller technique auprès de Jean-Marc Ayrault au Financement de l'économie, entreprises et affaires économiques internationales, cet ancien énarque occupait auparavant des fonctions de direction au sein du groupe bancaire BPCE. Il est également passé à la direction générale du Trésor.

Emmanuel Macron, Elysée.
Rocardien et proche de François Hollande depuis plusieurs années, cet énarque de 35 ans était lors de la campagne présidentielle encore banquier chez Rothschild. Il est aujourd'hui le "Monsieur Economie" du président de la République en qualité de secrétaire général adjoint de l'Élysée.

François Pérol, BPCE
Patron depuis 2009 du groupe bancaire BPCE, qui possède la banque d'investissement Natixis, François Pérol fut, comme Emmanuel Macron, secrétaire général adjoint de l'Elysée -mais sous Nicolas Sarkozy- et membre de la banque Rothschild & Cie. Au début des années 2000, il a également été sous-directeur du financement et développement des entreprises à la direction du Trésor.

Ariane Obolensky, Fédération bancaire française
L'influente directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF) depuis octobre 2003 était au début des années 1990 à la direction du Trésor, notamment en tant que chef du service des affaires internationales. Elle est également une ancienne élève de l'ENA.

Frédéric Oudéa, Société Générale
Énarque, polytechnicien et inspecteur des finances, le patron de la Société Générale Frédéric Oudéa se sera lui contenté d'un bref passage en 1993 au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et de la Communication, chargé notamment des questions sociales. Ce, avant de rentrer en 1995 dans le groupe bancaire et d'en prendre la direction 14 ans plus tard en lieu et place de Daniel Bouton.

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Commentaires
a écrit le 21/11/2013 à 15:26 :
Avant de nommer des banquiers ce sont d'abord des énarques. Rien n'a changé.
a écrit le 21/11/2013 à 11:30 :
Tu m'étonnes qu'on ne s'en sorte pas! Jamais je ne confierais mon budget à un banquier, c'est la banqueroute assurée...
a écrit le 21/11/2013 à 10:42 :
Ok partons sur le principe que l'on cherche la compétence la où elle se trouve mais pourquoi sont-ce toujours des énarques et autres grands corps qui sont allés pantoufler dans le privé qui sont les élus ? Aux US, les dirigeants font des choix de carrières plus linéaires et quand faute il y a, ils passent à la caisse (voir JPMorgan) et ne sont pas recyclés dans une entité parapublique pour revenir tout blanc quelques années plus tard (cf Peyrelevade). Quand quelques banques françaises auront été effectivement poursuivies et non pas renflouées par les contribuables sans contre-parties réelles, les transferts de personnes public-privé-public paraîtront moins comme du copinage à la française ...
a écrit le 21/11/2013 à 0:46 :
encore un exemple de notre alignement sur les pratiques qu'imposent les financiers et les US. A quand un seul pays?
Réponse de le 21/11/2013 à 8:28 :
Imposent vous ne manquez pas d'air
a écrit le 20/11/2013 à 21:19 :
Les conflits d'intérêt. Il est là le problème en France. L'intérêt général, public qui disparaît au profit de l'intérêt privé. Le capital rapporte beaucoup plus que le travail. La fiscalité de classe qui voient les grandes boites voler l'état et pas qu'un peu. Ils sont là les problèmes de la France. Pas l'euro, pas l'UE, pas la mondialisation, pas les immigrés, pas les vieux, pas la droite, pas la gauche, la liste des postures identitaires de certains est sans fin. Une solution ? La citoyenneté et sa traduction dans les actes qui affirment que la démocratie est les contre-pouvoirs. La transparence, la tolérance zéro vis-à-vis des criminels en col blanc.
Réponse de le 20/11/2013 à 21:34 :
Rien a ajouter...tout est dit !
a écrit le 20/11/2013 à 18:06 :
Un banquier au trésor, c'est comme un escroc à l'intérieur...
Le pompier pyromane...
a écrit le 20/11/2013 à 16:22 :
Moi je n'y vois qu'une relation entre gens du metier .Qu'un banquier arrive au Tresor est la chose la plus normale qui soit et decoproquement .
Réponse de le 20/11/2013 à 16:50 :
Si vous ne voyez pas de problème, vous pouvez mettre un racketteur à la direction des finances, car il en connaît un rayon pour taxer le quidam...
a écrit le 20/11/2013 à 16:11 :
Madame lagarde expliquait que c'était grâce au banquiers eux même que l'on avait résorbé..... la crise de 2008......... amusant non?.......ou... pathétique......

en fait, tous ces gens partticipent de l'oligarchie... qui dirige notre pays depuis des lustres, pour les résultats que l'on sait............ notre ancien Président étant devenu, lui.... non pas banquier mais...attitré.... porte parole.... de... Goldman Sachs.... auprès des décideurs publics et privé.... rien de moins.......
Réponse de le 20/11/2013 à 16:24 :
Bien sur que c'est l'oligarchie qui dirige le pays !Qui peut le diriger ,les cancres ,les nuls !Allez vous nier que ces gens là ont des niveaux que vous n'avez pas ,que vous n'aurez jamais ......
Réponse de le 21/11/2013 à 9:31 :
Il y a deux problèmes dans votre propos.
Tout d'abord, il est tout à fait possible qu'un membre de l'oligarchie soit un "cancre", ou du moins ne remplisse par exemple pas de façon convenable la mission de régulation qui lui est attribuée par le biais de la direction du Trésor.
Ensuite, il y a de nombreux citoyens qui atteignent des "niveaux" extrêmement élevés, mais dans d'autres domaines que la finance et la magouille y relative... ; il n'y a pas que les "cancres, les nuls" d'un côté, et l'"oligarchie" de l'autre. Ce raisonnement binaire est détestable à plusieurs titres.
Le seul "niveau" dont on soit sûr à propos de l'"Oligarchie", c'est le niveau de corruption morale, qui atteint des records stratosphériques....
a écrit le 20/11/2013 à 14:03 :
Il est beaucoup plus naturel de voir des banquiers au Trésor qu'un prof d'allemand Premier ministre.
Réponse de le 20/11/2013 à 14:16 :
Sur !!!! Surtout quand ils sont dirigeant s des établissements qui pendant des années ont favorisé l'évasion fiscale et donc ont coûté des centaines de milliards d'euros au budget de la France. Et il doit réformer le Trésor, on est pas sorti de l'auberge comme disaient les anciens...
Réponse de le 20/11/2013 à 16:29 :
Si l'état français était aussi bien géré que les grandes banques de ce pays, nous n'aurions pas de soucis pour l'avenir. La France peut meme se flatter d'avoir les banques qui ont le mieux traverser la crise et commis le moins d'erreurs dans la période récente à l'exception il est vrai de Dexia mais dont l'Etat était largement actionnaire.
Réponse de le 20/11/2013 à 16:46 :
La plupart des grandes banques de ce pays ne doivent leur existence actuelle que grâce aux prêts et autres garanties accordés par notre État "mal géré" au moment de la crise de 2008. Nos banques sont partie prenante de l'explosion du shadow banking (74 000 milliards de dollars échangés depuis le début de l'année !!! ) le jour ou cette nouvelle bulle va nous péter à la g...., nous profiterons à plein des qualités de gestionnaires de nos amis banquiers.
a écrit le 20/11/2013 à 13:14 :
pourtant Hollande a un seul ennemi : la finance !
Réponse de le 20/11/2013 à 16:10 :
Pile poil!
a écrit le 20/11/2013 à 12:49 :
De l'indépendance du pouvoir politique, et de ses décisions en matière économique en particulier...
Réponse de le 20/11/2013 à 13:02 :
la France agit sur le même modelé que les américains

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