Baudouin Prot, le leader d'une génération, jette l'éponge

Après plus de 10 ans à la tête d'une des plus grosses banques françaises, Baudouin Prot va quitter ses fonctions. BNP Paribas a annoncé son départ le 26 septembre, à l'issue d'un conseil d'administration. Il cèdera le 1er décembre les rênes de la banque à son conseiller Jean Lemierre. Retour sur sa carrière de directeur général, puis PDG de la BNP Paribas.
Mathias Thépot
Depuis la fin 2011, période à laquelle il prend la présidence du groupe, il est notamment revenu à Baudouin Prot la tâche d'entretenir les liens avec les régulateurs, les autorités européennes, les grands clients et les actionnaires.
Depuis la fin 2011, période à laquelle il prend la présidence du groupe, il est notamment revenu à Baudouin Prot la tâche d'entretenir les liens avec les régulateurs, les autorités européennes, les grands clients et les actionnaires. (Crédits : Reuters)

A 63 ans, dont plus de trente passés dans la maisonBaudouin Prot aura connu toutes les étapes de l'expansion. Diplômé d'HEC et de l'ENA, il entre à la BNP en 1983 après quelques années au ministère de l'Industrie, très vite repéré par Michel Pébereau, en quête, alors, de quadras prometteurs. Durant ces dix premières années, il s'attaque à quelques gros dossiers comme la modernisation du réseau. Lorsque Pébereau organise la privatisation de la banque en 1993, Prot apparaît clairement comme le leader de la nouvelle génération. Rôle qu'il aura à coeur de tenir face à un mentor qui a très vite décidé d'en faire son poulain.

Parmi les étapes mémorables de son parcours, il se souvient de « l'une des plus grandes batailles boursières françaises », en 1999, qui a conduit à la fusion de BNP avec Paribas. En 2003, il concentre ses efforts sur un autre chantier de grande envergure : le sauvetage d'Alstom. Avant de se pencher en 2005 sur un dossier tout aussi épineux : le règlement du litige entre les actionnaires familiaux des Galeries Lafayette.

Une stature européenne

Une de ses premières actions marquantes en tant que directeur général, poste qu'il occupe à partir de 2003, restera l'acquisition de la banque italienne BNL au printemps 2006. Avec le rachat de Fortis, en pleine crise financière, une nouvelle étape est franchie. Par trois fois, il sera repoussé par les Belges, par trois fois il reviendra à l'assaut avant d'avoir finalement gain de cause. Grâce à cette opération longue, conclue après sept mois de négociations, saluée par toute la profession, Baudouin Prot conquiert une stature européenne.

Il a ensuite dû gérer l'amorce de la phase de décroissance du groupe après, notamment, la crise de financements en dollars de l'été 2011. Même s'il laissera la mise en œuvre des mesures douloureuses - il préfèrait dire « la transformation » du groupe- à Jean-Laurent Bonnafé et son nouveau comité exécutif. Depuis la fin 2011, période à laquelle il prend la présidence du groupe, il est notamment revenu à Baudouin Prot la tâche d'entretenir les liens avec les régulateurs, les autorités européennes, les grands clients et les actionnaires.


Depuis quelques mois, il se murmurait qu'il avait pris du recul sur ses fonctions: selon certains proches de la banque, l'affaire du contournement de l'embargo américain contre l'Iran, le Soudan et Cuba par BNP Paribas Suisse n'y serait pas étrangère.

Mathias Thépot

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Commentaires 16
à écrit le 28/09/2014 à 1:15
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Dans un interview, il disait que sa banque avait très peu d'activité dans les paradis fiscaux. Il rectifiait ensuite par " nous n'avons pas d'activité dans les paradis fiscaux". Effectivement, il avait une éponge pour nettoyer ses bourdes.

à écrit le 27/09/2014 à 22:47
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baudoin prot ne jette pas l'eponge il est vire c'est completement different mais avec quel pactol??????on le saura peut etre jamais ,je ne pense pas qu'il aura des problemes de fin de mois!!!!!!

à écrit le 27/09/2014 à 15:44
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une mise au placard,qui confirme que cette banque n'est pas pour le petit porteur.

à écrit le 27/09/2014 à 11:30
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C'est ballot ; cette éponge aurait pu encore servir...

à écrit le 27/09/2014 à 10:38
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Article bien complaisant pour un monsieur qui laisse autant de casseroles à son ex-employeur...

à écrit le 25/09/2014 à 9:54
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Prot est l'anti libéral, laissant derrière lui la spoliation des actionnaires Fortis opérée avec l'appui des états belges et français, puis, les doigts dans le pôt de confiture, c'est l'amende record américaine. BNPP, une banque à forte participation...

à écrit le 25/09/2014 à 9:52
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Lors de différent interviews j'ai toujours cet homme pédant imbu de sa personne et se défilant devant les questions embarrassantes comme lors de la question d'un journaliste sur l'impact des subprimes sur le résultat a défaut de courage il a envoyé s...

le 27/09/2014 à 13:45
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Je me souviens de Mr Prot à l'automne 2009, prétendant publiquement devant un parterre de financiers (atterrés, et qui n'en croyaient pas un mot) qu'il y avait zéro trading pour compte propre à BNP-Paribas. Et foudroyant du regard l'impudent qui avai...

à écrit le 25/09/2014 à 8:36
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Malgré tout le respect qu'on peut avoir pour ce monsieur, on ne peut s'empêcher de penser qu'il est victime du système qu'il a promu et développé toute sa vie : la banque universelle, qui mélange allègrement deux genres incompatibles : banque de déta...

à écrit le 24/09/2014 à 21:23
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Courage fuyons. Dommage d'arrêter aussi rapidement une carrière aussi exemplaire. 63 ans c'est encore jeune pour un banquier.

à écrit le 24/09/2014 à 20:33
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6,6 Milliards d'amende dans l'affaire de l'embargo US et il s'en va la tête haute, avec ses stock-options et sa retraite chapeau sans que personne ne lui demande de comptes? C'est odieux.

à écrit le 24/09/2014 à 19:35
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Baudoin Prot a été très vite repéré par René Thomas, président de BNP de 1982 à 1993.

à écrit le 24/09/2014 à 16:53
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On va pouvoir lui faire un procès pour lui demander 6 milliards de dommages et intérêts ? Non parce que l'on m'avait dit que dans ce pays, la justice était la même pour tous. C'est bien comme cela que l'on a traité Kerviel non ?

le 25/09/2014 à 13:23
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Que l'on vous ait menti..

à écrit le 24/09/2014 à 15:52
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Heureusement que je suis plus jeune... Tu parles d'un leader. Si c'est ce qu'ils sont devenus en 68, autant l'avoir évité.

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