Matières premières : le Congrès américain accuse trois banques de manipulation des prix

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JP Morgan a rappelé avoir cédé, en mars dernier, son unité de commerce de matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux) au groupe de négoce suisse Mercuria Energy pour 3,5 milliards de dollars.
JP Morgan a rappelé avoir cédé, en mars dernier, son unité de commerce de matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux) au groupe de négoce suisse Mercuria Energy pour 3,5 milliards de dollars. (Crédits : reuters.com)
Selon un rapport d'une commission sénatoriale rendu public mercredi, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley profiteraient de leurs activités dans le marché des matières premières physiques pour exercer une concurrence déloyale vis-à-vis d'autres acteurs, voire pour influencer les prix.

Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley sur la sellette. Le Congrès américain a accusé ces trois banques, dans un rapport rendu public mercredi 19 novembre, d'avoir "potentiellement" manipulé les prix des matières premières, au détriment des industriels et des consommateurs.

Mélange de genres

"Depuis 2008, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley sont engagées dans plusieurs milliards de dollars d'activités concernant les matières premières physiques, en contrôlant ou en étant propriétaires de vastes stocks" de brut, de gaz naturel, d'aluminium, d'uranium entre autres, lit-on dans la synthèse du document.

Ces banques sont notamment, selon l'enquête d'une commission sénatoriale, propriétaires d'entrepôts de stockage, de centrales électriques, de mines de charbon et de sites de gaz naturel et d'oléoducs.

Concurrence déloyale et manipulation des prix

Or ce mélange de genres entre leur métier de banquier et le commerce engendre une concurrence déloyale face aux industriels et autres acteurs non bancaires:

Il "leur permet de bénéficier de coûts d'emprunts bas contrairement aux autres intervenants", fustigent les sénateurs.

Ils accusent d'ailleurs les trois fleurons de Wall Street de s'être servis de leur position pour "manipuler ou influencer les prix des matières premières".

"L"implication massive de Wall Street dans les matières premières physiques met notre économie (...) et l'intégrité de nos marchés à risque", regrette le sénateur Carl Levin, cité dans le document.

En conclusion, les sénateurs plaident pour un désengagement des banques du courtage des matières premières.

"Il est temps de restaurer la séparation entre la banque et le commerce et d'empêcher Wall Street d'utiliser des informations confidentielles à son avantage et au détriment de l'industrie et des consommateurs", insiste Carl Levin.

Les responsables des trois banques seront entendus par le Sénat jeudi et vendredi.

Un désengagement déjà entamé

Les premières réactions des trois grands établissements de Wall Street n'ont toutefois pas tardé.

Goldman Sachs, qui a des actifs dans l'uranium, l'aluminium et le charbon, faisait valoir dans un argumentaire transmis à l'AFP mercredi les bienfaits du rôle "d'intermédiaire" sur le marché physique des matières premières: "producteurs et consommateurs comptent sur les marchés financiers pour se protéger contre des mouvements imprévus de ces prix", affirmait la banque, tout en niant nie toute influence sur les prix et les stocks dans ses activités d'aluminium.

JPMorgan rappelait mercredi que la banque a déjà cédé une grande partie de ses activités dans ce marché: notamment, en mars dernier, son unité de commerce de matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux) a été acquise par le groupe de négoce suisse Mercuria Energy pour 3,5 milliards de dollars. Morgan Stanley a pour sa part vendu il y a un an sa division de courtage pétrolier au géant russe du pétrole Rosneft.

Une class action en cours

Il y a plus d'un an, un fabricant américain de poutres en aluminium, Superior Extrusion, a lancé une action en nom collectif (class action) visant Goldman Sachs et le London Metal Exchange (LME), les accusant de "comportements anticoncurrentiels et monopolistiques dans le marché du stockage d'aluminium".

Le régulateur des matières premières et produits dérivés, la CFTC, a ouvert une enquête élargie à JPMorgan, Morgan Stanley et le courtier en matières premières Glencore Xstrata.

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Commentaires
a écrit le 20/11/2014 à 16:29 :
Les gouvernements sont responsables puisqu'en cas de problèmes ils leur prètent de l'argent en faisant les gros yeux, ho il y a bien eu quelques "lampistes" qui ont été démissionnés mais les vrais responsables ne sont jamais inquiété alors que c'est le bagne pour 20 ans qui aurait du sanctionner les directions pour toutes ces escroqueries.
a écrit le 20/11/2014 à 11:46 :
A cette liste ne pas oublier de rajouter les manipulations sur le marché de l'or et de l'argent, encore plus colossales.
Réponse de le 20/11/2014 à 11:54 :
C'est vrai Toto, sauf que dans le cas de l'or et de l'argent c'est la FED qui demande à ces banques de manipuler les taux.
a écrit le 20/11/2014 à 11:43 :
Nos députés pourraient prendre quelques leçons quant au relationnel avec le monde des affaires. Ne pas avoir trop d'assauts amourachés des caisses électorales nous les rendraient plus politique.
a écrit le 20/11/2014 à 10:33 :
Manipulation de cours de tout ce qui traîne, bonds, monnaie, matières premières, action, dérivés avec toujours les mêmes mains comme la main occulte de la mafia. Sanctionné des clopinettes là ou dans un réel système démocratique l' on devrait fermé ses boites et mettre sous les verrous les dirigeants.. c' est de plus en plus la fin d' un système, quand il n' existe plus de rêgle, que tout par à veau l' eau, que l' autorité se fait complice, la morale en berne, la décadence l' emporte, l' effondrement complet du bouzin sous son propre poids. Cela ne vous rappelle rien ? l' effondrement de l' empire romain d' occident bien sur. allez nous le verrons de notre vivant. Nous sommes au premières loges, prenons un bon fauteuil, un paquet de cacahouétes et assistons au spectacle.
a écrit le 20/11/2014 à 9:06 :
c'est toujours l'action individuelle, suivie d'une class action qui paie, aux US et aujourd'hui chez nous en Europe ou en France (on l'a vu avec une action individuelle contre Google qui a du s'exécuter grâce à un citoyen espagnol qui est allé devant la Cour de Justice européenne). Les banquiers et financiers notamment étrangers et notamment anglo-saxons ou anglo-américains font encore la loi chez nous, ils dictent nos lois, car l'Europe est peuplée de politicards qui ne servent à rien et qui sont pour bon nombre d'entre eux achetés d'une façon ou d'une autre ou des nullités de 1er ordre avérées.
Réponse de le 20/11/2014 à 9:13 :
vous y aller fort... si vous pensez que les banques ou les assureurs français et européen sont des agneaux vous êtes naîf.
Réponse de le 20/11/2014 à 17:10 :
Mais les banquiers français et les assureurs comme vous dites, ils en profitent d'un côté le lobby anglo saxon de l'autre Noyer la passoire.

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