Affaire Kerviel vs Société Générale : Bercy sous pression

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Bercy a publié le communiqué suivant :  Michel Sapin, ministre de l'Economie et des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics, [...] ont demandé à l'Administration fiscale d'examiner les conséquences de cet arrêt sur la situation fiscale de la Société Générale concernant les résultats de l'exercice de l'année 2008 et de préserver intégralement les intérêts de l'Etat.
Bercy a publié le communiqué suivant : "Michel Sapin, ministre de l'Economie et des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics, [...] ont demandé à l'Administration fiscale d'examiner les conséquences de cet arrêt sur la situation fiscale de la Société Générale concernant les résultats de l'exercice de l'année 2008 et de préserver intégralement les intérêts de l'Etat." (Crédits : Reuters)
Chaque camp s'est montré satisfait vendredi de l'arrêt de la cour d'appel qui a drastiquement réduit les dommages et intérêts dus par l'ex-trader de 4,9 milliards à 1 million d'euros. Mais Bercy a demandé un réexamen des 2,2 milliards de crédit d'impôt octroyés à la banque.

La cour d'appel de Versailles a rendu ce vendredi un arrêt en forme de Jugement de Salomon, empreint de sagesse, dans l'affaire Kerviel contre Société Générale. Se prononçant sur le volet civil, c'est-à-dire le montant des dommages et intérêts, elle n'a ni confirmé les 4,9 milliards d'euros auxquels avait été condamné Jérôme Kerviel en première instance et en appel, ni ne les a ramenés à zéro comme l'avait requis l'avocat général, ou à un euro symbolique. Mais elle les a réduits à un million d'euros, estimant que

« les carences dans l'organisation et les dispositifs de contrôle et de sécurité de la banque [...] avaient un caractère fautif au plan civil [...] limitant le droit à indemnisation de la Société Générale. »

Les deux camps se sont montrés satisfaits à la sortie de l'audience en délibéré, expédiée en cinq minutes. Pourtant, Jérôme Kerviel n'est pas innocenté et se retrouve avec une facture salée qu'il ne peut plus balayer d'un revers de main pour motif d'absurdité; quant à la banque, Bercy a demandé quelques heures après l'audience un réexamen de sa situation fiscale.

Arrêt cour appel Versailles Kerviel

[Extrait de l'arrêt de la cour d'appel de Versailles rendu vendredi]

"Une sanction humaine"

Me Jean Veil, l'avocat de la Société Générale, a réagi, tout sourire :

« C'est une très bonne décision, une sanction humaine. C'est un montant compréhensible pour l'opinion publique, quelque chose qui peut être payé. Le jugement a été pris en fonction de ses capacités [à Jérôme Kerviel] à rembourser. »

Les conseils de la banque se félicitaient que Jérôme Kerviel ait été débouté de sa demande d'expertise de la perte et qu'il doive payer ses frais de justice. "C'est la pire des décisions pour lui, il va pourvoir dans l'heure !" avançaient-ils en sortant de la salle d'audience.

Pourtant, Me David Koubbi, le conseil de Jérôme Kerviel, s'est aussi déclaré :

« particulièrement satisfait du jugement. La quasi-totalité des dommages et intérêts viennent de voler en éclats : 1 million d'euros, ce n'est plus le même dossier, c'est 0,02% de la somme ! »

Il s'est dit, avec son client, "à la disposition de Michel Sapin" pour que le ministère des Finances récupère "les 2 milliards d'argent public que la Société Générale a siphonnés", en référence aux 2,197 milliards de crédit d'impôt dont elle a bénéficié en déduction de sa perte.

Le "cadeau fiscal", sujet éminemment politique

Ce sujet éminemment politique est revenu sur le devant de la scène ces derniers jours. Julien Bayou, élu EELV, a présenté jeudi un essai intitulé "Kerviel : une affaire d'Etat, 2 milliards pour la société en général" dans lequel il réclame que la banque rembourse ce "cadeau fiscal". A l'audience, Jérôme Kerviel était soutenu par des représentants du Front de Gauche, dont Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, qui exige également que la Société Générale rende l'argent.

La banque s'est empressée d'affirmer, péremptoire, dans un communiqué vers 16h :

"Cette décision est sans effet sur la situation fiscale de la Société Générale".

Quelques minutes plus tard, Bercy a publié un communiqué laissant entendre le contraire :

"Michel Sapin, ministre de l'Economie et des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics, [...] ont demandé à l'Administration fiscale d'examiner les conséquences de cet arrêt sur la situation fiscale de la Société Générale concernant les résultats de l'exercice de l'année 2008 et de préserver intégralement les intérêts de l'Etat.

Ils rappellent que les banques constituent des acteurs ayant des missions essentielles en matière économique et qu'ils sont déterminés à faire en sorte qu'elles respectent loyalement et strictement toutes les obligations spécifiques qui encadrent leurs activités et leurs règles de fonctionnement."

"Partiellement responsable"

 Si Jérôme Kerviel est "partiellement responsable", la Société Générale a sa part de responsabilité. L'arrêt de la cour la détaille dans une dizaine de pages :

"les multiples carences mises en évidence par le rapport Green et par la Commission bancaire prouvent que la Société Générale a laissé se développer un système déficient qui a permis la conception et la réalisation des infractions commises par Jérôme Kerviel".

"Dès lors, si les fautes pénales commises par Jérôme Kerviel ont directement concuru à la production du dommage subi par la Société Générale, les fautes multiples commises par la banque ont eu un rôle majeur et déterminant dans le processus causal à l'origine de la constitution du très important préjudice qui en a résulté pour elle".

Pour autant, la cour d'appel ne va pas aussi loin que la théorie du complot de la défense de Jérôme Kerviel : elle a rejeté "l'argumentation selon laquelle son employeur connaissait ses agissements et l'a sciemment laissé poursuivre".

"Au surplus, devant la cour, Jérôme Kerviel a été incapable d'expliquer pourquoi la Société Générale aurait été l'instigatrice de ces prises de position qui lui faisaient courir des risques insensés [50 milliards d'euros engagés, très au-delà des 31 milliards de fonds propres de la banque, ndlr], pourquoi lui-même aurait été choisi pour conduire cette opération mortifère, et pourquoi il aurait tout fait, jusqu'à la dernière limite pour dissimuler ses agissements avec un tel luxe de procédés frauduleux."

Intentionnalité et risques sur l'économie

L'arrêt semble acter que la banque ne savait pas et confirme la perte de 6,3 milliards d'euros, ce qui écarte la notion d'intentionnalité. Cependant, quelques phrases sibyllines de la décision donnent matière à interprétation. Par exemple :

"le fait que la banque aurait connu voire favorisé ses agissements ne ferait en tout état de cause pas perdre à ceux-ci leur caractère illicite et ferait seulement de Jérôme Kerviel le complice de la Société Générale".

Autre argumentaire qui pourrait être utilisé par Bercy pour justifier un redressement fiscal :

"[...] un tel préjudice n'aurait pas pu être atteint sans le caractère éminemment lacunaire des systèmes de contrôle de la Société Générale, qui ont généré un degré de vulnérabilité élevé."

"Cette organisation défaillante et cette accumulation de manquements en matière de sécurité et de surveillance des risques, qui pré-existait aux faits, d'une part a permis la commission des délits et retardé leur détection, d'autre part a eu un rôle causal essentiel dans la survenance et le développement du préjudice jusqu'à un seuil critique.

C'est ainsi qu'a pu se créer une situation en tout point exceptionnelle, à la fois par l'ampleur du dommage et par les risques qu'elle a fait peser sur l'ensemble de l'économie".

Une formulation qui fait écho aux notions de "respect des missions essentielles en matière économique" des banques soulignées dans le communiqué de Bercy.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2016 à 19:23 :
Kerviel à obtenu 450 000 euros d'indemnité des prud'hommes pour licenciement sans cause ni réelle et sérieuse et par la suite, il est condamné par la cour d'appel a verser a son ancien employeur 1 million de dommages et intérêts. Il n'y aurait pas une certaine contradiction entre ces deux jugements? Si la banque obtient un dédommagement, c'est que son licenciement n'est pas sans cause sérieuse.
Réponse de le 26/09/2016 à 3:58 :
Pour moi les jugements ne sont pas contradictoires.
Les prud'hommes ont jugé sur la faute lourde reprochée (licenciement) par l'employeur (avec perte de congés payé, et de préavis etc ...) et de la mise sur la place publique d'un employé (donc réparation et dédommagement en conséquence car le tribunal n'accepte pas ce licenciement : un employé peut faire une faute sans être licencié surtout si c'est la première faute). Une faute lourde c'est quand on cogne sur son patron physiquement.
a écrit le 25/09/2016 à 18:56 :
2,2 milliards c'est les deux tiers du coût de construction (sans les aeronefs) d'un second porte avion nucléaire qui nous fait cruellement défaut quand le CDG reste presque deux ans en opérations de maintenance tous les quatre ans! Les portes avions comme pas mal de choses, cela marche par paire! Mme Royal qui affirmait que trois milliards sont bien plus utiles à l'éducation nationale qu'à la construction d'un porte avions nous avait fait sans doute l'une des plus belles démonstrations de démagogie populiste dont nos politiques sont capables.
a écrit le 25/09/2016 à 17:04 :
Ce ne sera pas la première fois ni hélas la dernière qu'une erreur de gestion entraîne une perte fiscalement déductible pour une entreprise. De plus je ne suis pas fiscaliste mais cette déduction remonte à l'exercice 2008, d'où prescription?
a écrit le 25/09/2016 à 12:48 :
Oui bien sur la SG n a rien des positions pris par son teneur, le trésorier et le back n ont pas vu les appel de marge, le contrôle pas vu les lettres de garanties des OTC.
a écrit le 25/09/2016 à 2:55 :
Il est déjà surprenant que la Société Général ait bénéficié d'un crédit d'impôts de 2,197 milliards d'euros (chiffre à vérifier car il y a un carry back sur la base des bénéfices des années précédentes et donc un montant maximal pour le crédit d'impôt) alors que Kerviel était supposé lui rembourser cette somme. La SG ne pouvait donc pas prétendre à la fois demander cette somme et bénéficier d'un crédit d'impôts pour pertes qu'elle réclamait à Kerviel ! Ensuite les 2 sont condamnés pour faute clairement retenue par le tribunal. Dès lors il est doublement étonnant que la Société Générale puisse déclarer une perte alors qu'elle est en faute et condamnée par la justice. Ce n'est pas une perte liée à la crise ou à la chute d'un marché, c'est une perte pour abus spéculatif et faute retenue par un tribunal. Autant dire que si chaque banque à chaque fois qu'elle abuse dans ses spéculations hasardeuses bénéficie d'un crédit d'impôts pour compenser ses pertes, les français qui sont déjà plus que sollicités quand une banque est en faillite, une assurance-vie en difficulté etc et qui a du refinancer les banques à la suite de 2008 n'ont plus qu'à fermer boutique !
Réponse de le 25/09/2016 à 9:39 :
La faute pour abus spéculatif est celle de Kerviel pas de la Sociéte Genérale. Toutes les banques spéculent, tous les commerçants du monde spéculent : ils achètent moins cher pour revendre plus cher...
La faute de la société générale est d'avoir été laxiste dans ses mécanismes de contrôles de ses employés. Pour ce qui concerne Kerviel, il a truandé les contrôles sous l’œil bienveillant de sa hiérarchie.
Si la société générale par rapport au code des impôts pouvait bénéficier d'un crédit (sur les impôts de la société générale et pas un crédit sur l'argent publique !!!) compte tenu de ce dysfonctionnement ça ne me choque pas. Si maintenant vous pensez que l'état n’aurait pas du le faire sous prétexte que la société générale allait toucher 4.5 M de KErviel vous me faite vraiment rire par votre hypocrisie ... au même titre que votre analyse qui consisterait à dire que l'état en 2010 avec la crise des banques n'aurait pas du utiliser cette possibilité pour soutenir légalement vis à vis de la communauté européenne et mondiale une banque déstabilisée financièrement par l'affaire KErviel et par la crise de 2008.
Vous avez bien un raisonnement de type PS : spolier par l'impôt même si le malade doit faire faillite avec ses 130.000 employés ... Avec des raisonnements comme ça la France ne progresse pas mais décline..
a écrit le 24/09/2016 à 12:54 :
il y a une notion fondamentale en droit fiscale : c'est la liberté de gestion. En d'autre terme l'état ne peut s’immiscer dans la manière dont est gérée l'entreprise. Le résultat fiscal est donc déterminer en fonction de l'activité normale de l'entreprise.
Y a-t-il détournement de fonds ? à priori non dans cet affaire. Les opérations réalisées sont-elles illicites ? à priori non sauf qu'il est démontré que le salarié a agit au delà des directives de son employeur et causé des pertes (tout comme il aurait pu causé des bénéficies)
Si ce salarié permet à la société de réaliser des bénéfices l'état les taxera....alors pourquoi se demander si l'état doit revenir sur la perte constater il y a quelques années ?
Non ! donc encore une fois son éminence SAPIN se trompe, le résultat fiscal de 2008 ne pourra pas être repris car la charge liée aux agissements de kerviel est bien déductible du résultat fiscal.
Un contrôle fiscal sur un exercice fiscal prescrit ne peut donc se faire d'autant plus que les 3 derniers exercices fiscaux de la sté générale ne font état de report déficitaire antérieur (tous sont bénéficiaires)
Le seul recours de l'état sera donc la sanction disciplinaire concernant l'agrément bancaire accordé à la banque, mais je vois mal l'état retirer l'agrément bancaire à la société générale, l'amende disciplinaire parait donc la seule voie envisageable
Réponse de le 26/09/2016 à 21:49 :
En principe l'état ne taxe que sur les bénéfice réalisés en comptabilité fiscale.
Toutes les charges ne sont pas éligibles.
Donc si le fisc décrète que les charges liès à la perte Kerviel ne sont pas éligibles, la SG a fait 4,5M de bénéfices supplémentaires.
Cela arrive souvent pour des provisions de ´dépréciations qui ne sont pas sur le même temps entre la comptabilité de l'entreprise et la comptabilité fiscale.
D'oû des résultats fiscaux à réconcilier avec les résultats (Ex IFRS) qui font les joies des comptables dans les liasses de fin d'année. (C'est une subvention d'état aux fabricants d'anti-migraineux)
a écrit le 24/09/2016 à 10:50 :
c'est absurde ,quand bien même la perte serait liée à une erreur de gestion de la part de la banque ,elle reste une perte qui affecte le benefice et donc l'assiette de l'IR . De fait bon nombre des pertes enregistrées par les entreprises trouvent tout ou partie de leur origine dans des erreurs de gestion ,des insuffisances (sauf à demontrer qu'elles sont volontairement contraires aux lois et reglements ),considerer que de ce fait elle ne constituent plus des pertes en matiére fiscal serait un boulversement majeur et lourd de consequence !
Une amende correspond à une autre approche car elle sanctionne normalement un acte de gestion delictueux et volontaire dont la collectivité ne saurait assumer la co-responsabilité par le biais d'une reduction fiscale
a écrit le 24/09/2016 à 10:44 :
Sapin, rien dans les mains, rien dans les poches, tout sous le menton.
Pauvre France.
a écrit le 24/09/2016 à 10:05 :
Lu ailleurs
"4,9 milliards € : c’est la somme que la Société Générale dit avoir perdu sur les marchés financiers en 2008 à cause de son trader Jérôme Kerviel. Pourtant, à la même période, la banque a aussi récupéré 2,2 milliards € du fisc français. Ce qui, sur le papier, est tout à fait légal. En effet la loi permet à une entreprise qui subit une perte exceptionnelle de déduire de ses impôts une partie de l’argent perdu. Mais cette déduction n’est possible que si les contrôles internes de l’entreprise n’ont pas failli. Or, justement, la Société Générale a été condamnée pour défaut de surveillance par la Commission bancaire."
--> bon bref, ce nouveau jugement confirme la possibilité au Fisc Français de (« ne pas ») faire une ristourne de 2.2 milliards d'€ (comment a été évalué cette somme mystère ...) car il confirme le défaut de contrôle interne de la banque.
On se retrouve un peu dans le même type de configuration que pour l'affaire Tapie-Lagarde crédit Lyonnais. Tout est possible même son contraire, c'est bien sûr extrêmement politique. Le pragmatisme dirait on va de l'avant, c'est du passé mais Mr Hollande allias Mon ennemis c'est la finance disait en octobre 2010,
"On apprend que finalement la Société Générale va se faire rembourser. Comment admettre que lorsqu’une banque fait une erreur, ce soit le contribuable qui paye ?"
Alors comme Mr Hollande est redevenu de gauche et va bientôt annoncé sa candidature il pourrait bien remettre ça sur la table (d'autant que c'est arrivé sous le régime de Sarkozy I...).
Pour ma part je reste pragmatique, nos banques Françaises (et d’autres européennes) sont attaqués depuis les années 2010 suite aux dysfonctionnement de la zone Euro et la crise des dettes souveraines. Ne rajoutons pas de l’huile sur une des banques qui est le plus attaqué (au niveau boursier) la Société Générale (ou sinon c’est un peu se tirer une balle dans la tête …).
a écrit le 24/09/2016 à 9:22 :
Je vois que 2Md permet de se payer des "influenceurs", déjà à l'oeuvre dans les commentaires de cet article... mdr
Réponse de le 24/09/2016 à 10:30 :
@Francky : faux , je suis un citoyen. Je m'intéresse à la société générale et aux banques Françaises en général qui font travailler de nombreux salariés (je ne suis pas à la société générale ..). Quand à Bh vous devriez bien lire ses propos si la suppression des prud'hommes est excessif (Kerviel avait été condamné injustement pour faute lourde ....., une faute lourde en général c'est quand vous cognez votre employeur..) le reste de son argumentation se tient.
a écrit le 24/09/2016 à 8:50 :
Une polémique ridicule, néfaste pour le climat des entreprises: allons-nous taxer les entreprises en fonction de la qualité des décisions qu'elles auront prises? M.Sapin montre, simplement au premier sens du terme, qu'il est conscient que la seule possibilité qu'il lui reste pour boucher les trous de la baignoire percée du financement public est la chasse aux entreprises: amendes, taxes à l'optimisation fiscale, etc.. course éperdue qui trouvera sa fin et renforce le caractère délétère et non concurrentiel de la France..la seule chose certaine est que les actionnaires auront perdu l'équivalent de 6 euros par titre de par la folie d'un petit gars de fac en mal de reconnaissance devant des X et des centraliens, que sa hiérarchie directe qui lui avait fait confiance et a effectivement failli dans son contrôle a perdu son travail, que 130 000 personnes auraient pu perdre le leur. Et la justice aura montré dans son exigence de ne pas commettre d'impair qu'il faut 8 ans pour qu'un préjudice évident ne soit pas compensé, même pas dans l'esprit, et que les prud'hommes doivent être supprimés, car trop important pour être confié à des syndicalistes suffisamment argent pour infirmer des décisions de cour d'appel..un pays qui a perdu son Etat de Droit, une population prête à suivre n'importe quel Robin des Bois (la finance est son ennemie) et des médias dans une incapacité maladive, COUPABLE, à expliquer les décisions finalement basée sur la raison de nos juridictions: je ne vous dis pas Merci!
a écrit le 24/09/2016 à 8:48 :
beaucoup de bruit pour rien les tribunaux sont suffisamment encombres pour ne pas en rajouter l'affaire est jugée depuis le temps que cela dure c'est comme l'affaire Tapis cela occupe le devant de la scene et encombre les tribunaux pendant ce temps on ne pense pas a la dette et on a l'impression que l'etat fait quelque chose que d'argent perdu .....
a écrit le 23/09/2016 à 21:13 :
Comprends pas... ce jugement ne change rien à la perte qu'a subi la Générale du fait deas agissements de Kerviel... donc à l'impôt non dû qui en résulte. Que Sapin arrête d'amuser la galerie et de prendre les français pour des demeurés : le fisc ne récupérera rien.
Réponse de le 24/09/2016 à 0:30 :
Le jugement reconfirme la responsabilité de Kerviel (ça reste le premier responsable tout de même) et affirme la responsabilité (ou défaillance de la société générale). La perte de la société générale est la (6 milliards) donc le crédit d'impôts de 2M ne parait pas tout à fait anormal compte tenu de la secousse qu'a subit cette banque (elle en est pas tout à fait remis d'ailleurs, son cours de bourse est en proportion plus bas que la BNP). Maintenant si certains veulent se faire une banque au principe que mon ennemis c'est la finance dans le climat boursier difficile des banques, n'hésitez pas ça fera fuir un peu plus les investisseurs de la place parisienne.
Réponse de le 24/09/2016 à 9:08 :
@nantes44 : vous confirmez ce que je pense : l'état ne récupérera rien fiscalement, les propos de Sapin c'est de la pure comm destinée à faire croire aux gogos qu'il s'attaque aux méchants banquiers... alors qu'au contraire il faudrait remercier les banques françaises d'avoir toujours été plutôt bien gérées (à l'exception de la parapublique Dexia et du Lyonnais du temps où il était nationalisé) et donc de n'avoir nécessité, lors de la crise de 2008, qu'un sauvetage "léger" qui finalement a laissé un petit bénéfice à l'état. Ce n'est pas les banques et la finance qui sont responsables de la crise et de sa persistance en France, mais bien les choix économiques et sociaux faits depuis 35 ans (et plus généralement un colbertisme devenu totalement anachronique).
Réponse de le 24/09/2016 à 10:23 :
@Bruno_bd: je pense aussi que le fisc ne récupérera rien parce qu'en France, il est clair que certains sont plus égaux que d'autres. Sur le fonds, je pense que la SG n'a pas enregistré une perte, mais un manque à gagner, car si mes souvenirs sont exacts, la SG a quand même déclaré des bénéfices cette année là. Si c'est bien un manque à gagner, le crédit d'impôts ne se justifiait pas et techniquement la SG devrait rembourser ce qu'elle a indûment touché, mais on revient alors à ta conclusion fort juste :-)
Réponse de le 30/09/2016 à 17:42 :
@Patrickb : l'impôt sur les sociétés a pour assiette le bénéfice et non le CA. Imaginons que hors "perte Kerviel" la SG aurait récolté 6 milliards de bénéfice, son IS à 33% aurait été de 2 milliards. Avec la "perte Kerviel", si elle n'a dégagé que 500 millions de bénefice, son IS est tombé à 170 millions (c'est l'assiette de l'IS sur les seuls bénéfices qui explique que le rendement de celui-ci est sujet à de très fortes variations conjoncturelles, contrairement à la TVA ou l'IRPP; quand les entreprises ne dégagent pas de bénéfice, le rendement de l'IS tombe à 0... c'est ça qui explique les fortes réductions des déficits publics quand la croissance, donc les bénefs des entreprises, sont forts, et les niveaux abyssaux du déficit en l'absence de croissance. La France a fait le choix dangereux de faire trop reposer son budget sur l'IS plutôt que sur d'autres rentrées plus stables comme l'IRPP ou la TVA). Ce dont a bénéficié la SG est simplement une quasi disparition de son IS liée à la quasi disparition de son bénéfice l'année de la fraude, et non d'un "crédit d'impôt" généreusement octroyé par l'état. En aucun cas la responsabilité de la bonne ou mauvaise gestion de l'entreprise ne peut êter mise en cause dans le calcul de son IS. La situation serait différente évidemment si la SG en avait profité pour dissimuler au fisc une partie de son bénéfice réel, mais ça, ce serait une fraude fiscale caractérisée.
a écrit le 23/09/2016 à 19:18 :
Enfin un peu de bon sens dans cette affaire. Et le bon sens commande aussi que le crédit d'impôt résultant de la perte à laquelle la banque concouru par ses propres fautes soit revu à due concurrence.
Réponse de le 24/09/2016 à 1:28 :
exactement. La SG doit payer l'IS sur les benefices qu'elle n'a pas realises. Et les profs doivent payer l'impot sur le revenu sur les revenus qu'ils auraient eu s'ils etaient alles dans le prives. Pareil pour les medecins qui font de l'humanitaire alors qu'ils auraient pu aller en clinique. Il n'y a pas de raison que l'etat (donc nous) perde de l'argent parce qu'ils ne gagnent pas autant qu'ils auraient du.
Réponse de le 24/09/2016 à 8:57 :
@Marie (la réponse n'est pas pour bruno_bd erreur) Le jugement reconfirme la responsabilité de Kerviel (ça reste le premier responsable tout de même) et affirme la responsabilité (ou défaillance de la société générale). La perte de la société générale est la (6 milliards) donc le crédit d'impôts de 2M ne parait pas tout à fait anormal compte tenu de la secousse qu'a subit cette banque (elle en est pas tout à fait remis d'ailleurs, son cours de bourse est en proportion plus bas que la BNP). Maintenant si certains veulent se faire une banque au principe que mon ennemis c'est la finance dans le climat boursier difficile des banques, n'hésitez pas ça fera fuir un peu plus les investisseurs de la place parisienne.
a écrit le 23/09/2016 à 19:08 :
Ca suffit maintenant, assez... Voilà un jugement pour une fois nuancé alors avançons maintenant vers le futur et cessons de dépenser les deniers publics en d'inintéressantes polémiques....Ne remettons pas toujours en cause toutes les décisions prises, il y en a tant à prendre pour avancer

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