Assurance santé : Obama veut enrayer la vague de fusions-acquisitions

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Le secteur de l'assurance a connu une série de fusions acquisitions aux Etats-Unis depuis la mise en place de la réforme du système de santé Obamacare.
Le secteur de l'assurance a connu une série de fusions acquisitions aux Etats-Unis depuis la mise en place de la réforme du système de santé Obamacare. (Crédits : YURI GRIPAS)
Le ministère de la Justice américain craint que la concentration de plusieurs gros assureurs santé mette à mal la concurrence et désavantage les assurés. Il tente de bloquer les fusions Cigna-Anthem (54,2 milliards de dollars) et Humana-Aetna (37 milliards de dollars).

Publié 20/07/2016 à 14:41. Mis à jour le 21/07/2016 à 16:41.

Va-t-on assister à de nouveaux échecs dans les grands projets de fusions-acquisitions aux Etats-Unis ? Le ministère de la Justice américain (DoJ) a déposé des recours pour tenter de bloquer deux méga-fusions dans le secteur de l'assurance-santé aux Etats-Unis, jeudi. Le DoJ, qui n'a pas les moyens de bloquer seul ces types de transactions, a déposé des plaintes anti-trust.

Elles concernent deux transactions annoncées en 2015. La première est le projet de rachat du groupe américain Humana par son rival Aetna (37 milliards de dollars). La seconde est l'acquisition de Cigna par Anthem pour 54,2 milliards de dollars. De telles transactions porteraient à trois le nombre de poids lourds de l'assurance aux Etats-Unis, contre cinq auparavant, rapporte CNBC.  Les deux nouveaux géants représenteraient un tiers du marché de l'assurance santé aux Etats-Unis, ajoute le média. Et Cigna-Anthem deviendrait le numéro un du secteur avec près de 53 millions d'adhérents.

L'administration craint que ces fusions-acquisitions nuisent à la concurrence et au consommateur, qui pourrait se retrouver avec des assurances plus chères, avec un poids renforcé des assureurs, rappelle le Wall Street Journal.

Les assureurs inquiets des entraves à leurs projets de fusions

Les quatre assureurs s'inquiètent eux aussi quant à l'aboutissement de leur fusion. Les sociétés Aetna et Humana mènent une campagne pour convaincre les autorités et l'opinion publique. Elles assurent, s'appuyant sur les propos de Josh Wright ancien professeur de droit, que la fusion peut même être avantageuse pour le consommateur. Dans un communiqué intitulé "Ne croyez pas les critiques, la fusion va bénéficier aux consommateurs", les sociétés promettent qu'elle entrainera des investissements plus importants dans les technologies et un meilleur suivi des assurés.

Le 6 mai, Cigna estimait quant à lui que son rachat ne serait pas bouclé avant 2017, ralenti par la complexité des processus auprès des autorités de régulation.

La concentration pour mieux négocier le prix des médicaments

L'administration Obama combat un effet pourtant attendu de la réforme Obamacare. Celle-ci pousse les assureurs à grossir pour peser plus dans des négociations commerciales sur le prix des médicaments et pour mutualiser leurs dépenses en recherche et développement.

Le secteur de l'assurance a connu une série de fusions-acquisitions aux Etats-Unis depuis la mise en place de la réforme du système de santé Obamacare.

L'administration Obama prête à bloquer certaines fusions

L'administration Obama semble s'impliquer de plus en plus dans les fusions-acquisitions et a ainsi bloqué plusieurs projets ces derniers mois.

En 2015, les deux premiers câblo-opérateurs américains Comcast et Time Warner Cable avaient renoncé à s'unir face aux réticences des régulateurs. Ce dernier était également convoité par Patrick Drahi. En avril, le trésor américain avait mis en échec la fusion annoncée entre le géant pharmaceutique Pfizer et Allergan pour 160 milliards de dollars. Pour éviter cette transaction, avec laquelle Pfizer espérait pouvoir délocaliser son siège social dans un pays où la taxation est plus faible qu'aux Etats-Unis, les régulateurs américains ont mis en place des restrictions pour faire en sorte que le projet de fusion n'ait plus d'intérêt fiscal suffisant pour Pfizer.

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Commentaires
a écrit le 21/07/2016 à 14:53 :
II/ On l'a vu, il n'est pas possible d'interdire à une société d'élargir son spectre d'activité en s'adjoignant une branche différente mais complémentaire. Cela ne fausse pas la concurrence. Dans les "healths" cela revient à organiser un groupe au développement aussi bien horizontal que vertical, ratissant toute activité santé/soin/prévoyance et connexes pour des milliards d'individus et à les relier par ce biais au moyen de réseaux. Plus généralement pour comprendre où se situe le tableau des entreprises américaines il faut savoir que le pays a été chargé jusqu'en 2004 de tirer la charrette caucasienne (occidentale élargie) en vue du regroupement des deux entités : formation de UE dans un premier temps ainsi qu'un ALENA élargi, puis fusion de ces deux ensembles en une seule entité. De cette mission ancienne résultent, ce que nous avons perçu comme telle, une supériorité américaine et des entreprises en feux d'artifice pour servir d'exemple. Ainsi existent dans ce pays légion d'entreprises importantes ayant grossi en exerçant la même activité. Leur exemple ayant été suivi elles sont dépassées désormais par les meilleures sociétés européennes et bien entendu du reste du monde mais surtout de la Chine. La mission ancienne terminée, vient donc le temps des regroupements. C'est ce cycle que l'on fait semblant de ne plus savoir stopper. Mais il dépend en réalité du plus gros joueur, la Chine : tant que ce pays augmentera sa blinde, les autres seront obligés de suivre. La seule solution serait d'établir une autorité mondiale limitant les entreprises par exemple à tel chiffre d'affaire donné, par rapport aux potentiels du marché correspondant, parmi les 66 secteurs existants. Or, les accords commerciaux secrets accompagnant l'ouverture de la Chine, lui laissent la bride sur le cou pendant encore 14 longues années. C'est théoriquement seulement après ce délai qu'un accord nouveau pourra être envisagé. C'est pourquoi il faut parler de cette question souvent et dès à présent ... car la Chine aussi rencontre d'énormes problèmes d'emploi. Une bonne raison pour tenter de limiter la casse.
a écrit le 21/07/2016 à 14:22 :
I/ Il n'est plus possible d'interdire la fusion des "healths" américaines. En effet celles ayant déjà eut lieu ont formé des géants que les suiveurs ne peuvent contenir que par leur propre fusion. Aetna et Anthem (qui sont déjà le résultat de multiples fusions) pourront donc acquérir leurs cibles, sauf à se voir infliger un préjudice considérable qui demanderait une indemnisation conséquente pour cette raison. Il est à noter que le tableau de concentration est pratiquement totalement réalisé, à l'exception de quelques petites entreprises du secteur en faillite dont la reprise serait plus un acte de charité qu'une intention économique. Ensuite vient la question de l'aménagement total ou partiel des portefeuilles, peuvent-ils être vendus en provoquant une encore plus grosse concentration ? [sachant que l'on navigue pour chacun des acteurs entre 100 et 200 milliards de dollars de chiffre d'affaire]. Il en est de même dans le secteur des grossistes en pharma qui tutoient les 200 milliards de chiffre, ou encore les stores qui atteignent aussi des sommets et dont la concentration est en cours, mais aussi pour les matériels qui voient deux grands acteurs en train de s'établir à plus de 30 milliards de chiffre. [Siemens health ou même GE health ne font que 14 ou 17 milliards dans ce secteur]. Inutile de dire comme je l'ai souvent évoqué sur ce fil que ces acteurs arrivés au sommet vont ensuite élargir leur réponse par des fusions parallèles aboutissant à de véritables monstres qui mettront en cause toute l'assurance et certainement les autres géants installés comme Apple. A titre de comparatif Ford et GE sont aux environs de 150 milliards de chiffre d'affaire avec une valorisation souvent moindre que certains healths. La porte d'entrée de la santé vers le IT est gigantesque et se répand sur tous les secteurs y compris par exemple l'alimentation. Obama réagit donc avec un retard certain, voulu ou pas. La razzia des géants sur l'économie américaine des "petites" sociétés (plus de 1 milliard de chiffre) ne fait que commencer.
a écrit le 20/07/2016 à 15:56 :
Déjà que les assureurs ont tendance à ne pas trop se faire de tord en matière de concurrence il est évident qu'avec seulement trois géants pour tous les états unis les prix grimperaient sous une forme ou sous une autre.

Par contre elles affirment que c'est donc pour peser sur l'achat des médicaments, alors que si elles s'associaient simplement dans ce domaine il est évident qu'aucune institution publique ne dirait quoi que ce soit, donc elles peuvent déjà le faire mais ne le font pas, c'est bel et bien une réponse hypocrite mais elle affirment également que c'est pour mutualiser les dépenses en recherche et développement mais quelle est donc cette activité particulièrement surprenante en ce qui concerne des compagnies d'assurances ?

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