Le chiffre d'affaires de l'assurance a stagné en 2016

Dans un contexte jugé difficile, le chiffre d'affaires de la profession en France est resté quasiment stable. L'assurance vie baisse, la branche dommages connaît une faible progression. En revanche, l'activité progresse plus vite du côté de la complémentaire santé. Les comptes des assureurs ont été affectés par les inondations
Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance
Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance (Crédits : copyright Seignette Lafontan)

La résilience du secteur de l'assurance est bien connue. Les sociétés dégagent, pour la plupart, des marges importantes, même quand la conjoncture devient difficile. Mais l'effet négatif d'une croissance économique faible peut se faire sentir sur le secteur avec retard. Ainsi, le chiffre d'affaires global de la profession (sociétés d'assurance, hors mutuelles 1945 et Institutions de Prévoyance)  a stagné en France, en 2016, selon les données communiquées ce jeudi, après une hausse de 4,2% en 2015.

"Ce sont des résultats très satisfaisants dans un contexte difficile qui montrent la solidité de notre secteur", a estimé jeudi Bernard Spitz, président de la Fédération française de l'assurance, lors d'une conférence de presse. Le chiffre d'affaires a diminué légèrement en assurance vie, progressé très lentement s'agissant des dommages (auto, habitation, entreprises), uniquement grâce aux particuliers, et augmenté plus sensiblement en santé.

Légère baisse du chiffre d'affaires en assurance vie

En assurance vie, après quatre années consécutives de croissance franche, les dépôts des épargnants sur leurs contrats d'assurance vie ont reculé de 0,6% à 134,7 milliards d'euros tandis que leurs retraits ont atteint 117,9 milliards d'euros, en progression de 5,2%.

Même si la collecte nette s'affiche à 16,8 milliards d'euros, elle ressort en net recul de 29% par rapport à celle de 2015. Les versements sur les fonds en euros, à capital garanti, ont été stables à près de 108 milliards d'euros, à l'instar de ceux sur les supports en unités de compte, plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs, qui ont atteint 27 milliards d'euros comme l'an dernier.

Un rendement de l'assurance vie de 1,6% après inflation

 Cette tendance s'explique par la baisse continue des taux servis sur les fonds en euros, le rendement moyen sur ce segment ayant nettement reculé en 2016 pour atteindre 1,8% en moyenne, contre 2,3% en 2015. Une fois l'inflation déduite, le rendement des contrats en euros est de 1,6% en 2016, contre 2,3% en 2016.  Le rendement moyen des unités de compte a, lui, baissé plus modérément tout en demeurant sensiblement supérieur, passant de 4,1% à 3,9% entre 2015 et 2016.

Au dernier trimestre, "il y a eu notamment une accélération des transactions immobilières, les gens anticipant une prochaine remontée des taux, ce qui explique une hausse des retraits", a expliqué à l'AFP le président de la FFA.

Les indemnisations augmentent plus vite que les recettes

Les deux autres grandes branches de l'assurance sont l'assurance maladie et l'assurance dommages (biens et responsabilité). Pour cette dernière, la profession enregistre une légère hausse du chiffre d'affaires (les cotisations perçues augmentent de 1,5%, contre +2,2% en 2015. Cette progression est due uniquement aux particuliers (+2,3%). Le chiffre d'affaires de l'assurance des entreprises et autres professionnels est, lui stagnant (+0,3%).  La hausse des cotisations encaissées par les assureurs a été sensiblement inférieure à l'augmentation des indemnisations (+7,5%). Une envolée des prestations versées qui tient notamment aux aléas climatiques.

Les inondations les plus coûteuses depuis 1982

Le secteur connu une année marquée par des événements climatiques majeurs qui lui ont coûté 2,3 milliards d'euros, dont 1,3 milliard au titre des inondations survenues en mai et juin dans la région parisienne, le centre et l'est. Jamais, depuis que la statistique existe (1982), les inondations n'avaient coûté aussi cher aux assureurs.

En moyenne, les aléas naturels ( catastrophes naturelles, mais aussi indemnisations liées aux tempêtes, grêle, et à la neige) ont représenté un coût pour l'assurance de 1,8 milliard sur les 8 dernières années. 2016 se situe donc sensiblement au dessus.

Quelque 91% des 172.000 sinistrés enregistrés à la suite de ces intempéries ont été indemnisés, souligne la FFA. Dans le détail, 800 millions d'euros ont été versés aux particuliers, 300 millions aux entreprises et 200 millions pour les récoltes agricoles. Particulièrement touché, le secteur agricole a été indemnisé à hauteur de 820 millions d'euros, un record, suite aux inondations et épisodes de grêle de l'an dernier.

"Il faut que la mutualisation soit mieux assurée et qu'on passe de 25% à 70% des exploitations agricoles assurées", a plaidé le président de la FFA. Pour parvenir à cet objectif, le responsable a appelé au transfert de 500 millions d'euros sur les 9,5 milliards d'euros de subvention de la Politique agricole commune.

13 millions de sinistres

Au total, les assureurs ont indemnisé 13 millions de sinistres l'an passé, les deux tiers d'entre eux étant liés à l'automobile. La hausse des accidents de la route et de la mortalité routière se traduit dans l'assurance par une augmentation annuelle de 4,8% du coût moyen des accidents corporels.

Le coût moyen des accidents matériels a également augmenté du fait de "la sophistication des matériels" automobiles, a souligné M. Spitz. Sur l'année, le coût total de ces accidents matériels dans l'automobile est évalué à 6,8 milliards d'euros. Conséquence: la rentabilité technique des assureurs ressort entamée avec un ratio combiné, soit l'indemnisation des sinistres et frais généraux rapportée aux primes perçues, dans l'automobile de 104 contre 103 l'an dernier. Dans l'habitation, le ratio combiné progresse également de deux points à 97.

Chiffre d'affaires en hausse pour la complémentaire santé

S'agissant de l'assurance maladie, les cotisations perçues sont en hausse sensible, pour les sociétés d'assurance (hors mutuelles et Institutions de prévoyance). La progression atteint 5%, grâce à un gain élevé du côté des contrats collectifs (+15%), logique avec l'entrée en vigueur de la complémentaire santé obligatoire en entreprise (tous les employeurs doivent la proposer à leurs salariés depuis le premier janvier 2016). En revanche, les cotisations liées aux contrats individuels baissent de 4%, ce qui apparaît tout aussi naturel. Selon toute probabilité, les sociétés d'assurance ont encore gagné des parts de marché sur les mutuelles et Institutions de prévoyance, en 2016, le chiffre d'affaires de l'ensemble du secteur des complémentaires santé n'ayant pas augmenté de 5%.

51% des assurés en France sont encore couverts par des contrats individuels, même si cette proportion s'inscrit, bien sûr,  en forte baisse (elle était de 58% en 2013). 49% des bénéficiaires d'une complémentaire santé le sont donc via un contrat collectif, contre 42% en 2013. Le basculement de l'individuel vers le collectif a donc lieu, mais beaucoup plus lentement que prévu.

A cet égard, la FFA estime que 95% des patrons de TPE, très concernées par la complémentaire santé pour tous, offrent désormais une telle assurance à leurs salariés. En décembre, Harmonie Mutuelle, la première mutuelle santé, estimait au contraire que 20% des entreprises ne jouaient pas le jeu...

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Commentaires 4
à écrit le 10/03/2017 à 9:29
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Le taux des assurance ont augmenté suite aux catastrophes naturelles pour l'année 2016. Mais maintenant ce taux va rester à perpétuité chaque année. Et ainsi de suite les assureurs se gavent en prétextant les indemnisations des catastrophes naturelle...

à écrit le 09/03/2017 à 20:24
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Tout le long, on parle du chiffre d'affaire, on a la progression en pourcentage mais jamais les chiffres absolus. Parler de de chiffre d'affaire sans jamais le dénombrer, c'est fort.

à écrit le 09/03/2017 à 18:15
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Une petite augmentation est donc prévue pour compenser cette stagnation, on a l'habitude.....les pigeons sont toujours les mêmes.....

à écrit le 09/03/2017 à 17:11
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Et vu les gros dividendes versés aux actionnaires milliardaires il peut baisser même on n'en pleurera pas promis. Les assurances sans l'Etat gagnerait deux ou trois fois moins vu que ce sont les Etats qui nous imposent de nous assurer et les assu...

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