Banco Popular sauvée de la faillite par Santander pour un euro symbolique

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Ana Botin, la patronne de Santander, est venue à la rescousse de Banco Popular, pour éviter un sauvetage sur fonds publics de la banque espagnole plombée par ses actifs immobiliers toxiques.
Ana Botin, la patronne de Santander, est venue à la rescousse de Banco Popular, pour éviter un sauvetage sur fonds publics de la banque espagnole plombée par ses actifs immobiliers toxiques. (Crédits : Reuters)
La banque espagnole, qui a perdu la moitié de sa valeur en Bourse en une semaine, va être rachetée par sa compatriote, ont annoncé la Commission européenne et la Banque centrale européenne ce mercredi. Santander paiera un euro et va lever 7 milliards d'euros pour renforcer le bilan de Popular.

[Article publié à 09h11, dernière mise à jour à 19h.]

C'est pour le moins inhabituel : ce sont la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne qui viennent d'annoncer ce mercredi matin le rachat de la banque espagnole aux abois Banco Popular par sa compatriote beaucoup plus solide, Santander. Pour un euro symbolique.

"Du fait de sa situation à court de liquidités, la BCE a décrété le 6 juin que Banco Popular était en défaut ou en risque de faillite et l'a notifié au Conseil de résolution unique (CRU). Le Conseil et l'autorité de résolution espagnole ont décidé que la vente était dans l'intérêt du public puisqu'elle protège tous les déposants de Banco Popular et assure la stabilité financière" écrit la BCE dans un communiqué.

Tous les actifs et le capital de Banco Popular, qui avait perdu la moitié de sa valeur boursière en une semaine, ont été transférés ce jour à Santander. Le schéma a été validé par la Commission européenne.

"Ce schéma implique la vente de Banco Popular à Banco Santander, une institution solide" explique la Commission dans son propre communiqué. "Les clients de Banco Popular continueront à être servis sans effet sur l'économie. Tous les épargnants auront un accès ininterrompu à l'intégralité de leurs dépôts. Aucune aide d'Etat ni aide du fonds de résolution unique n'a été fournie et la vente reste soumise à l'examen d'une fusion normale."

Les autorités européennes ne précisent pas ce qu'il adviendra de la montagne de 37 milliards d'euros de créances douteuses, pour l'essentiel immobilières, de Popular.

Santander

[Crédits : Statista.]

Pas d'intervention de l'Etat espagnol

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a salué la résolution :

"C'est une bonne issue pour l'entreprise, étant donnée la situation dans laquelle elle s'était retrouvée ces dernières semaines, qui implique la protection maximale des déposants et la continuité de l'activité" a-t-il estimé dans une déclaration adressée aux médias, soulignant que l'opération était réalisée "sans utilisation de fonds publics et sans que se produise une éventuelle contagion entre risque souverain et bancaire, comme cela est arrivé par le passé. La situation actuelle est très différente de 2012, étant données la bonne santé du secteur financier dans son ensemble et celle de l'économie espagnole en général".

Santander indique dans son propre communiqué qu'elle procédera à une augmentation de capital de 7 milliards d'euros pour financer l'opération qui la hissera au rang de première banque espagnole avec 17 millions de clients, devant CaixaBank. La banque dirigée par Ana Botín précise qu'elle va provisionner 7,9 milliards d'euros afin de couvrir le passif douteux ou irrécouvrable de Popular. L'opération devrait être neutre sur son ratio de fonds propres (CET1) et produire des synergies annuelles de l'ordre de 500 millions d'euros à partir de 2020.

L'action Banco Santander a ouvert en baisse de 3% à la Bourse de Madrid ce mercredi matin avant de se redresser et d'osciller entre rouge et vert: elle a fini en repli de 0,88%. La cotation de l'action Banco Popular est suspendue.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2017 à 17:09 :
ce n'était pas la banque d'affaire Natixis lancée en 2006 par les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires après sa foireuse aventure outre atlantique consécutive au rachat de C.I.F.G. en faillite , en se mettant elle-même en faillite qui avait été rachetée par ces 2 mêmes banques pour 1 euro symbolique ? en remontant loin dans le temps les descendants des souscripteurs des emprunts Russes ont été dédommagés par l'Etat Français a raison de 1 franc symbolique !
a écrit le 07/06/2017 à 17:04 :
Mêmes causes, mêmes effets.

Malheureusement, il n'y a pas de solution miracle.
- Soit on laisse couler, risquant de provoquer un effet domino, une panique des déposants, ou leur faillite.
- Soit on finance sur fonds publics et on transfère la dette à l'ensemble de la population
- Soit on adosse et on crée des banques plus grandes, mais pas obligatoirement plus raisonnables ou plus disciplinées.

De mémoire, pendant la crise de 2008, les USA avaient expérimenté les 3 solutions. Y compris celle de la nationalisation partielle et temporaire et néanmoins provisoire... le temps d'aider les banques à sortir de l'impasse dans laquelle elles s'étaient fourvoyées.
Avec au final la création de mastodontes "Too Big To Fail".

De toute façon, une consolidation du secteur bancaire Européen n'est elle pas nécessaire ? Dans ce cas, ce rapprochement va déjà dans le bon sens.
a écrit le 07/06/2017 à 14:00 :
Vous faites parler Lenglet, lui qui ne connait mème pas le QE, mais qui vagabonde au Bilbenberg !!!!!!

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