Londres et Paris défendent la taxation des bonus bancaires, Berlin va légiférer en 2010

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Réunis à Bruxelles, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown assurent ce vendredi que d'autres pays vont bientôt suivre leur exemple et taxer les bonus des banques. Pourtant les Etats-Unis ne prévoient pas de taxes, selon l'AFP

La taxation des bonus bancaires est en train de devenir la dernière mesure à la mode dans le milieu de la régulation financière. Si le Royaume-Uni, en proposant cette mesure le premier, a d'abord fait figure d'ovni et s'est attiré les foudres de son secteur financier, les autres pays européens, la France en tête, n'ont pas tardé à le suivre.

Désormais, le Premier ministre britannique et le président français font front commun sur le sujet: "on ne peut taxer les bonus que si on les taxe des deux côtés de la Manche", a expliqué Nicolas Sarkozy lors qu'une conférence de presse commune à Bruxelles ce vendredi. "Nous attendons que les autres (pays, ndlr) fassent de même parce que nous sommes dans un monde mondialisé", a-t-il ajouté.

Les deux dirigeants tentent de rallier les autres pays européens à leur cause, en particulier l'Allemagne. Le ministère allemand des Finances a justement indiqué ce vendredi que l'engagement des principales banques du pays à encadrer le versement de bonus à leurs salariés était une mesure transitoire, avant que Berlin ne légifère sur le sujet, au printemps 2010.

La veille, le patron de Deutsche Bank, première banque du pays, avait annoncé la signature par huit grosses banques allemandes et trois compagnies d'assurance d'un accord d'engagement volontaire à respecter dès 2009 les règles sur les bonus définies par le G20 de Pittsburgh, en septembre dernier.
"C'est un signal positif", a déclaré dans un communiqué le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, qui avait lui-même appelé les établissements de crédit à une telle démarche.

Gordon Brown assure que la taxation des bonus est une mesure qui reçoit "un soutien croissant". Il estime que la France et le Royaume-Uni ont "ouvert la voie en essayant de mettre en place un système globale de supervision qui soit applicable par tous les centres financiers mondiaux".

"La taxation des bonus 2009 était légitime"

Pour l'instant, seule Londres a donné des précisions sur sa mesure. Le Royaume-Uni va créer une taxe exceptionnelle sur les primes de banquiers à hauteur de 50%. En France, le projet est un peu moins précis.

Cette taxe s'appliquera pour les banques versant des primes dépassant 25.000 livres (27.500 euros) à leurs salariés d'ici avril prochain. En France, le gouvernement va s'inspirer du modèle britannique. Bercy travaille à un projet permettant de taxer les banques sur la base d'une partie des bonus versés à leurs salariés en 2010 au titre de 2009. Nicolas Sarkozy a préconisé "un impôt exceptionnel assis sur les premiers versées". La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a appuyé les propos du président en estimant que la taxation des bonus 2009 était légitime, étant donnée que les banques ont reçu l'aide financière de l'Etat pendant la crise.

Au-delà de l'Allemagne, le gouvernement britannique a aussi appelé jeudi les vingt-sept membres de l'Union européenne à discuter de la possibilité de taxer les bonus bancaires. Dans une lettre adressée à ses homologues des Vingt-Sept, Gordon Brown écrit que "le rapide retour à la profitabilité de ce secteur, à un moment où les conditions économiques et financières restent difficiles, met en exergue certaines inquiétudes sur ce secteur auxquelles nous devons répondre. Alors que les bénéfices du succès sont accaparés par quelques uns, les coûts de l'échec sont supportés par tous".

Les Etats-Unis ne vont pas suivre ses exemples, d'après l'AFP. Selon une porte-parole du Trésor, Meg Reilly, le gouvernement ne va pas, "pour l'instant", imposer une taxe spéciale sur les bonus bancaires de 2009.

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