La City n'est plus un paradis pour les banquiers

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Les patrons des banques Standard Chartered, RBS, UBS, HSBC ne ménagent pas leurs critiques contre la nouvelle régulation britannique. Les menaces de délocalisation se mutliplient.

La City est en train de se transformer en bureau des pleurs. La saison des résultats annuels des banques, qui s'est terminée mercredi avec Standard Chartered, a été l'occasion pour les banquiers d'exprimer leur frustration contre les autorités britanniques. Lundi, Stuart Gulliver, le directeur général de HSBC, réitérait sa menace voilée de déménager son siège social hors de Londres. S'il "espère" rester dans le centre financier britannique, ses dirigeants doivent faire attention "à ne pas détruire la position concurrentielle de Londres », avertissait-il. Dans une interview à La Tribune, Stephen Hester, le patron de Royal Bank of Scotland, ajoute qu'il « n'est pas gratuit de donner des coups" à sa banque.

Et ce jeudi, le directeur général de UBS, Oswald Grübel, en ajoutait une couche dans une interview au Financial Times : "Le gouvernement est tellement silencieux (envers la City). Ce n'est qu'en privé qu'ils reconnaissent du bout des lèvres vouloir garder la City." Ces attaques font suite à un net durcissement de la régulation à la City. En particulier, une taxe sur les banques - en plus des impôts normaux - a été introduite cette année. Si l'imposition a été introduite en même temps que Paris et Berlin, c'est Londres qui a eu la main la plus lourde. La taxe doit rapporter 3 milliards d'euros au Trésor britannique, cinq fois plus qu'en France. De plus, cet impôt pèse sur l'ensemble du bilan des banques basées à Londres, même si l'essentiel de leur bénéfice vient de l'étranger. "Développer un groupe bancaire multinational au Royaume-Uni représente un coût additionnel", estime Douglas Flint, le président de HSBC.

Les décisions jugées hostiles par la City ont débuté en 2007  

Cette taxe est d'autant plus mal reçue qu'elle fait suite à une longue liste de mesures jugées négative par la City. Il y a d'abord eu, fin 2007, la décision de Gordon Brown d'imposer une taxe minimum de 35.000 euros aux "non-doms", ces riches étrangers qui résident en Grande-Bretagne mais ne déclarent pas l'argent qu'ils gagnent hors du pays. Puis, une nouvelle tranche d'impôts de 50 % a été introduite pour ceux gagnant plus de 175.000 euros par an (contre 40 % auparavant). Cela a provoqué quelques exilés fiscaux, dont Guy Hands, le très connu dirigeant d'un fonds de private equity, qui s'est installé à Guernesey.

À cela s'ajoute enfin la taxe (l'an dernier seulement) de 50 % sur les bonus.Pour autant, les menaces d'exode et de délocalisation ne se concrétisent pas... pour l'instant. John Flint, directeur général de la branche gestion d'actifs de HSBC, dirige 2.200 personnes, dont de nombreux gérants à Londres. "Les constantes attaques contre les banquiers sont fatigantes. Mais en pratique, est-ce que cela signifie que les gens me demandent d'être basés à Zurich, Genève ou Singapour ? Non." Il ajoute qu'il n'est pas impossible que la gestion d'actifs déménage un jour en Asie, mais ce serait uniquement pour être plus proche des clients, pas pour des raisons fiscales. Une équipe de 50 gérants du hedge fund Bluecrest a certes déménagé à Genève l'an dernier par exemple, mais les exemples restent peu nombreux. Londres demeure un centre financier incontournable, même si l'attrait d'autres places, en particliuer asiatiques, se renforce.

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a écrit le 06/03/2011 à 13:15 :
Pour avoir travaille plusieurs années en Asie (dans la finance), je peux vous dire qu'un exode de la City vers l'Asie n'aura pas lieu. Pour la plupart des gens et notamment lorsque l'on gagne déjà beaucoup d'argent comme les banquiers cela ne vaut pas le coup de déménager loin de sa famille dans des cultures si différentes juste pour gagner en taxes. En réalité, il faut même en général convaincre les européens d'aller s'expatrier en Asie et pour ça les entreprises sont prêtes a débourser des somme extravagantes pour leurs expatries. Je touchais 3 fois mon salaire français en Asie. Malgré ça j'ai demande ma mutation vers les USA ou je ne touche plus que 2 fois le salaire français car la vie en Asie est difficile.
L'Asie et de manière plus générale le monde émergeant présente des attraits indéniables en terme de croissance et sa place va grandir naturellement proportionnellement au reste. Les salaires seront sans doute plus élevés qu'en Europe, ce sont donc plutôt les Asiatiques et les Brésiliens qui ne viendront plus en Europe ce qui représente une perte de talents.
a écrit le 05/03/2011 à 10:41 :
pleurons, compatissons, les pauvres et maintenant si on s'occupait des iles anglo normandes?
a écrit le 05/03/2011 à 9:27 :
Le signal est lancé, l'Europe est en déclin et en déliquescence, et cela s'accélère, les impôts sont en inflation, du reste les banques l'ont bien compris, la HSBC a déménagé le siège de sa société en Asie, puis viendra le tour de l'UBS et des autres banques, l'Europe disposera de succursales et les sièges centraux véritables holding des succursales seront en dehors de l'Europe. Cela présage mal pour l'Europe qui est en déficit chronique et plongera sous peu, le domino va bientôt se mettre en place.
Réponse de le 05/03/2011 à 16:34 :
Ah ? Oui peut-être mais en attendant HSBC a toujours son siège à Londres (Canary Wharf) et UBS a son siège depuis toujours en Suisse (Union de Banques Suisses) partagé entre Zurich et Bâle.
Réponse de le 06/03/2011 à 19:28 :
HSBC, qui signifie " The Hongkong and Shanghai Banking Corporation Limited"...
Un magnifique produit de l'expansion britannique en Asie aux 19e et 20e siècle.
Asiatique par définition. Quant à UBS, pas de problème pour elle: les asiatiques viennent en nombre garnir ses coffres. En Suisse.

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