Surcharge en capital : le régulateur bancaire européen répond à JP Morgan

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La proposition d'une surcharge en capital pour les institutions financières d'importance systémique n'est pas anti-américaine et devrait contribuer à réduire le risque de faillite de ces établissements, a réaffirmé ce lundi le président du régulateur bancaire européen, l'EBA.

Le renforcement des mesures de régulation de l'activité des banques dans le cadre de Bâle III agace les institutions financières. Les établissements de taille importante, les SIFIs (pour "Systemically Important Financial Institutions"), devraient en outre se voir imposer une surcharge en capital comprise entre 1% et 2,5% à ajouter au relèvement du ratio de fonds propres durs minimum (Core Tier 1) à 7%. Hors pour certains patrons de grandes banques, c'est un peu la goutte de normes prudentielles qui fait déborder le vase.

Dans un entretien publié par le Financial Times du 12 septembre, le patron de la banque d'affaires américaine JP Morgan, Jamie Dimon, n'avait ainsi pas mâché ses mots en qualifiant "d'anti-américianes" les nouvelles règles de solvabilité bancaire élaborées par le régulateur bancaire mondial. Il avait même estimé que les Etats-Unis devraient envisager de se retirer du Comité de Bâle pour protester contre ces normes.

En réponse à ces propos, le président du régulateur bancaire européen de l'EBA (European Banking Authority), Thomas Huertas, a affimé ce lundi que la proposition de surcharge en capital "n'est pas [une mesure] anti-américaine", mais qu'elle vise plutôt l'ensemble des établissements de grande taille. "Ces institutions représentent une concentration du risque pour les contribuables du monde entier et pour la société, a t-il déclaré lors d'une conférence organisée à Londres. Comme l'a montré Lehman (la banque d'affaires américaines dont la chute en 2008 a provoqué une importante panique bancaire), la faillite d'une seule de ces institutions peut avoir des effets adverses sur les marchés et sur l'ensemble de l'économie. Si les banques veulent vivre dans le marché, elles doivent être en mesure de mourir dans le marché."

Lors de cette même conférence, Thomas Huertas a précisé que l'adoption de cette surcharge en capital pour les SIFIs, dans sa version actuelle, était en bonne voie. Le Comité de Bâle doit en effet rendre sa décision à la fin du mois. Ce sera ensuite au G20 de valider définitivement cette proposition en Novembre prochain. La surcharge s'appliquerait alors à partir de 2018. La liste des SIFIs devrait comprendre vingt-huit banques dont l'activité est à la fois importante en taille, en complexité et en présence à l'international. Parmi les établissements les plus touchés par cette mesure, on trouve par exemple Deutsche Bank et BNP Paribas.

Lors du Fourm Eurofi, organisé la semaine dernière à Wroclaw (Pologne), le president de la Banque centrale européenne (BCE) a également réaffirmé la nécessité de mettre en place un tel dispositif, l'objectif étant de "réduire la probabilité de survenance d?un événement adverse, réduire l?étendue ou l?impact d?une faillite d?une telle banque et réduire le coût pour le secteur public".

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Commentaires
a écrit le 20/09/2011 à 10:35 :
Sortir du modèle de banque universelle, réintroduire le Glass-Steagall Act aux Etats-Unis par ex. soit, séparer les diverses activités bancaires en entités indépendantes, font partie des mesures qui pourraient être menées par les gouvernements pour éviter l'effet "boule de neige" que l'on a connu en 2009.
a écrit le 20/09/2011 à 7:48 :
"les SIFIs (pour "Systemically Important Financial Institutions"), devraient en outre se voir imposer une surcharge en capital comprise entre 1% et 2,5% à ajouter au relèvement du ratio de fonds propres durs minimum (Core Tier 1) à 7%. Hors pour certains patrons de grandes banques, c'est un peu la goutte de normes prudentielles qui fait déborder le vase".

Je me demande si ce n'est pas plutôt une goutte d'eau dans la mer !
Que ce soit pour de bonnes raisons ou simplement à la suite de rumeurs et/ou d'emballements de marchés, quand la confiance vis à vis d'une banque et surtout d'une très grande banque est touchée ce n'est pas 1 ou 2,5 % de fonds propres de plus qui changeront la donne. Pas plus que les testaments qui leur seront demandés pour faciliter leur éventuel éclatement ni que la filialisation des activités de marché prônée par la Commission Wickers au Royaume-Uni.

Il serait grand temps que le G 20 demande que soit étudié un dispositif transnational de traitement des crises de la trentaine des mégabanques dont les activités et les risques dépassent et de beaucoup les possibilités de renflouement de leurs pays d'origine ... surtout actuellement. Ces renflouements devraient bien sûr être accompagnés de mesures drastiques à l'encontre des actionnaires institutionnels qui auraient refusé de participer à ces renflouements.

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