Pierre Moscovici rassure le petit monde de la finance

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Intervenant devant un parterre de banquiers, d'assureurs et d'investisseurs le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a détaillé les orientations du gouvernement en matière financière et tenté de rassurer sur ses intentions. Exemple : le doublement du plafond du Livret A sera mis en place "avec le rythme nécessaire"

Ce mardi au Pavillon d'Armenonville, où l'association Paris Europlace réunissait comme chaque année chefs d'entreprises, banquiers, assureurs, gérants de fonds et avocats, la finance n'était pas "sans visage". A entendre le discours de Pierre Moscovoci, elle n'était pas non plus "l'ennemi" à combattre. Morceaux choisis.

Expliquant que pour retrouver la croissance, il fallait à l'économie un "financement plus solide, plus efficace et plus dynamique" de l'économie, le ministre de l'économie a indiqué : « Nous tiendrons compte des contraintes qui pèsent sur le secteur financier aujourd'hui ». Il ne s'agit pas pour lui de "déstabiliser un écosystème qui occupe une place stratégique dans l'économie"

Rassurer les investisseurs : satisfecit après le sommet européen

Lors du sommet européen, des mesures fortes ont été prises pour soutenir la stabilité financière dans la zone euro et en particulier pour casser le lien entre dette bancaire et dette souveraine, s'est félicité Pierre Moscovici. Evoquant la possibilité pour les fonds de solidarité européens d'intervenir pour recapitaliser directement les banques, en particulier en Espagne, il a expliqué : "c'est une charge financière qui ne pèsera plus sur les Etats mais sur le MES".
« Pour les Etats qui respectent les règles européennes en matière de déficit structurel, en particulier l'Italie, et qui font des efforts pour diminuer leur déficit public, la zone euro est déterminée à agir pour stabiliser les marchés obligataires », a-t-il expliqué.

Au delà des déclarations d'intention, le travail est loin d'être terminé. « Le Conseil européen s'est assigné plusieurs chantiers dont l'intégration complète en matière financière, un cadre budgétaire à la hauteur de la mutualisation des dettes et une coordination des politiques économiques. Rendez-vous a été pris en octobre prochain pour évaluer nos progrès. Il est clair qu'il y a des problèmes de mise en ?uvre. C'est à l'Eurogroupe qu'il appartiendra de les résoudre", a signalé Pierre Moscovici.

Rassurer les investisseurs (bis) : le respect des engagements en matière de déficits

"Sans action correctrice, le déficit public s'établirait en fin d'année à 5 % du PIB, ce qui est comparable aux 5,2 % de 2011", a glissé le ministre des Finances au lendemain de la publication de l'audit de la Cour des comptes. Réaffirmant les " engagements européens de la France en matière de finances publiques", il a rappelé la trajectoire des finances publiques visée par le gouvernement : " un déficit constaté de 5,2% en 2011, un déficit de 4 ,5% en 2012, puis ramené à 3% en 2013 - c'est une marche considérable- , pour revenir à l'équilibre budgétaire en 2017". "Nous tiendrons ces engagements", a-t-il martelé.

Comment ? « Pour 2012, une loi de finances rectificative sera soumise au Parlement et adoptée par le gouvernement dès le lendemain », de façon à « sécuriser l'objectif de 4,5% de déficit pour 2012 » en adoptant les mesures fiscales nécessaires et disponibles au vu de l'audit des finances publiques reçu. Viendra ensuite le "débat d'orientation budgétaire au cours duquel sera réaffirmé la volonté du gouvernement de ramener le déficit à 3% en 2013", puis à l'automne, " le débat sur le projet de loi de finances puis une loi de programmation qui définira le programme pluriannuel et les règles de gouvernance qui permettront de crédibiliser le retour à l'équilibre en 2017".

La Place de Paris, un enjeu de souveraineté nationale

Le ministre de l'économie a fixé deux objectifs à la Place financière. Pour lui, il faut "orienter l'épargne des Français vers le financement de l'économie réelle". "En dépit des nouvelles contraintes réglementaire, l'investissement des assureurs en actions doit être encouragé notamment sur le segment de l'innovation", a-t-il précisé. « Disposer d'une Place financière de taille mondiale est une question de souveraineté nationale », a-t-il également déclaré. " Nous avons besoin d'une Place financière forte et dynamique car c'est une condition sine qua non pour rester maîtres de notre destin".

Bâle 3 : chi va piano....

Sur l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit de Bâle 3, Pierre Moscovici a estimé que "le déploiement de nouvelles règles prudentielles [allait] permettre de restaurer la confiance des marchés dans le système bancaire et financier européen". Il a déclaré avoir entendu le message des banquiers pour qui il est " important de ne pas précipiter la mise en ?uvre de ces réformes par rapport au calendrier défini par le Comité de Bâle pour permettre l'adaptation progressive à cette nouvelle réglementation, afin d'éviter aussi un impact trop brutal sur le financement de l'économie".

Doublement du plafond du Livret A : ne pas déstabiliser les banques

Dans le cadre de la réforme visant à développer le financement des entreprises et à mieux orienter l'épargne vers l'investissement, "nous veillerons à mettre en place un calendrier sans déstabiliser les acteurs concernés", a expliqué Pierre Moscovici. Le doublement du plafond du Livret A sera mis en place "avec le rythme nécessaire". "J'ai confié à Pierre Duquesne une mission pour qu'il fasse les proposition de reforme de l'épargne réglementée à la rentrée", a-t-il précisé, étant entendu que "la reforme sera mise en place au rythme des besoins".

Mise en place de la Banque Publique d'Investissement

Réaffirmant la volonté du gouvernement de créer la BPI à l'automne, le ministre des Finances a précisé qu'il existait déjà des "structures performantes" dédiées au financement des petites et moyennes entreprises et qu'il nétait "pas question de les démanteler". Une mission de préfiguration a été confiée à un inspecteur des finances, Bruno Parent, qui remettra ses premières conclusions le 30 juillet prochain. La BPI devrait être opérationnelle dès la fin de cette année.

La réforme bancaire tiendra compte des conclusions du groupe Liikanen

"Nous mènerons une reforme bancaire dont l'objectif sera de preserver l'économie de la volatilité des marchés". Celle-ci sera "totalement complementaire de la reforme de l'épargne", a souligné le ministre. La réforme bancaire "tiendra compte des conclusions du groupe Liikanen attendues pour l'automne".

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Commentaires
a écrit le 04/07/2012 à 19:23 :
Moscovici a fait comprendre à l?auditoire qu'il avait reçu ses nouvelles directives de la Trilatérale, que F.Hollande était sous tutelle et que par conséquent le gouvernement socialiste allait poursuivre l??uvre de N.S. Les pays continueront à emprunter aux marchés et non pas directement à la BCE, Les ex-patrons du SBF120 continueront à toucher leurs magnifiques retraites d'entreprise, l'ex-gouverneur de la Banque de France continuera à toucher 50 fois le SMIC en retraite, Les sénateurs continueront à cumuler toutes leurs retraites, maires, députés. La rupture dans la continuité.
a écrit le 04/07/2012 à 7:25 :
Comme c'est étrange ! l y a à peine un mois, la finance n'était-ce pas l'ennemi n° 1 de FH ?
Comment peut-on faire confiance en ces politiques ? Si; on peut leur faire confiance sur un seul point. Ils sont capables de tout pour avoir leur mandat.
a écrit le 04/07/2012 à 7:19 :
Quel changement de discours en quelques semaines ? Cela démontre bien qu'on ne peut avoir confiance en ses hommes politiques. Ils racontent n'importe quoi pour avoir des voix et s'installer dans la place. Souvenez-vous des discours et du ton de ceux-ci avant le premier tour de la présidentielle. Ils déclaraient de façon démagogique la guerre à la finance et c'était l'ennemi n° 1. Maintenant qu'ils sont dans la réalité, il faut rassurer la finance....Alors vous y croyez encore à tout ce blabla de politique. Moi je vois que chaque jour qui passe depuis maintenant 20 ans, il m'est impossible de maintenir mon pouvoir d'achat malgré tous mes efforts par contre les élus actifs et retraités ne se sont jamais aussi bien portés.
a écrit le 03/07/2012 à 23:36 :
Hahahahaa!!! Quels fumistes! Parler de la place de Paris en termes de souveraineté nationale alors qu'on est en train de pousser de toutes ses dforces pour eun Europe fédérale sans l'assentiment des peuples et en particulier des français qui justement y voient une perte de leur souvreraineté inacceptable, c'est très très gros. Ces gens sont d'un culot et d'un mépris des autres incroyable. J'adore H quand il dit qu'ils se sont fait opérer de la honte!
a écrit le 03/07/2012 à 21:49 :
1) Le MEF, c'est les états, non ? Il ne faut pas s'imaginer que les dettes disparaissent par miracle dans le MEF... et ne pas oublier que le "hors bilan" est une des causes de la Grande Dépression. 2) Quand les marchés veulent que les états se réforment ils doivent faire maintenant TOUT DE SUITE. Alors pourquoi, quand il s'agit de réformer les banques, on leur laisse jusque 2019 ? Pourquoi les banques ne sont-elles pas capables de se réformer à la vitesse qu'elles imposent elles-mêmes aux états ? Quelle hypocrisie.

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