4.000 milliards de dollars en soute pour les fusions et acquisitions

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Les entreprises européennes disposent de 984 milliards de dollars de cash, selon le cabinet Hogan Lovells. Copyright Reuters
Les entreprises européennes disposent de 984 milliards de dollars de cash, selon le cabinet Hogan Lovells. Copyright Reuters (Crédits : Photo Reuters)
Les 500 premières entreprises mondiales disposent d'une trésorerie globale de 4.000 milliards de dollars, selon le cabinet Hogan Lovells.

Voilà qui devrait redonner le sourire aux banquiers d'affaires, déprimés par un marché mondial des fusions-acquisitions en chute de 17% sur les neuf premiers mois de 2012. Interrogées sur la meilleure manière de développer leur activité au cours des deux prochaines années, la moitié des grandes entreprises européennes déclarent privilégier les acquisitions à la croissance organique, selon un sondage réalisé par le cabinet d'avocats Hogan Lovells. Surtout, ces multinationales ont les moyens de joindre les actes à la parole: les 500 premières entreprises mondiales (hors secteur financier) disposent d'une trésorerie totale de 4.000 milliards de dollars, dont 984 milliards pour les groupes européens. Un montant qui, à titre de comparaison, représente près de la moitié de la dette de la zone euro (8.200 milliards de dollars)!

Si les entreprises se veulent aussi offensives, malgré une conjoncture économique des plus moroses, c'est, dans trois cas sur cinq, pour profiter de la faiblesse des valorisations de leurs cibles potentielles. De fait, l'indice Dow Jones Euro Stoxx 50, qui regroupe les 50 premières capitalisations boursières européennes, affiche un PER (price earning ratio, rapport cours sur bénéfice par action) de 10,6 seulement. Le groupe parapétrolier français CGG Veritas a ainsi profité de la crise pour racheter une partie des activités du néerlandais Fugro, le mois dernier, pour 1,2 milliard d'euros, sa plus importante opération depuis la fusion avec Veritas, en 2007.

Autre signal encourageant pour le marché des M&A (mergers and acquisitions): l'offre publique d'achat lancée en septembre par Publicis sur l'agence néerlandaise LBi, afin de renforcer ses activités numériques en Europe. Pour autant, en dépit de la bonne volonté des entreprises et de leurs montagnes de cash, le marché des fusions et acquisitions ne se dégèlera réellement que grâce à une amélioration de la conjoncture macro-économique et à un apaisement de la crise de la zone euro. Autant dire, pas dans l'immédiat.
 

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Commentaires
a écrit le 06/10/2012 à 12:35 :
Une nouvelle bulle? prenez ce fric pour renflouer les états. Le casino doit arreter.
a écrit le 05/10/2012 à 16:42 :
Je ne suis pas d'accord avec ce chiffre. La démonstration mathématique est complexe car elle demande la compilation d'autres intrants dont le choix pourra lui aussi être discuté. Cependant il s'avèrera toujours comme impossible surtout hors du système financier. Le chiffre probable est inférieur à 1 trillion, plus proche du demi ou un peu au dessus si l'on veut bien considérer les fonds disponibles pour la croissance externe uniquement. C'est considérable. Toutefois une grande partie des transactions se fera désormais par échange d'actions ou endettement plus que par achat proprement dit. Il est à considérer que les actifs pétroliers, de distribution ou IT (si l'on excepte la finance) qui surpondèrent le global 500 devront être très prochainement dégonflés. Mon avis est par exemple que la IT ait à subir une baisse généralisée de son chiffre d'affaire de ...63 %.
On comprend mieux que beaucoup hésitent à avancer alors que la concentration des entreprises, à l'image de ce qu'à fait la France depuis des années, devient une obligation pour continuer à exister parmi les autres. Nombreuses sont les sociétés américaines de tête qui sont plus petites par le chiffre que nos géants français.
a écrit le 05/10/2012 à 14:45 :
Il est honteux de constater que seules les multinationales profitent de la mondialisation. Ce trésor de guerre devrait leur être confisqué et servir a effacer la dette des Etats. Ce n'est pas au citoyen lambda de payer pour cette forme de capitalisme anarchique que l'on nous propose depuis Tatcher et Reagan !
a écrit le 05/10/2012 à 14:43 :
Eh oui, comme ça elles pourront acheter des PME qui payent plein pot les impôts et ont du mal à se développer en raison de financements insuffisants, ce dont ne manquent pas ces grands groupes. Les entrepreneurs qui vendront auront alors le plaisir de se faire raser gratis une nième fois, tandis que les patrons des grands groupes concernés pourront se faire allouer quelques bonus supplémentaires pour une acquisition rondement menée... Personne n'a l'impression d'un problème? Qu'arrivera-t-il au final quand les grands groupes en question n'auront plus de PME à racheter pour continuer à progresser grâce à leurs innovations?
Réponse de le 05/10/2012 à 16:48 :
Exact @simple citoyen, vous avez compris : l'essentiel est le crédit que l'état (via les banques) accorde et rien d'autre. La question que vous posez est un des thèmes que je developpe depuis des annés. La réponse concernant la France est toute mathématique : Restera 132 entreprises à l'horizon de 20 ans. Cependant le pire pour une PME est de ne pas être achetée ! Les "pigeons" en voulant engloutir trop de grain ne permettront pas à l'état via ses organismes de les acheter : Ils se retrouveront le bec dans l'eau !
a écrit le 05/10/2012 à 14:13 :
Ces 500 entreprises ont 4000 Milliards de trésorerie.

Mais combien de dette ont elles ?

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