Les derniers chiffres de l’Observatoire Crédit Logement/CSA confirment la décrue des taux sur les crédits immobiliers engagée depuis le début de l’année. Mais la demande se fait toujours attendre. Le gouvernement appelle les banques à trouver des solutions pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Les pistes du crédit in fine et du crédit hypothécaire suscitent beaucoup de scepticisme chez les professionnels.
Les statistiques de l'immobilier sont désormais scrutées comme le lait sur le feu depuis que le gouvernement a annoncé son intention de redonner du pouvoir d'achat immobilier et de participer à un choc de l'offre de logement pour tenter de faire repartir un marché complètement à plat.
La bonne nouvelle est que les taux de crédit immobilier continuent de décroître sensiblement, selon le dernier pointage de l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Ainsi, le taux moyen (hors assurances) repasse sous les 4 % pour s'établir à 3,99% en février 2024, soit 16 points de base de moins qu'en janvier. La baisse amorcée en janvier s'est même accélérée en février. Selon le courtier VousFinancer, les baisses de taux seraient plus modérées en mars.
Reprise lente
Mais, comme le souligne l'Observatoire, l'année 2024 commence sur une faible progression des revenus des emprunteurs, après plusieurs années d'augmentation rapide. Résultat, les ménages sont toujours contraints à l'abandon de projets, ou à les modifier de façon substantielle. Pour autant, la production de crédit repart, avec une hausse de 35% sur les deux premiers mois de l'année, par rapport à décembre 2023.
« Le rebond est encourageant mais la reprise va être lente et hésitante », soutient l'Observatoire. En rythme annuel glissant, la production de crédit reste en baisse de 40 %. Selon les chiffres de la Banque de France, qui prend en compte les crédits effectivement débloqués, la production s'établit à 7,6 milliards d'euros en janvier (hors renégociation), contre 8,2 milliards en décembre.
Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a rencontré les banques pour tenter de trouver de nouvelles solutions pour « redonner du pouvoir d'achat », et ce « sans braquer personne », insiste l'entourage du ministre.
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Ce dernier a évoqué deux pistes, celle de relancer le prêt in fine (sur une partie du capital emprunté, environ 20 à 30 %, pour échapper à la règle du taux d'effort maximum de 35%), et celle de mettre en place un crédit hypothécaire, avec comme garantie un bien existant, pour faire baisser le taux du crédit. Deux pistes qui laissent les professionnels du crédit pour le moins sceptiques.