Crédit Suisse peine à freiner la fuite de ses clients

Le groupe bancaire suisse a prévenu s’attendre à une nouvelle perte au quatrième trimestre. Les clients continuent de retirer leurs avoirs, même depuis l’annonce le 27 octobre dernier du plan stratégique visant à sortir la banque d’une longue crise. L’augmentation de capital a été approuvée par les actionnaires et l'émission d'obligation lui permettront de renforcer ses ratios de solvabilité et de liquidité.
Les actionnaires de la banque suisse ont approuvé l'augmentation de capital de 4 milliards de francs suisses.
Les actionnaires de la banque suisse ont approuvé l'augmentation de capital de 4 milliards de francs suisses. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Crédit Suisse est loin d'être sorti d'affaires. Il a même prévenu le marché ce mercredi que la situation devrait empirer au quatrième trimestre avant d'espérer les premiers effets d'un plan stratégique aux allures de plan de la dernière chance présenté fin octobre. Le groupe a ainsi indiqué s'attendre à une perte allant jusqu'à 1,5 milliard de francs suisses (autant en euros) au quatrième trimestre, avec une perte nette de 4 milliards de francs suisses au troisième trimestre. Au total, la seconde banque helvétique pourrait afficher une perte de 7,4 milliards en 2022, après avoir déjà accusé une perte de 2 milliards en 2021.

Plus inquiétant, la banque reconnaît que ses clients continuent de retirer leurs avoirs à un rythme qui peut surprendre. « Comme indiqué, le Crédit Suisse a commencé à subir des sorties de dépôts et d'actifs au cours des deux premières semaines d'octobre 2022 à des niveaux qui ont largement dépassé les taux enregistrés au troisième trimestre. Au niveau du Groupe, au 11 novembre 2022, les sorties d'actifs nets représentaient environ 6% des actifs sous gestion à la fin du troisième trimestre 2022 », précise l'établissement dans un communiqué.

Accélération des sorties de capitaux

Dans la division gestion de fortune, sur laquelle le groupe compte se recentrer, la décollecte représente 10% des actifs sous gestion en seulement 6 semaines. En revanche, dans la banque de détail, les soldes des clients se sont stabilisés. « Il s'agit globalement d'une accélération significative des sorties nettes au quatrième trimestre, après une tendance déjà médiocre aux deuxième et troisième trimestres », commentent les analystes du courtier Jefferies, dans une note publiée ce mercredi.

Ces sorties ont conduit la banque à utiliser partiellement ses réserves de liquidités, avec un ratio de liquidité en baisse autour de 120 à 130 % depuis l'annonce des résultats trimestriels le 27 octobre, contre 192% au 30 septembre. Ce ratio (dont le minimum réglementaire est fixé à 100%) est finalement remonté à 140 % au 18 novembre. L'émission pour 5 milliards de dollars d'obligations (avec un coupon de 7,75 % et 9% !) et la cession programmée d'actifs devraient cependant significativement renforcer la liquidité du groupe.

Convaincre clients et investisseurs

Crédit Suisse doit donc désormais vite convaincre les investisseurs et les clients de la pertinence de son plan stratégique. Les risques d'exécution de ce plan sont jugés élevés par les analystes et la réputation de la banque durement entachée. Aujourd'hui, son cours de Bourse se traite autour de 0,35 fois son actif net estimé 2022, ce qui laisse peu de marge de progression du titre à court terme.

A noter que l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires a approuvé aujourd'hui (à plus de 90%) les deux augmentations de capital, sous la forme d'un placement privé pour un produit brut de 4 milliards de francs suisses, qui doivent venir conforter les ratios de solvabilité.

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