Deutsche Bank prêt à quitter la Chine et l'Inde ?

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Fondée en 1870 en Allemagne, Deutsche Bank est maintenant présente dans 70 pays et active sur toute la chaîne de valeur de la banque.
Fondée en 1870 en Allemagne, Deutsche Bank est maintenant présente dans 70 pays et active sur toute la chaîne de valeur de la banque. (Crédits : © Ralph Orlowski / Reuters)
La vente de ses parts dans la banque chinoise Hua Xia Bank pourrait rapporter plus de 3 milliards d'euros à Deutsche Bank, selon le journal allemand Handelsblatt. Fragilisé par des scandales judiciaires en pagaille et une faible rentabilité vis-à-vis de ses compétiteurs mondiaux, le groupe a fait savoir qu'il ne voulait plus être "tout pour tout le monde".

L'allemand Deutsche Bank, géant du secteur bancaire européen, étudie la vente de sa participation dans le groupe chinois Hua Xia Bank ainsi que la cession de ses activités de détail en Inde, rapporte mercredi 19 août le quotidien allemand Handelsblatt.

Le groupe bancaire de Francfort (ouest de l'Allemagne) avait déboursé quelque 1,3 milliard d'euros pour mettre la main entre 2006 et 2010 sur près de 20% du capital Hua Xia Bank, rappelle le journal, selon qui la vente de cette part pourrait s'avérer particulièrement lucrative pour Deutsche Bank.

Près de 2 milliards d'euros de gain

Au cours de Bourse actuel, la participation détenue par la banque allemande représente environ 3,3 milliards d'euros, poursuit Handelsblatt, précisant toutefois qu'aucune décision formelle n'a été prise à ce stade. Si l'opération se réaliserait, le groupe allemand empocherait donc un bénéfice de près de 2 milliards d'euros.

Le groupe, qui avait dévoilé fin avril un vaste projet de restructuration, songe également à se défaire de ses activités de banque de détail en Inde, pays dans lequel il est présent avec 17 succursales, est-il ajouté. "Nous ne commentons pas les spéculations", a déclaré à l'AFP un porte-parole du groupe.

Ne plus être "tout pour le monde"

Fondée en 1870 en Allemagne, Deutsche Bank est maintenant présente dans 70 pays et active sur toute la chaîne de valeur de la banque. Fragilisé par des scandales judiciaires en pagaille et une faible rentabilité vis-à-vis de ses compétiteurs mondiaux, le groupe a toutefois fait savoir qu'il ne voulait plus être "tout pour tout le monde".

Son nouveau patron britannique John Cryan, arrivé début juillet pour remplacer l'indo-britannique Anshu Jain tombé en disgrâce, va devoir conduire la nouvelle stratégie, qui prévoit une réduction drastique de la voilure dans la banque de détail ainsi que dans les activités d'investissement.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 19/08/2015 à 13:23 :
Le système bancaire allemand est dans un état déplorable. Le financement des entreprises qui étaient réalisés par les caisses d'épargnes régionales et les Landesbankens, les banques régionales, disposait des conditions d'état, soit les plus avantageuses qui soient. Un quasi financement à fonds perdus. Ces particularités considérées comme des dérives ainsi que la baisse des taux et le hurlement des concurrents européens amènent ces établissements à se regrouper puis à fermer ou devenir des banques commerciales ordinaires. La dernière Landesbank à figurer dans le classement Fortune, dernière de la liste des 28 sociétés représentant l'Allemagne, ne sera plus présente l'année prochaine. Avec ce système particulier il s'agissait en grande partie d'une clé de la "réussite" allemande. Il confinait les banques allemandes classiques à l'organisation des grands deals et des gros financements, auparavant sans risque, pour les opérations rondes mais peu rentables. Cependant l'état fédéral s'est mis à leur demander de participer au sauvetage de nombreux grands groupes en faillite. J'ai quelquefois évoqué sur ce fil le nom de Continental réalisant 45 milliards de dollars qui a repris la filiale en faillite de 11 milliards de Siemens avant de se retrouver en danger puis d'être sauvé par la Deutsche Bank avant que cette dernière ne soit sauvée par l'état contre une forte participation au capital. Un empilage déplorable dont les allemands sont coutumiers. L'établissement se retrouve donc dans un bourbier sans nom d'autant que Continental continue de reprendre sur ordre toutes les entreprises majeures de l'automobile en difficulté et que cela dure depuis quelques années. Il devient donc nécessaire de mettre fin à ces pratiques qui donnent lieu à des accords de compensations considérables en vendant tout ce qui peut l'être, comme ici en Chine. En même temps les allemands font monter la DZ Bank pour sauver DB certainement par fusion tout en remontant un peu la cote du pays dont le premier établissement pointe cette année à la 21ème place mondiale du segment, très loin des meilleurs. Le processus de sauvetage concerne aussi la fusion de Continental avec un ou d'autres acteurs pour dégager financièrement DB tout en sécurisant les activités et la filière automobile qui est la plus important pour le pays aux 3 grands champions que sont VW, Daimler et BMW. C'est donc l'équipementier ZF que l'on fait monter très vite, il serait aidé selon certains schémas par Robert Bosch qui scinderait son entreprise en deux avec l'idée de sortir ensuite de l'automobile en portant au deal son appui et ses actifs concernés. Si tous ces éléments favorables se mettent en place il restera à trouver au moins une nouvelle banque allemande pour jouer le second rôle.
Réponse de le 01/09/2015 à 20:44 :
C'est surtout deux "marchés" qui ont des pratiques très...

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