Les "stress tests" démontrent la résistance des banques européennes, dans l'ensemble, à un scénario noir

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L'EBA a souligné que, de façon générale, le secteur bancaire de l'UE avait amélioré sa base capitalistique de façon notable ces dernières années, de 200 points de base par rapport à 2014 et de 400 points de base par rapport à 2011.
L'EBA a souligné que, de façon générale, le secteur bancaire de l'UE avait "amélioré sa base capitalistique de façon notable ces dernières années", de 200 points de base par rapport à 2014 et de 400 points de base par rapport à 2011. (Crédits : reuters.com)
Mais il existe des cas particuliers, à commencer par la banque italienne Monte Paschi, qui subirait de loin l'impact le plus dévastateur en cas d'un scénario économique "défavorable" d'ici à 2018.

L'Autorité bancaire européenne (EBA) a pointé vendredi la forte vulnérabilité de la banque italienne BMPS à une dégradation de la conjoncture, en publiant les résultats de tests de résistance menés sur 51 établissements européens dont les bases ont été jugées de façon générale plus solide. Sur l'ensemble des banques testées, Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS) subirait de loin l'impact le plus dévastateur en cas d'un scénario économique "défavorable" d'ici à 2018.

Son ratio de capital CET 1 fondrait de plus de 1.400 points de base pour tomber en territoire négatif, à -2,23%. Treize autres banques souffriraient de façon notable, car leur base capitalistique serait amputée d'au moins 500 points de base. Les allemandes Deutsche Bank et Commerzbank et la britannique Royal Bank of Scotland font partie de ce groupe.

Les autres banques, dont toutes les françaises figurant dans l'échantillon, souffriraient un peu moins dans ce scénario hypothétique, leur ratio de capital CET 1 perdant moins de 500 points de base. L'EBA a diffusé à 20H00 GMT une batterie de chiffres, tableaux et analyses sur 51 établissements de 15 pays européens, cumulant quelque 70% des actifs bancaires du continent et considérés à ce titre comme fondamentaux pour sa stabilité financière. Contrairement aux précédents tests publiés en 2014, l'Autorité n'a pas dit si, oui ou non, chacun des établissements concernés avait les reins suffisamment solides ou s'il pourrait résister à une brutale dégradation des conditions économiques.

L'EBA s'est escrimée plutôt à publier une série de données sur les capitaux et actifs des banques, sans injonction, qui sont transmises aux autorités de supervision - la Banque centrale européenne (BCE) pour les banques de la zone euro et les autorités nationales pour les autres - qui auront dès lors les éléments en main pour intervenir si nécessaire. Avant les tests, le cabinet de consultats PwC avait estimé que les banques testées pourraient avoir à lever jusqu'à 65 millards d'euros de capital supplémentaire, soit beaucoup plus qu'après les tests d'il y a deux ans.

Publication attendue par les marchés

De façon générale, l'Autorité a considéré que ces tests "démontraient la résistance du secteur bancaire de l'Union européenne dans le cas d'un scénario défavorable". Leur capital CET 1 serait diminué en moyenne de 380 points de base, pour passer de 13,2% à 9,4%, un niveau supérieur aux minima  fixés par les autorités de régulation, mais qui recouvre bien entendu une situation très hétérogène d'une banque à l'autre.

L'EBA a souligné que, de façon générale, le secteur bancaire de l'UE avait "amélioré sa base capitalistique de façon notable ces dernières années", de 200 points de base par rapport à 2014 et de 400 points de base par rapport à 2011 pour les 51 banques concernées par les tests de vendredi. "Les résultats définitifs, publiés par l'ABE, montrent que les banques françaises confirment leur solidité et leur capacité de résistance à des chocs sévères", s'est félicitée de son côté la Banque de France, dans un communiqué.

Reste qu'au delà de la situation d'ensemble, ce sont les cas particuliers qui devraient attirer le plus d'attention. Les spéculations ont notamment été bon train cette semaine autour de BMPS, la troisième banque italienne - et plus vieille de la planète -, considérée comme le maillon faible du système bancaire en Italie. Quelques minutes avant la publication des tests de résistance, le conseil d'administration de BMPS a annoncé avoir validé un plan pour la cession de créances douteuses, pour une valeur de 9,2 milliards d'euros, qui sera suivie d'une augmentation de capital qui pourrait atteindre 5 milliards d'euros.

De l'autre côté de l'Europe, Deutsche Bank suscite aussi interrogations et intérêts. Scandales à répétition, difficultés de son activité de banque d'investissement dans un contexte de faible taux d'intérêt et impact d'une lourde restructuration conduite depuis presque cinq ans: la première banque allemande est devenu un véritable repoussoir pour les investisseurs.

Sur ce point, la publication des tests de résistance a vocation à aider les investisseurs à se faire une idée plus précise de la solidité, ou non, des capitaux des banques, de façon à limiter les spéculations qui agitent le secteur ces derniers mois. L'heure de publication de ces résultats très attendus avait d'ailleurs été choisie pour intervenir après la clôture des marchés, non seulement européens mais aussi américains, où plusieurs de ces banques ont des intérêts (AFP).

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a écrit le 01/08/2016 à 8:50 :
Avec tout ce que les états leur donnent comme fric, il serait énorme quand même qu'en plus elles soient fragiles.

Maintenant vous nous apprenez que les multinationales de la finance sont solides, vu comme elles traient le consommateur, comme un chien, on s'y attendait...
a écrit le 31/07/2016 à 21:54 :
Peut-on avoir plus d'informations concernant les banques francaises ? Hormis la communication de la Banque de France, l'article est peu détaillé sur le sujet.
Réponse de le 01/08/2016 à 15:23 :
@badakTheOne 31/07/2016 21:54
Voilà
http://www.eba.europa.eu/risk-analysis-and-data/eu-wide-stress-testing/2016/results
Il y a les 51 banques testées en 2016 (130 de 2014) qui représentent 70% du système financier européen.
Cordialement
a écrit le 31/07/2016 à 19:32 :
Sachant que 5 jours avant la faillite, le core tiers one de Lehman Brothers était de 3 fois le minimum réglementaire de l'époque soit 11%...
a écrit le 30/07/2016 à 18:50 :
Attendons la prochaine crise ( ce qui ne serait tarder) et on reparlera de vos Stress tests. A mourir de rire si cela n'était pas grave !!!!
Réponse de le 31/07/2016 à 11:34 :
Dans le scénario normal, le rapport de la BCE indique que le ratio global
CET - 1 des banques en fin 2015 est supérieur de 200 pdb par rapport à celui fin 2014 et 400 pdb plus élevé que celui fin 2011. C'est quand même rassurant.
Dans le cas adverse (si j'ai bien compris: récession de 7% en trois ans dans l'UE, ce qui est peu probable) la perte est de 380 pdb, ce qui est considérable en Mlds d'euros.
A voir demain à la bourse, la variation des indices des financières.
Cordialement
a écrit le 30/07/2016 à 18:05 :
Les "stress tests" sont surtout des outils de communication destinés à rassurer les épargnants...
Réponse de le 30/07/2016 à 22:38 :
On doit comprendre que c'est une arme pour la finance d'obtenir des capitaux a moindre prix!
a écrit le 30/07/2016 à 16:37 :
Si les banques sont aussi solides, pourquoi en cas de faillites faire payer en dernier ressort les déposants,, c'est à dire les clients des banques ?
a écrit le 30/07/2016 à 15:47 :
Effectivement le rebond à la baisse du pétrole ne fait pas les affaires des grands petroliers de la planète et non plus celle des grands financiers, bientôt on nous dira qu'il y a trop de pétrole sur la planète et qu'il ne vaut presque plus rien : la surproduction pétrolière fait largement baisser le pri du baril de brent comme au moyen orient. Alors le fait que les USA ne soient presque plude dependant du petrole de l'Arabie Saoudite avec le pétrole de schiste ne change presque rien à l"équation : va-t-on vers un prix du pétrole minimal avec une super production de brut latente et permanente ? le prix en France à la pompe du duésel est de l'ordre d'un euro et quelques centimes ce qui est plus bas et montre que le marché est saturé par le petrole brut abondant. On est bien plus loin que le peak oil des USA et avec le gaz et le pétrole de schiste le monde est rempli de pétrole alors quel sera le prix minimal acceptable ????
Réponse de le 31/07/2016 à 12:03 :
Vous avez raison le pétrole repart à la baisse.
Pour l'instant, ce sont les retombées des anées Bush avec le développement de toutes les techniques pour augmenter la production (Schiste, meilleure récupération, ouverture de champs...) et la remise sur le marché de pays comme l'irak et l'iran tanis que l'économie n'est pas flambarde.
à moyen terme on peu cependant distnguer une second vague: Montée de d'autr sources d'énergie pour remplacer les diesels dans le tiers monde et les iles, montée des motorisation électriques pour les voitures et les travaux sur les pétroles synthétiques. Chacun individuellement devrait rester assez marginal, mais leffet cumulé sur le marché devrait maintenir durablement le pétrole en bas sauf forte reprise économique á laquelle je ne crois pas car nous sommes encore dans l'hivers Konradtieff.,
a écrit le 30/07/2016 à 12:59 :
Qui a le plus d’intérêt dans ces tests? Le particuliers ou la finance? Qui a le dernier mot dans la séparation des activités bancaires? Qui a le plus a perdre mais rien a gagner?
Réponse de le 30/07/2016 à 17:27 :
@Bah 30/7 12:59
Moi, par exemple. Je constate que dans le cas de base, le CET-1 ratio de ma banque a perdu environ 200 pdb depuis les tests de 2014. Il est dans les clous mais la pente n'est pas rassurante.
En ce qui concerne le scénario "adverse", je suis dans l'expectative car ils ne sont pas comparables mais c'est dans le clous aussi.
Cordialement
a écrit le 30/07/2016 à 12:06 :
Rappelons une donnée toute simple:aucune banque n'est capable de rembourser en une fois tous les avoirs déposés.Elles sont donc en faillite.Sans compter les produits dérivés.Les stress tests sont inutiles
a écrit le 30/07/2016 à 11:44 :
51 banques (moins une car l'on voit bien que l'italienne ne fait déjà plus partie du lot), inutile de dire que les autres banques sans test officiel sont irrémédiablement -diablement- condamnées. Une manière européïste dans la pratique est bien de dire, sans avoir l'air d'y toucher, qui peut en faire partie. On parlera désormais des 50 grandes banques autorisées européïstes, les autres étant juste "privées" et à leurs risques.On peut déjà s'attendre à ce que ce chiffre diminue encore.
Réponse de le 30/07/2016 à 15:48 :
Vision très partielle et partiale de la question. Le choix de ces banques est réalisé en fonction du risque systémique pour le secteur. Sa capacité à entraîner d'autres grands établissements dans sa faillite. Si la banque Martin Maurel fait faillite les autres banques auront un frisson sans plus. Par ailleurs ces tests à répétition sont très coûteux pour les petites banques qui doivent s'adosser pour répondre aux sollicitations du régulateur.
a écrit le 30/07/2016 à 10:43 :
Restons prudents, les stress tests ne sont pas les mêmes ni des deux cotés de l'Atlantique ni des deux côtés de la Manche. Or la plupart des banques restent "too big to fail" au niveau mondial. Avec un taux d'intérêt ridiculement bas, la couverture du risque bancaire par la marge d'intérêt a disparu, et les nouveaux crédits sans garantie du gouvernement aussi. D'où l'importance de la BPI.
a écrit le 30/07/2016 à 9:56 :
Combien de stress test ont eu lieu et combien de crises bancaires ont eu lieu après, je crains fort que tant qu'il n'y a pas de séparation des activités bancaires ces tests sont des écrans de fumée qui se rapproche plus de la méthode Coué.
a écrit le 30/07/2016 à 9:24 :
Cela ne me rassure pas de savoir que je dois être "rassuré" au sujet des banques, qui gèrent mon argent et qui me le feront payer si cela se passai mal!
a écrit le 30/07/2016 à 9:14 :
"Des test qui ont vocation à aider les investisseurs à connaitre la solidité des capitaux des banques et à limiter les spéculations" ...Rassurer les investisseurs ! no problem, la BCE injecte ce qu'il faut dans les établissements bancaires et même dans les entreprises privées. Et si ça ne suffit pas, application de la directive BRRD (bail-in) .
a écrit le 30/07/2016 à 2:27 :
Normal si ils foirent nous sommes là pour les renflouer! Comme pour les gosses qui savent que papa est la pour payer les conneries
Réponse de le 30/07/2016 à 10:24 :
Contrairement à ce que racontent certains politiques, pas un euro de l'argent public n'a été donné aux banques. Il y a eu des prêts faits aux banques, qui ont énormément rapporté à l'état
Réponse de le 30/07/2016 à 13:16 :
Seb, pourrais tu comparer l’aumône récupérée à cette occasion aux dizaines de milliards annuels des intérêts de notre dette que nous leur versons et que nos gouvernants n'envisagent pas de rembourser un jour ? In fine il s'agit d'une rente éternelle que nous payons aux banques.
Réponse de le 30/07/2016 à 17:06 :
@ truc

Ce ne sont pas les banques qui prêtent aux Etats, cette remarque est étrange. Et même si c'était le cas, c'est aux gouvernants de gérer le budget de l'état. Ce n'est pas la faute des banques si nos hommes politiques ne sont pas capable d'expliquer ce qu'est un budget à l'équilibre...
a écrit le 29/07/2016 à 23:09 :
Intox !
Rien ne va dans les banques de la planète, et rien n'ira avant la grande apocalypse financière...............................................et au retour à l'étalon or.
a écrit le 29/07/2016 à 22:58 :
Bizarre..
Un virement (20 K€) France vers étranger bloqué depuis une semaine par SG.
Réponse de le 30/07/2016 à 19:19 :
C'est normal, vous allez déstabiliser le système bancaire mondial avec vos 20K.
Pour mémoire, environ 5 000 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur les devises.
Réponse de le 31/07/2016 à 19:29 :
Si c'est vers un paradis fiscal en liste noire, c'est normal ^^

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