Reprise d’ING France : Société Générale et Crédit Mutuel Arkéa ont déposé une offre

A quelques jours de la clôture de la vente aux enchères du fonds de commerce de détail d’ING France, seuls deux candidats ont, selon nos informations, déposé une offre : Société Générale pour le compte de Boursorama et Crédit Mutuel Arkéa pour sa filiale Fortuneo. Deux autres candidats, Crédit Agricole et Crédit Mutuel Alliance Fédérale ont finalement jeté l’éponge après avoir regardé le dossier.

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ING France représente environ un million de clients particuliers en France.
ING France représente environ un million de clients particuliers en France. (Crédits : Reuters)

Le processus de vente aux enchères du portefeuille de clients particuliers d'ING France entre dans sa dernière ligne droite. Selon nos informations, seulement deux candidats ont déposé une offre de reprise, à savoir Société Générale pour le compte de sa filiale Boursorama, et Crédit Mutuel Arkéa pour sa filiale Fortuneo. Finalement, Crédit Mutuel Alliance Fédérale (Monabanq) a jeté l'éponge après avoir regardé le dossier, tout comme, avant lui, Crédit Agricole (Bforbank).

Le groupe néerlandais ING a confirmé fin décembre l'arrêt de ses activités de détail en France, avec à la clé, la suppression de 460 emplois. Une décision prise au terme d'une revue stratégique des activités du groupe en Europe menée depuis juin dernier. ING a parallèlement engagé un processus de vente de son portefeuille clients qui devrait aboutir par une négociation exclusive avec un repreneur d'ici la fin du mois.

Cette opération, qui permettra au repreneur de renforcer sa base de clientèle de quelques centaines milliers de clients - ING France revendique un million de clients particuliers mais près de la moitié seraient inactifs - s'annonce donc comme une opération majeure de consolidation du marché de la banque digitale en France. Un marché en forte croissance mais qui reste toujours en retrait par rapport à la moyenne européenne, soit environ 5% de part de marché, contre 10% en Allemagne ou en Scandinavie.

Racines communes

Hasard ou non, les deux compétiteurs, Boursorama et Fortuneo, et ING France, ont de nombreux points communs. Ils figurent tous trois comme les pionniers des services financiers en ligne et tous trois trouvent leurs racines dans le monde de l'épargne. Ainsi, ING France s'est lancée en France en l'an 2000 avec son fameux livret Epargne Orange (avec un taux de 5% !) à grands renforts de campagnes TV au ton décalé.

De leurs côtés, Boursorama et Fortuneo, qui ont une histoire assez similaire, puisent leurs racines dans le courtage en ligne avant de prendre le tournant de la banque en ligne généraliste au milieu des années 2000. Ainsi, Boursorama, avec l'appui de la Société Générale, a acquis en 2006 le réseau de CaixaBank en France pour 230 millions d'euros, avant de devenir en 2015 une filiale à 100% de Société Générale. De son côté, le courtier en ligne Fortuneo a entamé sa mue bancaire après son rachat en 2007 par Crédit Mutuel Arkéa.

Depuis, les deux banques en ligne se disputent régulièrement le podium des classements qualité (parcours, relations clients, satisfaction) ou tarifaire, avec une offre complète de services, des moyens de paiement à l'épargne, l'assurance-vie et le courtage en passant par le crédit immobilier. Toutefois, Boursorama a opté pour une stratégie beaucoup plus volontariste de conquête de clients, au risque de creuser ses pertes, et a multiplié par quatre son nombre de clients en cinq ans pour atteindre, fin septembre, plus de 3 millions de comptes (avec un objectif de 4 millions fin 2023).

Combler son retard

En revanche, Fortuneo, relativement avare de chiffres, a opté pour une stratégie moins offensive, en cherchant avant tout à privilégier la domiciliation des revenus et des comptes d'épargne. Résultat, la filiale d'Arkéa patine sous la barre du million du clients mais elle affiche cependant un encours moyen relativement élevé de 30.000 euros par client (voire 40.000 euros pour les clients adultes actifs), soit un total de 30 milliards d'euros d'épargne gérée.

Surtout, elle revendique d'être la seule banque 100% digitale rentable en France (à l'exception du modèle hybride de Nickel). Le rachat du portefeuille clients d'ING France pourrait cependant lui faire gagner plusieurs années de croissance et combler ainsi une partie de son retard sur Boursorama. Le coût d'acquisition d'un client dans l'univers de la banque en ligne est estimé en moyenne à 200 euros en France.De plus, sa maison-mère, Arkéa, est particulièrement rodée sur le terrain des migrations informatiques.

Les parcours de Boursorama et de Fortuneo montrent en creux l'échec d'ING France à se transformer en banque en ligne avec une offre complète. La chute des taux de son livret lui aura été fatale et elle n'a pas su transformer l'essai de ses innovations et de son image pourtant bien implantée dans le paysage français. Le renouvellement de sa direction en 2019 n'aura pas suffi à inverser le déclin de la banque en ligne.

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