Blanchiment : la Fed ordonne à la plus grande banque du monde, ICBC, de se mettre en règle

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Dans sa mise en demeure, la Federal Reserve américaine dit avoir constaté des carences significatives dans la conformité aux règles de lutte anti-blanchiment chez la filiale new-yorkaise de la banque chinoise.
Dans sa mise en demeure, la Federal Reserve américaine dit avoir constaté des "carences significatives" dans la conformité aux règles de lutte anti-blanchiment chez la filiale new-yorkaise de la banque chinoise. (Crédits : Bloomberg)
L'autorité de régulation bancaire américaine vient d'enjoindre ICBC, première banque du monde par les actifs, présente aux États-Unis depuis dix ans, de renforcer ses contrôles contre le blanchiment d'argent.

Première banque du monde par les actifs, avec plus de 3.900 milliards de dollars, deuxième par la capitalisation boursière, à plus de 345 milliards, cotée à la Bourse de Hong Kong et à celle de Shanghaï, ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) est présente aux Etats-Unis depuis dix ans : elle a ouvert sa première agence à New York en 2008 et fut la première banque chinoise à disposer d'une licence bancaire après le rachat d'East Asia Bank en 2012. ICBC possède une douzaine d'agences à New York et en Californie.

La Federal Reserve Bank, banque centrale et autorité de régulation bancaire américaine, vient d'infliger un sérieux désaveu à cette institution financière de premier plan, en l'enjoignant, elle et sa filiale américaine, de se mettre en conformité sous les 60 jours avec les règles contre le blanchiment.

"Le dernier contrôle de l'agence [la filiale de New York] réalisé par la Fed de New York a identifié des carences significatives dans la conformité et la gestion des risques en application des règles de l'Etat et fédérales sur la lutte anti-blanchiment d'argent et le respect du secret bancaire", explique la Fed dans sa mise en demeure.

Trop laxiste ?

La Fed exige que la direction de la banque chinoise lui soumette par écrit, dans ce délai de 60 jours, un plan d'amélioration de la supervision de la conformité d'ICBC sur la lutte anti-blanchiment, de la remontée des informations, et d'un renforcement des ressources et des effectifs de charge de la conformité et du contrôle réglementaire. Il lui faudra aussi s'assurer de former le personnel à leur responsabilité en la matière.

Laissant entendre que la banque chinoise est trop laxiste en matière de contrôle, la Fed exige également dans les 60 jours la présentation par écrit d'un programme révisé d'audit des clients, comprenant une méthodologie de scoring des risques par typologie des clients, des produits, des volumes, etc., une série de procédures permettant de vérifier que les comptes étrangers font l'objet d'un même audit, ainsi que des revues périodiques de l'intégralité de la base de clients, "tous ses types de clients et leur localisation géographique, y compris les personnes politiques".

ICBC devra aussi mettre en place une méthodologie claire pour identifier les activités suspectes. Elle devra fournir un rapport d'audit indépendant, d'un cabinet validé par la Fed, passant au crible toutes les opérations de compensation en dollar américain intervenues entre le 1er juillet 2016 et le 31 décembre 2016, afin de déterminer s'il y a eu des "activités douteuses" impliquant des clients présentant des "risques élevés". Un audit complet de l'agence new-yorkaise concernée est également demandé.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2018 à 12:11 :
Cela fait plaisir de constater l'existence de structure démocratique efficace garantissant l'ordre et l'intérêt de la société et qui ne tergiverse pas.
C'est au US.
C'est pas en France.
C'est pas en Europe communautaire.
a écrit le 13/03/2018 à 22:24 :
Il faut le reconnaître, les ricains ne se dégonflent pas quand ils faut exiger la transparence chez leurs obligés et jouer les chevaliers blancs...même si le fond de leur culotte est douteux: dommage qu'ils n'osent pas s'attaquer au Delaware...
Nul n'est prophète en son pays
a écrit le 13/03/2018 à 20:16 :
c'est du racisme anti chinois, et de l'anti communisme primaire!
j'espere que melanchon et duflot vont hurler, avec des protestations pacifistes du genre de celles ou ou arrache les chemises en toute tolerance.......... ca, les pas liberaux, ils savent faire! et puis ca les distraiera un peu du venezuela....
a écrit le 13/03/2018 à 18:50 :
Heureusement que les autorités américaines secouent de temps en temps les banques parce que c'est pas les autres pays, chine, europe, japon qui leurs font beaucoup de mal.

Les états unis quand ils demandent une dérégulation sont bien plus logiques avec le libéralisme que nos politiciens qui veulent à tout prix réglementer les banques pour qu'au final elles aillent dans leurs paradis fiscaux.

La dérégulation totale est obligatoire si on veut un système financier sain, mais bien entendu, et là je pense que l'on peut compter sur trump, il ne faudra pas venir au secours des actionnaires milliardaires propriétaires des banques quand elles tomberont.

Si en 2008 les politiciens n'avaient pas sauvé les établissements financiers, notre économie serai aujourd'hui bien plus saine. On ne peut pas jeter de l'argent dans le puits sans fond de la spéculation et de l'avidité financière.
Réponse de le 13/03/2018 à 21:35 :
C'est exactement le discours qui était tenu avant la crise financière par cela même qui ont appelé la puissance publique à la rescousse.
Puissance publique qui l'air de rien n'a pas eu le choix car à cause des faillites en cascades, l'économie réelle menaçait de s'effondrer également.
Si on baisse les impôts massivement, les entreprises, même en revenant des paradis fiscaux ne paieront pas suffisamment pour maintenir les comptes publics à flot.
Réponse de le 14/03/2018 à 8:57 :
"C'est exactement le discours qui était tenu avant la crise financière par cela même qui ont appelé la puissance publique à la rescousse."

N'importe quoi puisque je dis qu'il fallait ne pas les sauver.

"Puissance publique qui l'air de rien n'a pas eu le choix car à cause des faillites en cascades, l'économie réelle menaçait de s'effondrer également."

On a toujours le choix, mais si ils voulaient les riches c'était en effet obligé de sauver les banques.

"Si on baisse les impôts massivement, les entreprises, même en revenant des paradis fiscaux ne paieront pas suffisamment pour maintenir les comptes publics à flot."

Les entreprises et surtout les actionnaires milliardaires ne payent pas d'impôts car bénéficiant du dumping fiscal organisé par l'UE, du coup il vaut mieux baisser les taxes sur les outils de production et de récolter un peu d'impôts plutôt que de ne rien récolter.

Votre messe est rincée et insipide mon père.

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