Brexit : la Banque d'Angleterre relève ses taux mais reste prudente

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Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a estimé que le ralentissement au premier trimestre reflétait les conditions météorologiques et non pas le climat économique.
Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a estimé que "le ralentissement au premier trimestre reflétait les conditions météorologiques et non pas le climat économique." (Crédits : Phil Noble)
La banque centrale britannique a remonté de 0,5% à 0,75% son taux directeur. Elle considère le Brexit comme "le principal défi" pouvant "significativement influencer" les perspectives de l'économie du Royaume-Uni.

[Article mis à jour à 17h10]

A l'unanimité. L'ensemble des neuf membres du comité de politique monétaire de la Bank of England (BoE) a décidé de relever d'un quart de point principal taux directeur, de 0,5% à 0,75%. C'est la deuxième hausse, après celle de novembre dernier, depuis la crise financière de 2008 qui a conduit les grandes banques centrales à adopter une politique monétaire accommodante. Le comité de la Banque d'Angleterre a aussi décidé de maintenir à l'unanimité ses programmes de rachats d'actifs : elle a déjà racheté pour 434 milliards de livres de "gilts", les bons du trésor britanniques et 10 milliards d'obligations corporate.

"Le ralentissement au premier trimestre reflétait les conditions météorologiques et non pas le climat économique" a expliqué Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, dont le mandat s'achève l'été prochain.

La livre sterling a très brièvement rebondi face au dollar après l'annonce, avant de repartir à la baisse pour s'échanger à environ 1,30 dollar par livre, en repli de 0,7%.

La croissance de l'économie britannique a ralenti depuis le vote en faveur du Brexit en juin 2016. La BoE table sur une croissance de 1,8% cette année, une prévision qui avait abaissée à 1,7% en mai. Elle n'a pas modifié sa prévision pour l'an prochain, à 1,4%, soit un net ralentissement.

L'inflation s'est élevée à 2,4% sur un an en juin, pour le 17e mois consécutif au-dessus de la cible des 2%. La BoE a relevé sa prévision de hausse des prix de 0,1 point pour le dernier trimestre de 2018 et 2019, à respectivement 2,3% et 2,2%. Cette hausse des prix est alimentée par "une pression des coûts extérieurs résultant de la dépréciation de la livre et d'une hausse des prix de l'énergie".

Le Brexit, principal défi

La mission de la BoE consistant à atteindre cet objectif tout en soutenant la croissance et l'emploi est rendue plus compliquée par le Brexit : "dans la poursuite de cet objectif, les principaux défis pour le comité consistent à évaluer les implications économiques de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et d'identifier la réponse politique adéquate".

"Le comité de politique monétaire continue de reconnaître que les perspectives économiques pourraient être significativement influencées par la réponse des ménages, des entreprises et des marchés financiers aux développements liés au processus de sortie de l'Union européenne" explique la Banque d'Angleterre dans son communiqué.

Le gouverneur a relevé que "les entreprises ont investi bien moins" qu'en temps normal, dans un contexte où les négociations sur le Brexit patinent. Il a déjà signalé que les perspectives de remontée des taux ne seraient plus de mise en cas de Brexit sans accord.

Le comité de politique monétaire s'est par ailleurs inquiété "des premiers signes selon lesquels les politiques protectionnistes actuelles et futures commencent à avoir un impact négatif".

« Avec cette deuxième hausse de taux, la Banque d'Angleterre a maintenant retiré près de la moitié du soutien qu'elle a apporté à l'économie au lendemain du référendum sur le Brexit. » analyse Barry McAndrew, responsable de portefeuille sur les produits de taux chez State Street Golbal Advisors.

« La croissance plus forte que prévue depuis, et approchant, voire dépassant son potentiel, le comité considère qu'il y a peu de risque à réduire son soutien à l'économie. L'annonce d'aujourd'hui sous-entend que le comité souhaite certainement éviter un Brexit dur, et il suivra de près les négociations, même de l'extérieur, compte tenu du rythme de ses prévisions de hausses d'environ une relève de taux par an. »

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Commentaires
a écrit le 04/08/2018 à 16:44 :
Sans un miracle le Brexit pourrait être une vrai catastrophe pour tout le monde et surtout le RU. Mais quelle mouche les a piqué?
Quand à Bannon en Europe, a-t-il un permis de travail? Dehors, ce rascal faiseur de trouble.
a écrit le 03/08/2018 à 8:52 :
IL est évident que le brexit ne peut que générer de la vie, sortir de l'union européen c'est déjà de nouveau respirer.

Quand est-ce que ça s'arrête ?

Vite un frexit

"Scandale politique à la Commission européenne" https://www.humanite.fr/scandale-politique-la-commission-europeenne-652181
Réponse de le 06/08/2018 à 13:45 :
@ multipseudos

"Faut évoluer.... "

Ok mais j'aimerais vraiment que vous me montriez comment on fait avant, svp.

Adieu donc.
a écrit le 02/08/2018 à 17:52 :
Effectivement les brexiters avaient raison, nous n'avons pas assisté à l'armaggedon économique que les pro-remain avaient prévus. On assiste plutôt à un lent déclin.
Réponse de le 02/08/2018 à 19:00 :
Les brexiters avaient prévu le lait et le miel en abondance
Réponse de le 03/08/2018 à 0:44 :
Le Brexit n'a pas encore commencé, hein. Le R-U fait encore partie à 100% de l'UE.
Réponse de le 03/08/2018 à 9:56 :
"Le Brexit n'a pas encore commencé, hein. "
Et bien ça il a fallu le rappeler plusieurs fois aux fans du Brexit quand ils déclaraient l'année dernière que le RU allait super mieux.
La vérité est simple: plus on se rapproche de l'échéance plus le RU ralentit.
Les fans du Brexit y croient encore , pas les investisseurs.

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