Changes : amendes d'un milliard d'euros infligées à Citi, JP Morgan, RBS, Barclays et MFUG pour entente

Des banques devraient plaider coupables aux etats-unis dans le scandale du forex
© Mike Segar / Reuters

Des banques devraient plaider coupables aux etats-unis dans le scandale du forex
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« Banana split à trois », « Deux hommes et demi » ou encore « le train Express Essex et Jimmy » : tels étaient les noms de forums de discussions sur les terminaux Bloomberg utilisés par des traders de grandes banques pour échanger des informations sensibles sur les opérations de changes. La Commission européenne a décidé de frapper fort sur cette nouvelle affaire de collusion dans la finance : elle a annoncé ce jeudi 16 mai des amendes d'un total de 1,07 milliard d'euros infligées à cinq banques pour entente sur le marché du Forex (foreign exchange, changes), concernant 11 devises, dont l'euro.
La plus lourdement sanctionnée est l'américaine Citigroup qui écope d'une amende de plus de 310 millions d'euros, suivie de Royal Bank of Scotland (RBS), qui essuie deux amendes d'un total de 249 millions, de JP Morgan (plus de 228 millions), de Barclays (deux amendes pour 210 millions en tout) et de la japonaise MFUG. Elles ont toutes bénéficié d'une réduction de 10% pour avoir collaboré à l'enquête. La suisse UBS, qui a révélé l'existence de ces ententes, a bénéficié d'une immunité totale.
Les amendes sont versées au budget général de l'UE, réduisant en conséquence la contribution des Etats, rappelle la Commission.
Des traders de ces banques concurrentes, qui se connaissaient personnellement (ils prenaient par exemple le même train à destination de Londres depuis la région Est, l'Essex, sauf un certain James), avaient constitué des forums de discussions qui constituaient des « cercles de confiance fermés » où ils échangeaient notamment des informations sur les écarts de cours entre acheteurs et vendeurs sur des opérations précises, sur les devises qu'ils devaient vendre ou acheter pour convertir leurs portefeuilles, sur les ordres de clients non exécutés, etc. Ce qui est évidemment proscrit par la réglementation européenne sur les ententes et pratiques commerciales restrictives.
L'une des infractions (« Three Way Banana Split »), la plus lourdement sanctionnée (811 millions d'amendes au total) a duré de décembre 2007 à janvier 2013, l'autre entente (« Essex Express ») de décembre 2009 à juillet 2012. Les devises concernées étaient l'euro, la livre sterling, le yen japonais, le franc suisse, les dollars américain, canadien, néo-zélandais et australien, ainsi que les couronnes danoise, suédoise et norvégienne, soit les plus liquides et les plus négociées au niveau mondial.
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La Commission rappelle que « d'autres procédures en cours ayant trait à des agissements antérieurs sur le marché des opérations de change au comptant se poursuivent ». Elle mène aussi des enquêtes sur des collusions sur les marchés obligataires.
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