Classement : un fonds de pension français deuxième sur le climat

Finance verte durable EU
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Cocorico. Le fonds de réserve pour les retraites (FRR) décroche la deuxième place dans le classement mondial établi par l'Asset owners disclosure project (AODP), juste derrière le suédois AP4. Ce classement, qui figure dans le rapport "Pensions in a changing world", concerne les 100 plus importants fonds de pension publics au monde, dont les actifs combinés représentent plus de 11.000 milliards de dollars. Il note de AAA à D la façon dont ces fonds tiennent compte du climat, leurs investissements dans des secteurs bas-carbone, la façon dont ils communiquent sur l'exposition de leur portefeuille au risque climatique, etc.
Mais FFR est l'arbre qui cache la forêt. En effet, c'est le seul français figurant parmi les 100 premiers. En revanche, dans leur ensemble, les fonds de pension européens (7 sur 29 obtiennent la note A) devancent nettement leurs homologues asiatiques (aucun fonds n'obtient la note A) ou américains (2 A sur 51). Ces derniers évoluent dans un contexte national difficile, pollué par le climatoscepticisme assumé par l'administration Trump, mais la Californie et New York hébergent néanmoins des pionniers tels que le New York State Common Retirement Fund ou California Public Employees' Retirement System (CalPERS).
A l'inverse, l'Europe bénéficie d'une dynamique en faveur des investissements verts et d'obligations plus strictes sous l'égide du TCFD, groupe de travail du Conseil de stabilité financière (FSB) sur l'information financière relative au changement climatique (task force on climate-related financial disclosure) et du rapport du groupe d'experts de haut niveau sur la finance durable, le HLEG, mis en place par la Commission européenne fin 2016. Les pays du Nord font la course en tête, avec pas moins de cinq fonds suédois et autant de néerlandais qui décrochent un B ou plus. En revanche, les trois plus grands fonds britanniques (USS, Railpen et Electricity Supply Pension Scheme) font figure de bonnets d'âne. Ils ont d'ailleurs été critiqués par les parlementaires britanniques pour leur « inquiétante complaisance » face aux risques climatiques.
Au-delà du classement en lui-même, le rapport révèle que les 100 premiers fonds de pension n'ont investi que 1% de leurs actifs cumulés dans des actifs bas carbone, pour un montant de 90 milliards de dollars. Une piètre performance à mettre au regard de leur poids (le secteur représente un tiers des actifs des investisseurs institutionnels) et des gigantesques besoins que nécessiterait la transition vers une économie bas-carbone, évaluée par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) à quelque 11.000 milliards de dollars par an.
Alors que les initiatives de désinvestissement du secteur du charbon se font de plus en plus nombreuses, elles ne concernent encore que 10% des fonds de pension.
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En termes de politique d'information, une large majorité des caisses de retraite (63% selon le rapport) fournissent trop peu, voire pas du tout, de données permettant d'évaluer leur exposition au risque climatique. Il s'agit pourtant là d'une obligation fiduciaire envers les épargnants, comme l'ont rappelé l'été dernier des avocats britanniques spécialistes de l'environnement. D'ailleurs, un premier fonds, l'australien Retail Employees Superannuation Trust, a déjà été attaqué précisément pour cette raison.
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