Classement : un fonds de pension français deuxième sur le climat

 |   |  639  mots
Les fonds de pension n'investissent que 1% de leurs actifs dans l'économie bas carbone
Les fonds de pension n'investissent que 1% de leurs actifs dans l'économie bas carbone (Crédits : EU)
Un classement publié ce 10 septembre place le fonds de pension français en deuxième position de son classement mondial en fonction de leur action pour le climat, notamment de leur application des recommandations du groupe de travail sur le reporting financier sur le sujet.

Cocorico. Le fonds de réserve pour les retraites (FRR) décroche la deuxième place dans le classement mondial établi par l'Asset owners disclosure project (AODP), juste derrière le suédois AP4. Ce classement, qui figure dans le rapport "Pensions in a changing world", concerne les 100 plus importants fonds de pension publics au monde, dont les actifs combinés représentent plus de 11.000 milliards de dollars. Il note de AAA à D la façon dont ces fonds tiennent compte du climat, leurs investissements dans des secteurs bas-carbone, la façon dont ils communiquent sur l'exposition de leur portefeuille au risque climatique, etc.

« Le fait d'être reconnu comme un chef de file ayant obtenu la note AAA dans l'indice AODP 2018 des fonds de retraite reflète le travail que fait le FRR pour aborder les changements climatiques comme un risque financier important à long terme. [...] ce rapport [...] souligne que le secteur a encore beaucoup de chemin à faire pour tenir compte des changements climatiques dans ses investissements et pour accélérer la transition vers une économie à faible intensité de carbone », a déclaré Mickaël Hellier, chargé de mission investissement responsable.

L'Europe nettement devant les Etats-Unis et l'Asie

Mais FFR est l'arbre qui cache la forêt. En effet, c'est le seul français figurant parmi les 100 premiers. En revanche, dans leur ensemble, les fonds de pension européens (7 sur 29 obtiennent la note A) devancent nettement leurs homologues asiatiques (aucun fonds n'obtient la note A) ou américains (2 A sur 51). Ces derniers évoluent dans un contexte national difficile, pollué par le climatoscepticisme assumé par l'administration Trump, mais la Californie et New York hébergent néanmoins des pionniers tels que le New York State Common Retirement Fund  ou California Public Employees' Retirement System (CalPERS).

A l'inverse, l'Europe bénéficie d'une dynamique en faveur des investissements verts et d'obligations plus strictes sous l'égide du TCFD, groupe de travail du Conseil de stabilité financière (FSB) sur l'information financière relative au changement climatique (task force on climate-related financial disclosure) et du rapport du groupe d'experts de haut niveau sur la finance durable, le HLEG, mis en place par la Commission européenne fin 2016. Les pays du Nord font la course en tête, avec pas moins de cinq fonds suédois et autant de néerlandais qui décrochent un B ou plus. En revanche, les trois plus grands fonds britanniques (USS, Railpen et Electricity Supply Pension Scheme) font figure de bonnets d'âne. Ils ont d'ailleurs été critiqués par les parlementaires britanniques pour leur « inquiétante complaisance » face aux risques climatiques.

Seulement 1% des fonds sous gestion investis dans des actifs bas carbone

Au-delà du classement en lui-même, le rapport révèle que les 100 premiers fonds de pension n'ont investi que 1% de leurs actifs cumulés dans des actifs bas carbone, pour un montant de 90 milliards de dollars. Une piètre performance à mettre au regard de leur poids (le secteur représente un tiers des actifs des investisseurs institutionnels) et des gigantesques besoins que nécessiterait la transition vers une économie bas-carbone, évaluée par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) à quelque 11.000 milliards de dollars par an.

Alors que les initiatives de désinvestissement du secteur du charbon se font de plus en plus nombreuses, elles ne concernent encore que 10% des fonds de pension.

En termes de politique d'information, une large majorité des caisses de retraite (63% selon le rapport) fournissent trop peu, voire pas du tout, de données permettant d'évaluer leur exposition au risque climatique. Il s'agit pourtant là d'une obligation fiduciaire envers les épargnants, comme l'ont rappelé l'été dernier des avocats britanniques spécialistes de l'environnement. D'ailleurs, un premier fonds, l'australien Retail Employees Superannuation Trust, a déjà été attaqué précisément pour cette raison.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/09/2018 à 17:30 :
Avec "une performance annuelle de moyenne de 9,9 % depuis sa création " ( dixit Wikipedia ) ce fonds ( public ) de réserve pour les retraites, gagnerait à être plus connu et peut-être developpé.
a écrit le 11/09/2018 à 4:40 :
Ca va dans le bon sens et à tous les niveaux puisque chaque consommateur peut également orienter son épargne de manière intelligente et investir par exemple dans les renouvelables au lieu du charbon pétrole et gaz responsables du réchauffement climatique et de la pollution. Et l'impact est considérable au plan mondial si chacun fait son job. Il y a pour çà des sicav disponibles en assurance vie ou en compte-titres, du Financement participatif etc. et ce ne sont pas les entreprises et projets intéressants qui manquent.
a écrit le 10/09/2018 à 13:54 :
Il faut une relation entre cout du travail et prix de l'énergie, autrement dit, appliquer la note n°6 du CAE. Que l'auteur de cet article le précise, car je ne suis pas capable de le vérifier. Merci.
a écrit le 10/09/2018 à 10:08 :
le réchauffement climatique simple histoire (d avions reniffleur) au service des politiques
Réponse de le 11/09/2018 à 4:34 :
@ bissness : il vous faudra expliquer pourquoi les scientifiques avaient anticipé le réchauffement climatique lié aux activités humaines il y a dejà environ 2 siècles : Jean Baptiste Fourier en France puis Arrhénius en Suède alors que celà ne servait personne (pas plus que maintenant sinon à servir les partis populistes)
a écrit le 10/09/2018 à 9:25 :
La finance verte (LOL) combien de rejets carbone éliminés ? Combien de pollution évitée ?

Ça fait pas sérieux sans rire... -_-

"L’environnement, nouvelle frontière du capitalisme" https://blog.mondediplo.net/2017-10-13-L-environnement-nouvelle-frontiere-du-capitalisme

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :