Dans le digital, BNP Paribas veut "passer à l'ère industrielle"

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Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, ce mardi à l'assemblée générale des actionnaires.
Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, ce mardi à l'assemblée générale des actionnaires. (Crédits : DR)
La banque va investir "rapidement et beaucoup", l'essentiel de son plan de 3 milliards dans ses systèmes d'information, a expliqué le directeur général de la banque, Jean-Laurent Bonnafé, lors de l'assemblée générale des actionnaires ce mardi. Elle accueille au conseil le patron de Valeo, modèle de transformation numérique réussie.

BNP Paribas veut se conformer à son slogan de "banque d'un monde qui change" et construire "la banque de demain" : c'est le message adressé ce mardi aux actionnaires réunis en assemblée générale au Palais des Congrès de Paris. Appuyé par un court film de "banque fiction" où l'on voit un client équipé d'un casque de réalité virtuelle dans le bureau de sa conseillère, comme s'il visitait son futur appartement.

Le directeur général Jean-Laurent Bonnafé a insisté sur la dimension de transformation numérique du plan stratégique 2020:

"Pendant le plan 2010-2014, nous avons fait nos gammes et appris à comprendre le digital. Maintenant, nous sommes en position de passer à l'ère de l'industrialisation et allons investir résolument, à la hauteur du groupe, soit 3 milliards d'euros pour amener l'ensemble des métiers au bon niveau de digitalisation.

Il faut changer nos façons de faire de la banque, le modèle opérationnel : on ne peut plus faire du crédit immobilier de la même façon".

Ces investissements seront très ciblés, a-t-il souligné :

"Il faut faire évoluer très significativement notre informatique. La plus grande partie des 3 milliards seront consacrés à nos systèmes d'information : il faut investir rapidement et beaucoup, car les systèmes d'information d'avant ne permettent pas le bon niveau de digitalisation."

Réalité virtuelle BNP

[Ambiance réalité virtuelle dans le film 360° Corporate 2017 de BNP Paribas]

Intelligence prédictive et startups

Le patron de la BNP a cependant mis en garde contre "la tentation de faire moins cher, voire gratuit: nous allons rentrer dans un univers où les tarifs seront en baisse."

Le numérique doit donc aider à générer des économies (2,7 milliards d'euros en année pleine) mais aussi de nouveaux revenus.

"Nous devons être plus en amont avec les clients, comprendre à l'avance les attentes d'un client ou d'un fonds de commerce. Il faut être plus fort sur les données, utiliser des outils d'intelligence prédictive et développer des services nouveaux. La digitalisation ne peut pas consister qu'à fluidifier le parcours des clients, quels qu'ils soient, sinon l'entreprise sera moins rentable compte tenu des investissements importants à réaliser" a prévenu le DG de la banque.

La BNP, qui se revendique "la première banque des startups" avec 2.000 jeunes pousses clientes, reconnaît qu'il faudra "s'approprier les idées, qui viendront souvent d'ailleurs, des startups, il faut savoir travailler avec elles".

Pour l'accompagner dans cette mutation en profondeur, la banque de la rue d'Antin a proposé la nomination au conseil d'administration de Jacques Aschenbroich, le PDG de l'équipementier auto Valeo, un modèle de transformation numérique réussie, en plaçant l'innovation au cœur de sa stratégie. Sa nomination a été approuvée à 96,11% par les actionnaires.

Accompagner les salariés... et les actionnaires

Néanmoins, cette transformation soulève aussi des craintes. "Face à la digitalisation, que vont devenir les employés ? Beaucoup de postes partent à l'étranger", a remarqué une actionnaire (une délocalisation de 150 postes informatiques au Maroc est en effet en discussions). Thierry Laborde, le responsable de la banque de détail et des "marchés domestiques" s'est voulu rassurant :

"Nous savons nous adapter en préservant notre pacte social, sans aucun départ contraint. Nous avons un turnover naturel suffisant en France pour gérer cette adaptation sereinement pour nos collaborateurs".

Une salariée depuis 14 ans a aussi exprimé ses inquiétudes face "à l'émergence de nouvelles technologies comme la Blockchain dont l'essence même est la dématérialisation des tiers de confiance, dont les banques". Cette technologie de stockage des informations, testée notamment dans la conservation de titres boursiers, est "une menace et aussi une opportunité" selon Jean-Laurent Bonnafé, qui a insisté sur l'objectif du plan 2020 :

"La banque va devoir se transformer pour changer la façon de faire de la banque, pour résister à de nouveaux entrants et pour tirer le meilleur profit des nouvelles technologies".

Interrogé sur les cyberattaques, le directeur général de la BNP a assuré que la banque ne faisait pas partie des entreprises "touchées de façon sensible et matérielle" par le récent piratage massif qui avait affecté Renault. Il a indiqué qu'il y avait "énormément d'investissements prévus, en centaines de millions d'euros" dans le plan 2020 en matière de cybersécurité.

Autre défi en perspective : accompagner les clients dans cette mutation, notamment les moins versés dans le numérique, les populations âgées ou défavorisées, mais aussi les actionnaires. Un petit porteur n'ayant pas Internet s'est ainsi plaint d'être exclu du cercle des actionnaires qui requiert de posséder une adresse e-mail pour pouvoir adhérer...

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Commentaires
a écrit le 23/05/2017 à 17:24 :
(une délocalisation de 150 postes informatiques au Maroc est en effet en discussions).

Bref , chez BNP Paribas ce sera des robots ou des marocains .Pendant ce temps ,on accompagnera les salariés d'ici vers ...pôle emploi.
a écrit le 23/05/2017 à 17:23 :
Si on parle de l'euro, peut-on cautionner une baisse de monnaie si on veut réaliser une monnaie de référence, n'existe-t-il pas une contradiction entre niveau de vie et flingage monétaire? Existe-t-il en Europe une explication au fait qu'on publie qu'il y aurait 4 fois la masse monétaire des USA pour un pib comparable et une production en baisse mais pas en Allemagne? Existe-t-il une explication au fait qu'on publie qu'il existerait en Europe une magie keynésienne, fait-on un pib fictif? La porte de Brandebourg ou l'arc de triomphe ne sont-ils pas de jolis monuments à la gloire des gens qui font des efforts ou du bon travail? Les citoyens de l'Europe sont-ils mal servis?
a écrit le 23/05/2017 à 17:16 :
Beaucoup de com ... " Il faut faire évoluer très significativement notre informatique."
Je suis certain que les anciens clients de Cortal Consors ne pensent pas que la nouvelle plateforme soit un progrès, mais plutôt une forte régression.
Par ailleurs il semble qu'il y ait une certaine discrimination des clients sur Mac à la BNP, et que les agences ne soient pas prêtes à faire remonter des doléances.

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