Face au Covid, les banques européennes devraient augmenter leurs provisions de plus de 300 milliards

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(Crédits : Nacho Doce)
Les banques vont sans doute devoir couvrir davantage de pertes au niveau mondial que prévu. "Entre 2% et 2,4% de leurs portefeuilles de crédits (...) soit près du double des abandons de créances enregistrés lors de la crise financière mondiale de 2008", estime le cabinet Accenture dans une étude. Mais tous les pays ne seront pas soumis au même risque qui va autant toucher le secteur privé que le secteur public.

Les banques françaises étaient plutôt confiantes pendant l'été au sujet de leurs créances. Frédéric Oudéa, le patron de Société Générale et président de la Fédération bancaire française (FBF), estimait en effet, en juillet, que les créances douteuses provoquées par la crise du Covid-19 et les besoins en financements des entreprises étaient "tout à fait gérable par les banques françaises".

Une confiance que ne partage pas aujourd'hui totalement le cabinet Accenture. D'après lui, les banques européennes risquent de devoir passer jusqu'à 335 milliards d'euros de provisions supplémentaires pour couvrir les éventuelles pertes sur créances liées à la crise, estime-t-il dans une étude publiée mercredi.

Cette prévision alarmiste rejoint en outre celle de l'Autorité bancaire européenne (ABE) qui prévoyait, dès le mois de mai, des pertes potentielles de 315 milliards d'euros, sur les fonds propres "durs" des banques de l'Union européenne. Ce scénario était alors jugé comme "le plus sévère". Il pourrait finalement correspondre aux besoins.

Des abandons de créances multipliés par deux par rapport à 2008

En 2019, les banques européennes ont provisionné 80 milliards d'euros, afin de faire face à des potentielles pertes sur créances. Elles devront provisionner entre 265 et 335 milliards d'euros supplémentaires par rapport au niveau de 2019 pour couvrir les abandons potentiels de créances irrécouvrables, en fonction de la gravité de la crise sanitaire de Covid-19", écrit le cabinet.

Dans son rapport, Accenture prévoit qu'au niveau mondial, les banques devront provisionner "entre 2% et 2,4% de leurs portefeuilles de crédits, afin de couvrir les pertes attendues en matière de prêts impayés − soit près du double des abandons de créances enregistrés lors de la crise financière mondiale de 2008".

Des risques différents selon le pays

Cela étant, la situation devrait différer sensiblement d'un pays à l'autre, "en fonction de leur niveau d'engagement dans des programmes de soutien et de relance de l'économie, mais aussi en fonction de la gravité de la crise sanitaire du Covid-19 qui les touche", est-il précisé.

Ainsi, au Royaume-Uni, un crédit immobilier sur six et 1,5  million de cartes de crédit et de prêts à la consommation bénéficient de suspensions de remboursement. Aux États-Unis, environ 9% des prêts immobiliers bénéficient de reports d'échéances depuis juin. En France, plus de deux millions de clients ont bénéficié d'un moratoire sur leurs crédits dont plus de 80% sont des entreprises et professionnels, détaille le rapport.

Des aides publiques à foison, et ensuite ?

Dans une économie de plus en plus dépendante de la dette, les banques devront ainsi faire face à la gestion de leurs portefeuilles existants, tout en assurant l'octroi de nouveaux crédits. "Avec l'arrêt progressif des programmes publics de soutien des entreprises et des particuliers, c'est aux banques qu'il va incomber de mobiliser des capitaux supplémentaires pour absorber les défauts de crédit et continuer à financer l'économie", estime le rapport.

En France, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a déjà prévenu fin août : "d'habitude, il y a 50.000 faillites en moyenne par an, il y en aura sans doute plus dans les mois qui viennent". L'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) anticipait, lui, une augmentation de 80% des défaillances d'entreprise en France.

(Avec AFP)

Lire aussi : Prêtes à absorber les faillites, les banques planchent pour aider les PME

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Commentaires
a écrit le 02/09/2020 à 15:06 :
Voila le prototype de l'article écrit par quelqu'un qui recopie au lieu de comprendre.
300 milliards en face de combien de bénéfices annuels? Combien de fonds propres.
Si le journal doit juste etre une clownerie cessez de l'écrire sinon informez en donnant les moyens de comprendre de quoi on parles en proportion de quelles grandeurs.

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