Fusion Deutsche - Commerzbank : 20.000 emplois menacés ?

Deutsche bank et commerzbank parlent fusion
Kai Pfaffenbach

Deutsche bank et commerzbank parlent fusion
Kai Pfaffenbach
[Article mis à jour à 16h05]
Des risques de doublons massifs. Selon le premier syndicat allemand, Verdi, la fusion des deux plus grandes banques du pays, Deutsche Bank et Commerzbank, qui ont confirmé avoir engagé des discussions ce week-end, risquerait de se traduire en catastrophe sociale. Le rapprochement pourrait mettre en péril 20.000 postes, affirme le secrétaire général du syndicat, Frank Bsirske, qui est également membre du conseil de surveillance de Deutsche Bank, dans un entretien publié par les journaux Stuttgarter Zeitung et Stuttgarter Nachrichten.
Deutsche Bank emploie actuellement 91.700 personnes et Commerzbank 49.000, soit environ 140.000 au total.
Un autre représentant de Verdi, Jan Duscheck, également membre du conseil de surveillance de Deutsche Bank, a déclaré, lors d'une intervention télévisée, qu'une fusion entre les deux banques pourrait sur le long terme se traduire par 10.000 suppressions de postes à court terme et 30.000 postes à long terme.
Selon l'agence Bloomberg, le patron de Deutsche Bank, Christian Sewing, aurait obtenu l'assurance du ministre des Finances, Olaf Scholz, que le gouvernement ne bloquerait pas les dizaines de milliers de suppressions d'emploi envisagés dans le cadre du rapprochement entre Deutsche Bank et Commerzbank. Berlin espère créer un champion national, à même de soutenir le tissu d'entreprises exportatrices allemandes. Le gouvernement allemand est déjà actionnaire à plus de 15% de Commerzbank, la banque du Mittelstand, qu'il a sauvée de la faillite en 2008.
La perspective de cette fusion est plutôt bien accueillie sur les marchés : l'action Deutsche Bank s'adjuge plus de 4% ce lundi à la bourse de Francfort, celle de Commerz plus de 6%. Les conseils de surveillance des deux banques se réunissent jeudi.
Les deux banques ne sont pas complémentaires aux yeux du secrétaire général de Verdi, alors qu'une convergence de leurs activités à l'international aurait peut-être été plus utile. Les chevauchements seraient très importants dans la banque de particuliers et des entreprises. Le nouvel ensemble aurait une part de marché de 20% dans la banque de détail en Allemagne et un effectif de 140.000 personnes à travers le monde. Même dans la banque d'investissement, le dirigeant du syndicat ne voit pas en quoi l'opération renforcerait le secteur.
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Du côté des analystes financiers aussi, certains s'interrogent sur la pertinence de cette fusion, poussée par le gouvernement allemand. Les deux banques combinées donneraient naissance à un géant bancaire d'environ 1.800 milliards d'euros d'actifs au bilan, avec une capitalisation boursière cumulée de l'ordre de 25 milliards d'euros. Un des grands actionnaires de Deutsche Bank ne serait pas très convaincu non plus, selon l'agence Reuters. Les premiers actionnaires de la première banque allemande sont le gestionnaire d'actifs américain BlackRock et le fonds activiste de Douglas Braunstein.
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