La fusion Deutsche Bank Commerzbank poussée par le gouvernement allemand

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Commerzbank, la deuxième banque allemande a comme premier actionnaire l'Etat allemand, qui envisagerait de la rapprocher de Deutsche Bank, le premier établissement du pays.
Commerzbank, la deuxième banque allemande a comme premier actionnaire l'Etat allemand, qui envisagerait de la rapprocher de Deutsche Bank, le premier établissement du pays. (Crédits : Ralph Orlowski)
Le ministère allemand des Finances étudierait différents scénarios dont une entrée au capital de Deutsche Bank en vue de piloter un rapprochement avec la deuxième banque du pays, Commerz, dont l'État est déjà actionnaire, selon le magazine Focus.

La rumeur est décidément insistante et de plus en plus précise. Selon le magazine économique allemand Focus, Berlin s'active en vue d'une fusion des deux géants bancaires du pays, fragilisés. Le ministère allemand des Finances étudierait différents scénarios dont celui d'une prise de participation par l'État allemand au capital de Deutsche Bank pour ensuite "orchestrer" un rapprochement des deux banques via un échange d'actions, sachant que l'État est déjà le premier actionnaire de Commerzbank, avec une part de 15% du capital.

L'objectif serait de s'assurer que la première économie européenne dispose d'au moins un établissement bancaire capable d'accompagner ses entreprises à l'international, indique le journal Focus.

La deuxième option étudiée serait un appel à des investisseurs, tels que des "groupes industriels nationaux", voire à l'État allemand, pour financer une prise de contrôle de Commerzbank par Deutsche Bank, selon Focus. Un troisième scénario serait la création d'une holding comme véhicule de fusion.

Plus bas historique

Deutsche Bank a perdu plus de 50% de sa valeur en un an et touché un nouveau plus bas historique début décembre. La première banque allemande pèse actuellement un peu plus de 15 milliards d'euros à la Bourse de Francfort, tout de même le double de la deuxième, Commerzbank (-46%), à 8,5 milliards d'euros. Les deux titres sont inchangés ce lundi matin.

Le cabinet du ministre des Finances Olaf Scholz a déclaré ne pas vouloir être impliqué dans une quelconque spéculation. Deutsche Bank s'est refusée à tout commentaire, rappelant les récents propos de son patron, Christian Sewing, qui s'était dit opposé à une fusion avec son concurrent. Commerzbank n'a pas répondu dans l'immédiat. Son patron Martin Zielke, s'était montré ouvert à une fusion.

Deutsche Bank a pâti la semaine dernière de nouvelles révélations sur sa probable implication dans le scandale de blanchiment concernant Danske Bank. La banque allemande aurait participé au traitement de 80% des des 200 milliards d'euros d'opérations suspectes ayant transité via la filiale estonienne de la banque danoise.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2018 à 13:03 :
Les banques allemandes ne sont pas un exemple.Qu'ils fusionnent afin que les champions tricolores leurs piquent des parts de marchés
a écrit le 10/12/2018 à 23:02 :
Fusionner deux canards boiteux avec l'état allemand comme actionnaire va juste produire le monstre To-big-to-fail . La présence de l'état obligera le pompier BCE à intervenir, mais avec les grands moyens : la position créditrice de la BD, prés de 1000 Md est à comparer aux 490 Md de dette italienne, dont on ne voit pas un début possible de remboursement. La Bundesbank, par ailleurs impliquée dans le scandale de Danske Bank (150 Md de blanchiment), a un bénéfice net sur un an en recul de 65 % au 3 ème trimestre (Capital 24/10). Tout ça ressemble un peu à l'alerte orange de la météo. L'UE s'efforcera de tenir au moins jusqu'aux élections européennes ...
a écrit le 10/12/2018 à 20:44 :
fusionner deux boites pas en bon etat, ca donne pas forcement un champion du monde!
a écrit le 10/12/2018 à 19:48 :
Pierre Jovanovic avait affirmé il y a des années que l'Allemagne allait fusionner la DB avec Commerzbank. On l'a censuré et qualifié ses propos de fake news.

Vive la démocratie et la liberté de la presse :O
a écrit le 10/12/2018 à 19:15 :
Des qu'il y a embargo, tout transfert de fonds transfrontalier est considéré comme blanchiment. Ainsi des transferts entre la France et l'Iran, entre l'Allemagne et la Russie.
Est-ce vraiment scandaleux? Ce sont plutôt les embargos et blocus qui sont scandaleux, car les victimes sont les populations civiles.
a écrit le 10/12/2018 à 15:06 :
L'Allemagne toujours auto centrée, ça fait plaisir de se saigner pour voir ce pays patauger dans sa dérive oligarchique mortifère qu'elle impose du coup à l'UE toute entière.

"L’Allemagne, puissance sans désir" https://www.monde-diplomatique.fr/2015/05/A/52957 (dossier)

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