Gestion d'actifs : le français Amundi devient le numéro huit mondial

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Jean-Pierre Mustier (à gauche) le patron d'Unicredit, et Yves Perrier, le directeur général d'Amundi, signent l'accord d'acquisition. Le numéro un européen de la gestion d'actifs grimpe au classement mondial avec le rachat de Pioneer.
Jean-Pierre Mustier (à gauche) le patron d'Unicredit, et Yves Perrier, le directeur général d'Amundi, signent l'accord d'acquisition. Le numéro un européen de la gestion d'actifs grimpe au classement mondial avec le rachat de Pioneer. (Crédits : Amundi)
Avec l'acquisition de l'italien Pioneer pour 3,5 milliards d'euros, la filiale du Crédit Agricole gagne quatre places dans le classement des plus grands asset managers. Le rachat sera financé par une augmentation de capital de 1,4 milliard au premier semestre 2017.

[Article publié à 9h50, mis à jour à 17h50]

C'est officiel : c'est le français Amundi qui rachète le gestionnaire d'actifs Pioneer à la banque italienne Unicredit, pour un montant de 3,54 milliards d'euros. Cette acquisition fera grimper à la huitième place du classement mondial des plus grands asset managers (contre 12e actuellement selon le classement IPE) la filiale du Crédit Agricole, qui est déjà le numéro un européen, avec 1.054 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Pioneer lui en apportera 222 milliards de plus. L'Italie deviendra son deuxième marché.

classement Amundi

 [Classement TOP 400 Asset Managers IPE 2016]

Augmentation de capital de 1,4 milliard d'euros

Cette acquisition sera financée par une augmentation de capital de 1,4 milliard d'euros, qui sera lancée au premier semestre 2017 et que Crédit Agricole SA garantira et souscrira de manière à conserver au minimum 66,7% du capital après l'opération. Le solde sera financé par endettement (600 millions d'euros en dette senior et subordonnée) et par 1,5 milliard d'euros de capital excédentaire. L'opération aura un impact négatif sur le ratio de solvabilité CET1 de Crédit Agricole SA compris entre 55 et 85 points de base.

Amundi précise dans un communiqué qu'il attend des synergies de coûts annuelles de 150 millions d'euros et des synergies de revenus de l'ordre de 30 millions d'euros (avant impôt). Si, la société de gestion prévoit de doubler sa présence à Milan où elle emploiera 600 personnes, elle envisage 450 suppressions de postes sur les 5.800 du nouvel ensemble.  Les coûts de mise en œuvre sont estimés à 190 millions d'euros et seront étalés sur 2017 et 2018. L'opération aura un effet positif d'environ 30% sur le résultat par action de l'entreprise de gestion d'actifs, née en 2010 de la fusion de Crédit Agricole Asset Management et de Société Générale AM.

La banque Unicredit indique de son côté qu'elle recevra en plus un dividende extraordinaire de 315 millions d'euros de la part de Pioneer avant la conclusion de la transaction, et qu'elle encaissera une plus-value nette de 2,2 milliards d'euros. L'opération améliorera son ratio de fonds propres Common Equity Tier 1 de 78 points de base. La première banque italienne en termes d'actifs, dirigée par le français Jean-Pierre Mustier, précise que la Pologne (Pioneer Pekao, soit 4 milliards d'euros d'encours) ne fait pas partie de l'accord de cession :cette partie a été transférée au sein de la banque Pekao qu'Unicredit vient de vendre à l'assureur PZU associé au fonds polonais de développement.

La nouvelle est bien accueillie par les marchés : l'action Amundi gagnait 7% lundi après-midi, atteignant en séance un record historique au-delà des 51 euros. Elle a fini en hausse de 5,35%, avec une capitalisation de 8,3 milliards d'euros.

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