Goldman Sachs condamne le décret Trump anti-immigration

Le Pdg de la banque d'affaires, Lloyd Blankfein, a déclaré "ne pas soutenir la politique" du nouveau président américain, alors que l'ex-numéro deux de Goldman a rejoint l'équipe Trump.
Delphine Cuny

3 mn

Loyd Blankfein, le Pdg de Goldman Sachs, a pris position de façon claire contre la politique anti-immigration de Donald Trump.
Loyd Blankfein, le Pdg de Goldman Sachs, a pris position de façon claire contre la politique anti-immigration de Donald Trump. (Crédits : REUTERS/Pascal Lauener)

Il n'y a pas que la Silicon Walley qui se rebelle contre le décret anti-immigration de Donald Trump. Wall Street aussi, mais de façon plus feutrée. Plusieurs institutions financières de premier plan ont partagé en interne leurs préoccupations à l'égard de l'interdiction d'accès au sol américain aux réfugiés et ressortissants de sept pays (Iran, Irak, Libye, Soudan, Somalie, Syrie, Yémen) décrété vendredi par le nouveau président. Dès vendredi soir, dans un mémo interne, le comité de direction de JP Morgan avait indiqué s'appliquer à trouver une solution pour ses salariés pouvant être touchés par la mesure. Le patron de Morgan Stanley, James Gorman, a également communiqué sur le sujet dans un message interne dimanche :

"Bien qu'aucun de nos employés n'ait été impacté au cours d'un déplacement à ce jour, nous sommes inquiets pour ces personnes et leurs familles qui pourraient être affectées et nous leur apporterons le soutien nécessaire. [...] Continuer à attirer des talents du monde entier est un élément clé de la culture de Morgan Stanley et de notre succès dans le service apporté à nos clients".

Ironie de la situation

La première banque d'affaires au monde, Goldman Sachs, a pris position de façon encore plus claire, bien que plus discrète que celle des entreprises de la Tech. Son Pdg, Lloyd Blankfein, l'a désapprouvée sans détour dans un message audio interne :

"Ce n'est pas une politique que nous soutenons et je remarque qu'elle a déjà été contestée devant un tribunal fédéral et certaines dispositions du décret ont déjà été bloquées, au moins temporairement".

Le Pdg de la banque américaine "reconnaît qu'il y a un risque potentiel de perturbation" au sein de la firme, "en particulier pour certains des nôtres et leurs familles", auxquels il s'engage à apporter tout son soutien possible "dans le cadre de la loi" pour minimiser les conséquences de cette mesure . La situation ne manque pas d'ironie : Goldman Sachs a perdu son numéro deux, le directeur opérationnel Gary Cohn, qui a rejoint l'équipe Trump comme conseiller économique. Un ancien dirigeant de Goldman, Steve Mnuchin, a été nommé au Trésor.

En revanche, un autre décret en préparation devrait redonner le sourire aux grandes banques américaines : Donald Trump a indiqué lundi, lors d'une rencontre avec des représentants des PME, qu'il allait "se débarrasser massivement de la régulation, jusqu'à 75%", en particulier de la loi bancaire Dodd-Frank qui "a été un désastre". Il avait déjà évoqué pendant la campagne son souhait d'abroger cette loi votée sous Obama pour empêcher une nouvelle crise financière.

Delphine Cuny

3 mn

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Commentaires 5
à écrit le 01/02/2017 à 8:31
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GS : une banque humanitaire;n'a jamais spéculé, n'a jamais provoqué de crise,son PDG gagne à peine 2000 € par mois,ne se verse aucune prime, n' jamais été renfloué par le Khontribuable. Quand les cadres de cette banque iront en prison ?

à écrit le 31/01/2017 à 15:19
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Et ce qui est mauvais pour GS est bon pour l'humanité en règle générale. Nos dirigeants européens dopés par la pensée binaire n'ont absolument aucune chance d'anticiper un trump ou un brexit ou tout autre phénomène allant à l'encontre de l'orthod...

à écrit le 31/01/2017 à 14:50
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Ce Nouveau président un avantage. Il permet d'étaler au grand jour qui fait quoi et qui a intérêt à quoi. Sans surprises, Goldman Sachs veut de l'immigration à gogo. Sans surprise, Starbucks veut de l'immigration. Sans surprise, Sapin défend le comm...

à écrit le 31/01/2017 à 8:47
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Bon ben puisque vous ne voulez pas que l'on critique la pire des banques mondiales disons que certaines horloges cassées ne donnent malgré tout jamais la bonne heure dans la journée. C'est bon ne vous en faites pas leurs actionnaires ne compre...

à écrit le 30/01/2017 à 19:03
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Je milite en permanence contre la pensée binaire et me suis abstenu de commenter ce décret avant d'en connaître les tenants aboutissants mais là, la solution s'impose d'elle-même vu que c'est GS qui le dit, ce décret est donc forcément une bonne cho...

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