Pour Citigroup, « la Blockchain n’est pas une menace mais une opportunité »

Blockchain potentiel finance Citigroup
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Blockchain potentiel finance Citigroup
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Citigroup ne cède pas au « Blockchain bashing » ambiant, la tendance à dénigrer le potentiel de la technologie de stockage et de transmission d'informations née avec le Bitcoin, sur fond de krach des crypto-actifs. La plus internationale des banques américaines, présente dans 90 pays, principalement pour accompagner de grandes entreprises, croit sérieusement au potentiel de la technologie de « chaîne de blocs. » Lors d'une table ronde devant la presse à Londres, ce mardi 4 décembre, le responsable mondial de la stratégie digitale et données de Citi, Steven Holzer, a ainsi expliqué :
A travers son bras de capital-risque dans la Fintech Citi Ventures, la banque new-yorkaise, qui pèse quelque 145 milliards de dollars à Wall Street, a investi en août 2015 dans Chain Inc, aux côtés du français Orange Digital Ventures, dans R3 auprès d'une quarantaine de grandes institutions financières dont Natixis, BNP Paribas et Société Générale, dans Digital Assets Holdings en janvier 2016 aux côtés, entre autres, de BNP Paribas, JP Morgan et Santander. Il y a deux ans, Citi a mené le tour de table de la plateforme de change londonienne Cobalt DL. En février dernier, la banque a investi aux côtés d'Orange et du Crédit Agricole dans la startup britannique Setl, qui a développé une infrastructure de paiements et règlements permettant aux acteurs de marché d'échanger directement entre eux des actifs ou des liquidités. Cet été, elle a réinvesti dans la new-yorkaise Axoni, qui a levé 32 millions de dollars. Selon le cabinet spécialisé CB Insights, Citi était à fin juin la deuxième banque américaine la plus active derrière Goldman Sachs en investissements dans les startups de la Blockchain.
La directrice mondiale de l'innovation pour la vaste division Treasury & Trade Solutions (pilotage de trésorerie, financement des activités à l'international) qui traite 4.000 milliards de dollars par jour de paiements de ses clients, Gulru Atak, est l'une des expertes du sujet chez Citi. Celle qui dirige également l'Innovation Lab de Dublin nous dévoile les projets du géant américain.
L'objectif de cette solution de paiement intégrée et de réconciliation automatique en utilisant un registre distribué, est de résoudre les problèmes de liquidité des titres privés (non cotés) en rationalisant les transactions de paiement entre plusieurs parties.
Selon les experts de Citigroup, il y aurait plus de 350 projets Blockchain à l'état de réflexion dans les services financiers, 75 à l'état de prototype ou au stade de validation du concept (« proof of concept » ou PoC) et moins de 25 seraient passés en mode pilote, en production ou en déploiement. L'impact potentiel de la Blockchain dans le domaine financier sera particulièrement fort dans le financement du commerce international et les paiements transfrontaliers, selon une cartographie réalisée par ses spéciallistes.
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[Gulru Atak, directrice mondiale de l'innovation pour la division Treasury & Trade Solutions de Citi et de l'Innovation Lab de Dublin. Crédits : Laura Henry/Citi]
Un autre projet auquel Citi participe va bientôt entrer en production, au quatrième trimestre 2019 : il s'agit de la plateforme de financement du commerce international de matières premières komgo, au sein de laquelle 15 entreprises, dont plusieurs grandes banques, se sont associées en collaboration avec le cabinet de conseil Consensys, et dirigée par Souleïma Baddi, qui a quitté la Société Générale pour cette aventure.
Citi regarde aussi le domaine des assurances de lettres de crédit et envisage de s'associer avec d'autres banques, des assureurs et des réassureurs.
Cependant, pour l'instant, Citi ne fait pas partie d'un des nombreux consortiums Blockchain dans le financement du commerce international à l'image de wetrade et eTradeConnect, Marco Polo, Voltron (HSBC, BNP Paribas, ING, etc), etc.
« Nous discutons avec beaucoup d'acteurs, par exemple avec IBM et Maersk » - le géant danois du transport maritime - qui ont lancé en août dernier TradeLens, une Blockchain de logistique internationale connectant importateurs, exportateurs, douanes, ports, etc.
Pas de circonspection pour autant chez la banque américaine, quand d'autres concurrentes se montrent plus timides, voire franchement critiques.
Elle relève que « les cas d'usage ont basculé des blockchains publiques aux blockchains privées, sous permission [auxquelles des membres accèdent sur autorisation]. Il n'est pas possible de mettre les données des clients sur une blockchain publique pour des questions de confidentialité, de vie privée, de régulations, en tous cas dans l'environnement actuel : il est indispensable de contrôler qui a accès à quoi » insiste-t-elle.
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Citigroup étudie également comment utiliser les technologies de registre distribué dans l'identité client et le KYC (la connaissance client). Le groupe envisage aussi de créer une sorte de passerelle pour que ses clients puissent se connecter à plusieurs blockchains de technologie différente, ainsi qu'une solution de gestion des clés privées pour accéder à leurs comptes en actifs numériques.
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