HSBC France : achetée au prix fort il y a 20 ans et bientôt vendue pour des broutilles ?

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(Crédits : Lim Huey Teng)
Selon Les Echos, l'activité de banque de détail en France d'HSBC pourrait être vendue à un prix symbolique, situé entre 0 et 50 millions d'euros. La Banque Postale et Société Générale, les deux potentiels acquéreurs, craignant d'importants coûts de restructuration liés au réseau d'agences.

Le rachat du Crédit Commercial de France en 2002 par HSBC pourrait se révéler une très mauvaise affaire. Selon les informations des Echos, HSBC pourrait, en effet, vendre son activité de banque de détail en France à prix cassé. le montant évoqué par une source proche du dossier se situe entre 0 et 50 millions d'euros, contre une acquisition à 11 milliards d'euros près de 20 ans auparavant.

Deux acquéreurs potentiels

Aujourd'hui deux établissements restent en lice pour cette acquisition : La Banque Postale et Société Générale. Les deux convoitent la clientèle haut de gamme de la banque britannique (environ 800.000 clients en France, soit une toute petite part de marché de 2% environ), mais anticipent de vastes coûts de restructuration, liés entre autres au réseau d'agences, à l'heure où le secteur bancaire multiplie les initiatives pour générer des économies afin de maintenir une rentabilité dans un environnement de taux durablement bas.

Société Générale prévoit ainsi de supprimer 530 postes à l'horizon 2023 dans son activité de banque de détail en France tandis que son plan "Transform to grow", présenté en novembre 2017, prévoit la fermeture de 300 agences d'ici à fin 2020 pour arriver à 1.700 implantations.

Actuellement, HSBC France emploie 8.000 personnes, contre 9.500 il y a trois ans, après une importante restructuration, dont environ 3.300 dans la banque de détail, . Dans l'Hexagone, la banque compte quelque 264 agences, dont la moitié en région parisienne. Selon une source syndicale, jusqu'à 5.000 personnes pourraient être concernées par cette cession.

Suppression de 35.000 postes dans le monde

Pour la première fois, en 2018, l'activité banque de particuliers et gestion de patrimoine, (RBWM pour Retail Banking Wealth Management) a dégagé une perte de 55 millions d'euros avant impôt pour un produit net bancaire de 749 millions d'euros, du fait de l'impact des taux bas et des renégociations de crédit immobilier.

Des résultats qui avaient pesé sur ceux de la filiale française, également à la peine dans les activités de marché : le bénéfice avant impôt de HSBC France avait été quasi divisé par cinq, de 219 à 45 millions d'euros, pour un produit net bancaire de 1,7 milliard d'euros (en recul de 10%), inférieur à celui du Crédit Mutuel Arkéa à titre d'exemple.

Ce mardi 18 février, à l'occasion de la présentation de ses résultats annuels pour l'exercice 2019, HSBC a annoncé un vaste plan de structuration, prévoyant notamment la suppression de 35.000 postes au cours des trois prochaines années"Notre objectif est de faire passer nos effectifs actuels de 235.000 à 200.000 au cours des trois prochaines années", a déclaré Noel Quinn, le directeur général par intérim du géant bancaire, tandis que le bénéfice net du groupe a chuté de 53% en 2019.

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a écrit le 18/02/2020 à 21:49 :
Des résultats qui avaient pesé sur ceux de la filiale française, également à la peine dans les activités de marché : le bénéfice avant impôt de HSBC France avait été quasi divisé par cinq, de 219 à 45 millions d'euros, pour un produit net bancaire de 1,7 milliard d'euros (en recul de 10%), inférieur à celui du Crédit Mutuel Arkéa à titre d'exemple.

elle serait donc vendue pour moins d'un an de profit??? quelquechose m'échappe
a écrit le 18/02/2020 à 19:59 :
Il y a beaucoup de manques dans cet article et tout particulièrement :
a) les gains liés au montage financier lors de l'acquisition du CCF
b) les gains issus des différentes cessions au fil des ans (filiales et diverses activités)
c) les gains provenant des cessions immobilières (siège et immeubles d'agences)
d) les dividendes transférés vers la maison mère.
a écrit le 18/02/2020 à 16:02 :
Il serait regrettable que cette banque qui était en avance sur son secteur en matière numérique (minitel) disparaisse.
Réponse de le 19/02/2020 à 11:34 :
Il n'y a pas que dans le numérique qu'elle était en avance. C'était aussi le cas dans la manière de démarcher des potentiels clients et de placer leur argent.
Réponse de le 19/02/2020 à 11:34 :
Il n'y a pas que dans le numérique qu'elle était en avance. C'était aussi le cas dans la manière de démarcher des potentiels clients et de placer leur argent.
Réponse de le 19/02/2020 à 15:17 :
Le minitel c'était il y a 40 ans déjà; une éternité dans un paysage bancaire devenu très dynamique et évoluant sur des modèles économiques à revoir, pour cause de start-ups financières, de digitalisation des activités, d'attrition du réseau bancaire physique... pour ne citer que les principales...

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