Dexia : la France va-t-elle devoir remettre au pot ?

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La situation du marché obligataire belge pourrait contraindre la France à prendre en charge une part supplémentaire du plan de sauvetage de la banque. Pour Bercy, il n'est pas question de renoncer à l'accord.

Les négociations sur le démantèlement de Dexia Holding sont toujours en cours, et la France pourrait être amenée à prendre une plus grande part que prévu dans le plan de sauvetage. Pour l'instant, la Belgique endosse la plus grande partie (60,5 % contre 36,5 % pour la France) de la garantie d'État de 90 milliards d'euros vis-à-vis du holding. Cette garantie aurait dû permettre à Dexia de récolter 54 milliards d'euros sur le marché obligataire belge dans les prochaines années. Ce faisant, Dexia entre cependant directement en concurrence avec l'État lui-même qui doit aussi trouver sur le marché de l'argent pour financer la dette souveraine et le déficit budgétaire. Compte tenu de la situation sur le marché obligataire belge, les spécialistes estiment que Dexia ne pourra se procurer que 20 à 25 milliards d'euros dans les années à venir.

Selon la presse locale, la Belgique a déjà informé la France et la Commission européenne du fait qu'il faudra revoir les négociations sur le plan de sauvetage de Dexia Holding. Avec comme issue possible un nouvel accord dans lequel les Français, couverts par les Belges, prendraient en charge une partie supplémentaire du financement du plan. De son côté, la Commission européenne a confirmé mardi la tenue de négociations entre les différentes, parties prenantes au démantèlement de Dexia, auxquelles elle est elle-même associée. « Les gouvernements concernés sont en discussion avec la Commission, mais je n'en dirai pas plus », a indiqué la porte-parole du commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia.

Sauf que, pour la France, il n'est pas question de renégocier l'accord conclu en octobre dernier a déclaré mercredi à Reuters une source au ministère de l'Economie français. Une convention temporaire pourrait toutefois être mise en oeuvre pour garantir les financements le temps que ce plan soit approuvé par la Commission européenne.

"Il n'est pas question de renoncer à l'accord", a déclaré cette source, rappelant que le ministre de l'Economie, François Baroin, l'a clairement indiqué la veille. François Baroin avait déclaré mardi qu'"il n'y a aucune remise en cause de cet accord". "Nous allons probablement mettre en oeuvre l'accord d'octobre avec une convention temporaire", a ajouté cette source.

« Dernière ligne droite »

Le ministre des Finances belge, Didier Reynders, a de son côté indiqué que les trois pays impliqués dans le dossier Dexia Holding (France, Belgique et Luxembourg) négocient actuellement avec la Commission européenne mais qu'aucun de ces pays ne remet en cause l'accord intervenu entre eux.

Le ministre a aussi rappelé, qu'en raison de la situation politique actuelle, le dossier est suivi par un comité de pilotage qui s'est réuni lundi et que toutes les décisions seront prises par le Comité ministériel restreint à l'unanimité.

Cependant, le ministre français des Finances, François Baroin, a soutenu que la Belgique n'avait pas demandé à renégocier les termes financiers du démantèlement de la banque Dexia. « Il y a eu un engagement des États belge, français et luxembourgeois (...), cet accord est naturellement confirmé et nous sommes dans la dernière ligne droite de l'application du calendrier pour la confirmation de ces garanties », a-t-il expliqué. « Il n'y a aucune remise en cause de cet accord. Tout le reste est infondé ou provient de rumeurs malveillantes. (...) Comme Dexia est une entreprise systémique, le contexte favorise le développement de telles rumeurs : j'apporte un démenti ferme et définitif sur cette question », a insisté le ministre.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2011 à 10:15 :
N'était ce pas Monsieur BAROIN qui disait que cela ne couterait pas plus cher???
a écrit le 23/11/2011 à 8:22 :
Tres bien ,j'espere que ceux qui avaient les jetons de présence de 20.000 Euros par an participeront de force à ce renflouement !Ils en ont les moyens puisqu'ils cumulent tous les indemnités non imposables !Le PS va faire la tete si tel est le cas .

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